Performant lorsqu’il a joué sous le maillot de l’Equipe Nationale et révélé lors de la CAN, Mamadou Sarr espérait plus qu’un statut de joueur cantonné sur le banc des remplaçants dans cette Coupe du Monde. Et pourtant, Pape Thiaw fait le choix de défenseurs centraux d’expérience pour porter les Lions. Le joueur de Chelsea s’impatiente.
Il devait être l’un des éléments majeurs des Lions dans cette Coupe du Monde, surtout au regard du contexte. Il n’en est finalement qu’un – très – discret rouage, cantonné à un rôle de remplaçant en défense centrale. Et si vous aviez regardé la conférence de presse de Mamadou Sarr sans le son, avec pour seul support les images de celle-ci, alors vous avez facilement pu deviner que le défenseur central de Chelsea ronge son frein en attendant ses premières minutes de jeu dans ce Mondial. Il n’est pas le plus rieur du groupe, certes, mais ce mardi soir, face aux journalistes, Sarr a montré qu’il en fallait beaucoup plus pour voir ses dents.
Un déclassement étonnant
Il s’est fendu un léger sourire quand son sélectionneur a sifflé son nom en répondant une question autour des cadres de l’Equipe Nationale. Il a fini par tourner la tête comme s’il ne voulait pas en entendre plus. La situation de Mamadou Sarr (8 sélections) depuis le début de cette Coupe du Monde a de quoi interroger. Malgré une fin de saison pour le moins compliquée avec Chelsea, l’ancien joueur de Strasbourg et de l’Olympique Lyonnais a débarqué aux Etats-Unis avec beaucoup d’espérances et l’envie de prouver qu’on peut toujours compter sur lui. Surtout qu’il n’a jamais vraiment déçu lorsqu’il joue avec les Lions du Sénégal.
Avant le début de la compétition, le contexte parlait même en sa faveur. Kalidou Koulibaly revenant d’une longue blessure et Abdoulaye Seck n’étant pas très rassurant, beaucoup s’attendaient que le natif de Martigues soit le compagnon de l’indéboulonnable Moussa Niakhaté. D’autant plus que Sarr avait fait une entrée fracassante à la CAN quand Koulibaly n’était plus là. Mais le joueur de 20 ans n’a pas su trouver les leviers nécessaires pour convaincre le staff et Pape Thiaw de le remettre sur le devant la scène. Plutôt que lui, le sélectionneur préfère même aligner Seck contre l’Irak ou faire entrer Pathé Ciss, habituel milieu de terrain.
« J’ai des fourmis dans les jambes »
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le défenseur des Blues semble frustré par cet étonnant déclassement. Il a même souhaité passé un message à son sélectionneur, présent à ses côtés. « J’ai des fourmis dans les jambes. Tout joueur rêve de jouer la Coupe du monde, mais c’est le choix du coach. Je le respecte totalement », a-t-il lâche en salle de presse, avec le sérieux qui le caractérise. Au-delà de cette situation qui le déçoit, Mamadou Sarr est pleinement conscient que son heure peut arriver à tout moment. Alors pas de quoi gamberger. « Je me tiens prêt. Qu’il (Thiaw) fait appel à moi ou pas, je resterai prêt ».
Une situation qu’il partage avec d’autres joueurs qui ne s’attendaient pas à jouer les seconds couteaux. . La pilule est d’autant plus difficile à avaler que la défense n’est pas le point fort des Lions et a montré d’énormes signes de fébrilité. Il l’est même encore plus que Mamadou Sarr assure être en pleine possession de ses moyens. « Je me sens bien. Mes partenaires m’ont aidé à reprendre du rythme pendant la préparation. Ils m’ont également aidé à regarder les matchs sur le banc. À ce niveau-là, on apprend aussi en regardant les matchs sur le banc. Je me sens confiant pour demain (mercredi contre la Belgique)». Mais dans quel rôle ?
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