Entre l’absence d’encadrement, l’abandon des compétitions scolaires et universitaires, la faiblesse du budget et le déficit de sponsoring, l’athlétisme sénégalais n’est pas dans les conditions de fournir des athlètes de renommée internationale. C’est le diagnostic qu’en fait Momar Mbaye, président de la Fédération sénégalaise d’athlétisme en marge du cross initié par l’athlète Mamadou Kassé Hann à Rufisque.
L’arrêt des compétitions à la base
Pour Momar Mbaye ce qui faisait la quatlité de l’athlétisme sénégalais a été abandonné. C’est l’arrêt des compétitions scolaires, la pépinière de l’athlétisme, qui est à l’origine de cette situation critique dans laquelle se retrouve la discipline.
« Aujourd’hui, tout le monde sait que le sport à l’école ne marche plus et d’une manière générale, l’athlétisme fait défaut au niveau de l’école. Nous n’avons que l’école mais, si l’école ne marche pas, je pense que ça pose un problème… les enseignants d’éducation physique ont boycotté pratiquement l’encadrement du sport scolaire et universitaire. L’école ne participe plus dans les compétitions. Nous retrouvions toujours l’équipe nationale à travers les équipes nationales scolaires et universitaires. Aujourd’hui, si ça n’existe pas ou ça traine, cela va évidemment rejaillir sur les performances de l’athlétisme sénégalais », déclare-t-il
Abandon de la loi Lamine Diack
L’abandon de la loi Lamine Diack est aussi compté sur la liste des difficultés de l’athlétisme « les clubs n’ont plus cette exigence d’encadrer la première discipline olympique. Avec la réforme Lamine Diack, c’était une exigence. Pour qu’un club soit reconnu, il faut nécessairement qu’il ait section d’athlétisme. Ce n’est plus cas ou bien même il n’y a plus cette exigence au niveau de la reconnaissance de ces clubs », renchérit le Président de la Fsa.
La question du financement
A côté de ces maux, il y a le nerf de la guerre, c’est-à-dire la question des financements, c’est-à-dire la faiblesse des budgets et le manque de sponsoring. « Les moyens font défaut présentement. Il n’y a même pas de budget alloué à l’athlétisme depuis plus de dix ans. Vous voyez donc les difficultés auxquelles nous sommes confrontés ».
Le président de la fédération d’athlétisme regrette également la faiblesse du sponsoring. « Au Sénégal, généralement, les gens pensent plus à faire du mécénat qu’à faire du sponsoring. Et je pense bien qu’à ce niveau, tout est tracé. L’athlétisme c’est le sport le plus juste et le plus démocratique et les résultats peuvent être quantifiables. Si nous sommes accompagnés à ce niveau, je pense bien que des résultats quantifiables seront réalisés ».
Plaidoyer pour la mise en œuvre intégrale du plan stratégique de développement
«Il faut que l’école reprenne ses activités au niveau de l’organisation des compétitions scolaires et universitaires. Si nous avons deux à trois athlètes sur le plan international, ce n’est pas ça qui est satisfaisant. Nous aimerions bien avoir une vingtaine sur la scène internationale et c’est ça notre objectif. Il faut que notre plan stratégique de développement soit mis en place et accompagné par l’Etat mais aussi par les sponsors. Parce que nous avons un programme qui peut intéresser aussi les sponsors », soutient Momar Mbaye.
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