Un peu dans l’ombre depuis le début de sa carrière, Pape Alassane Gueye a explosé ces derniers mois, à Villarreal mais surtout avec le Sénégal. Une réussite que le milieu de terrain doit à lui-même.
Gerard Moreno, Ayoze Pérez, Dani Parejo ou encore Santi Comesaña, d’un côté… Sadio Mané, Edouard Mendy, Idrissa Gana Gueye, Kalidou Koulibaly ou encore Lamine Camara, de l’autre… Villarreal et l’Équipe Nationale du Sénégal possèdent de nombreux joueurs très appréciés par leurs supporters. Mais s’il y en a bien un qui s’est fait une place particulière dans le coeur des Sous-Marin Jaune et des fans de la sélection sénégalaise au cours des derniers mois, c’est sans doute Pape Gueye.
Auteur de trois buts lors de la dernière CAN 2025, dont cette délicieuse réalisation contre le Maroc en finale, le milieu de 27 ans est devenu complètement un élément à part entière dans le dispositif des Lions. En club, aussi, l’ancien joueur du Havre AC, de l’Olympique de Marseille et de Séville semble totalement métamorphosé et nage comme un poisson dans l’eau. Incontournable aux yeux de son entraîneur Marcelino, il a déjà inscrit 4 buts et délivré deux passes en 25 matchs de Liga cette saison.
« Je suis exigeant de fou »
Dans une interview pour L’Équipe, Gueye avoue : « Honnêtement, oui, mon statut, il a changé », a-t-il d’abord souri, empruntant cette déclaration de Kylian Mbappé, lors d’une conférence de presse de l’actuel attaquant du Real Madrid, qui venait de prolonger au PSG en mai 2022. « C’était un objectif, déjà. Quand j’ai décidé de rejoindre la sélection à 20-21 ans, je voulais devenir quelqu’un dans mon pays. Quelqu’un d’important. Je suis maintenant un exemple aussi pour les Sénégalais, pour la jeunesse, j’en suis fier. »
En effet, ce changement de dimension, l’homme aux 41 sélections et cinq buts avec le Sénégal le doit à lui-même et à son propre travail. « Déjà, moi, je suis exigeant de fou, affirme-t-il. À chaque victoire, je suis content. Mais si je n’ai pas fait une « assist » ou un but, je vais être énervé. Même le coach, parfois, il me dit : « Pape, ce n’est pas ça que je te demande. » Mais moi, je sais que c’est là où je dois progresser. Parce qu’en vrai, à Marseille, en quatre ans, j’ai mis quatre buts. En une année ici, j’ai déjà fait mieux. »
« J’ai investi sur moi-même »
Depuis son arrivée à Villarreal, Pape Gueye a déjà marqué neuf buts (70 matchs). Évidemment, c’est beaucoup mieux que ce qu’il a fait à l’OM, où il n’a signé «que» cinq réalisations en 115 matchs. Comme Marcelino, le coach de Villarreal, Pape Thiaw, le sélectionneur du Sénégal, se réjouit sans doute aussi de cette métamorphose providentielle. « Il me manquait de la confiance. Mais j’ai aussi changé pas mal de choses autour de moi. Par exemple, j’ai embauché un analyste vidéo. Avant chaque match, on travaille sur l’adversaire », révèle celui qui a fracassé d’un doublé le Soudan en 8e de finale de la CAN.
« Il va m’envoyer une vidéo peut-être de trente secondes sur chaque adversaire dans ma zone pour savoir à peu près leurs défauts, leurs qualités. Juste avant la CAN, j’ai demandé aussi de rajouter le gardien. La veille du match contre le Soudan. il me dit qu’avec ce gardien, il faut tirer à sa gauche. Et le premier but que je marque, c’est en frappant fort au sol à gauche. Les gens se disent que c’est bien senti mais ce sont des choses que j’ai travaillées, j’ai investi sur moi-même. À Marseille, peut-être que je ne pensais pas encore à tout ça », détaille celui qui n’a pas manqué d’évoquer son avenir du côté de Villarreal.
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