Titularisé de dernière minute pour pallier l’absence de Moussa Niakhate, Abdoulaye Seck a réalisé une prestation pleine mardi face au Bénin, avec à la clé un nouveau but. Pour autant, celui qui fait figure d’ancien en Equipe Nationale du Sénégal malgré ses 19 sélections ne revendique rien, profitant juste de l’instant présent.
Douze. En juillet dernier, Abdoulaye Seck fêtait, sans doute sans le savoir, le treizième anniversaire de sa première convocation en Equipe Nationale du Sénégal sous Alain Giresse, dans le cadre des éliminatoires d’une CAN, celle de 2015, ce qui en fait presque le plus ancien international parmi les 28 actuellement réunis par PapeThiaw, puisque seuls Idrissa Gana Gueye et Sadio Mane, arrivés respectivement en 2011 et 2012, font mieux. Le parcours de Seck n’a toutefois rien de commun avec celui de ces deux hommes. Alors que Mane et Gana ont parcouru les meilleurs Championnats du monde et comptent plus d’une centaine de sélections, le natif de Mbour n’a pas encore atteint la vingtaine, lui qui a évolué entre la Norvège, la Belgique et Israël.
Souvent à la rescousse
Pas toujours considéré comme un premier choix au poste de défenseur central, l’ancien joueur du Touré Kounda, devenu Mbour Petite-Côte, du Stade de Mbour, du Casa Sports et de Diambars – comme pour dire à quel point il a fait des classes dans le football local – a souvent été appelé pour jouer les « bouche-trous » ou les pompiers de service au gré des suspensions ou des blessures des uns et des autres. C’est encore le cas pour le dernier match de poule des Lions à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, ce mardi, face au Bénin. Abdoulaye Seck n’a dû qu’à l’absence de Moussa Niakhate, l’habituel titulaire avec Kalidou Koulibaly, d’être titularisé par le sélectionneur national Pape Bouna Thiaw, le préférant même à Mamadou Sarr (20 ans).
« Je suis un joueur patient et je fais confiance au coach et aux coéquipiers. Lors de la dernière CAN (2021), je n’avais joué aucune minute, pour cette CAN (2024), j’ai réussi à jouer et à marquer ». Ces mots sont d’Abdoulaye Seck et ils remontent d’il y a deux ans, en Côte d’Ivoire. Aligné d’entrée pour le dernier match de poule lors de la CAN précédente, le joueur du Maccabi Haïfa avait trouvé la faille, pour une victoire 2-0 du Sénégal. Bis repetita. C’est lui qui a délivré les Lions après un peu moins de 40 minutes contre le Bénin, ce mardi soir à Tanger, sur un service de Krepin Diatta, comme au bon vieux temps. « Je remercie le bon Dieu qui m’a permis de marquer dès mon premier match », savourait l’intéressé, élu homme du match par la CAF.
Un douloureux événement surmonter
« C’était un match difficile. On savait déjà que ça n’allait pas être facile, comme on le pensait. Donc on était concentrés du début à la fin. Je ne vais pas dire que j’ai décanté la situation du match avec mon but. Pour moi, la clé du match a été notre solidité sur les dernières minutes, après le carton rouge (de Kalidou Koulibaly). On a bien défendu. On est resté costauds et solides, et c’est ce qui a fait la différence ». Un discours que certains trouveront rassurant pour la défense et le collectif sénégalais. Mais c’est surtout le reflet fidèle de la personnalité d’un joueur qui, s’il ne joue pas beaucoup, ne fait pas de vagues et montre toujours l’exemple. Il l’avait déjà prouvé en marquant lors d’un match face au même Bénin en juin 2023 (1-1).
À force de travail et d’abnégation, le défenseur de 33 ans réussit souvent son coup, parvenant à accrocher sa place dans chaque groupe de l’Equipe Nationale du Sénégal depuis mars 2023 et une place de titulaire en club parfois discuté par les supporters du Maccabi Haïfa mais indiscutable pour ses différents entraîneurs. Aussi, à l’image de sa carrière, Abdoulaye Seck a fait preuve de résilience et d’un mental de fer. Le Mbourois a dû surmonter un évènement tragique en famille, avec le décès de sa fille, noyée dans une piscine, en juin 2024. Aujourd’hui, même s’il n’a pas souhaité livrer le fond de ses émotions en conférence de presse après le match face aux Béninois, il n’a absolument pas oublié tout cela. Ses larmes et sa célébration en disent long.
wiwsport.com









