Meilleur buteur de Crystal Palace, Ismaïla Sarr réalise une superbe campagne avec le club anglais. Décisif lors de la conquête des deux premiers titres de l’histoire des Eagles, l’ailier sénégalais porte encore le rêve de la formation londonienne en Ligue Conférence cette saison.
Il était très redouté par les supporters de Liverpool avant le déplacement de Crystal Palace à Anfield, samedi dernier. Auteur de sept buts et deux passes décisives en dix matchs face aux Reds, Ismaïla Sarr (28 ans) n’avait finalement pas réussi à faire trembler une nouvelle fois les filets face à la formation d’Arne Slot, finalement victorieuse 3-1. Non pas parce qu’il ne voulait, bien au contraire, mais simplement parce qu’il avait en face un gardien de but (Freddie Woodman) dans un grand soir. Ou peut-être parce qu’il souhaitait garder son énergie pour une échéance beaucoup plus importante pour Crystal Palace : la Ligue Europa Conférence.
Ce jeudi soir (19h00 GMT), les Eagles se rendent au Stade Henryk-Reyman de Cracovie, en Pologne, pour y défier les Ukrainiens du Shakhtar Donetsk à l’occasion des demi-finales aller de C4. Pour s’offrir un résultat favorable en vue du match retour, les hommes d’Oliver Glasner devront encore compter sur leur ailier sénégalais, dont les supporters connaissent maintenant autant sa célébration avec ce doigt pointé vers son visage que celle de Jean-Philippe Mateta assénant un coup de pied au poteau de corner. Car ces dernières semaines, « Izo » s’est effectivement fait un nom plus important, surtout dans cette Ligue Conférence.
« C’est un garçon qui a besoin de beaucoup de confiance »
L’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, du Stade Rennais et de Watford vient de marquer quatre buts sur les trois dernières rencontres de C4 et est donc le très grand artisan de la belle campagne européenne des Eagles avec 7 buts en 10 matchs. Toutes compétitions confondues, il a aussi signé 17 réalisations, ce qui est tout simplement sa meilleure saison. C’est d’ailleurs ce qui peut interroger : pourquoi le Sénégalais a-t-il eu du mal à confirmer par le passé les espoirs placés en lui, lui qui, d’ailleurs, n’a pas réussi à s’imposer à l’OM ? Premier entraîneur du joueur en Europe, à Metz, Philippe Hinschberger pense connaître la réponse.
« Marseille, ce n’est pas un club pour lui, nous a confié le technicien de 66 ans. C’est un club où les gens ont la gueule ouverte. Ils chambrent les joueurs dès que vous perdez un match. Un garçon comme Robert Pires a même eu du mal à Marseille. Vous vous rendez compte ? Ismaïla est un garçon très, très timide. Je ne pense pas qu’il ait eu les reins solides à l’OM. C’est un garçon qui a besoin de beaucoup de confiance. Dès qu’il commence à perdre un/deux ballons et commence à se faire siffler, c’est fini pour lui. Je vous parle sur ce que j’ai connu du garçon. Mais je pense qu’il a mûri. Il est certainement devenu un peu plus costaud dans sa tête. »
Avec sa réputation de footballeur timide, l’ex-pensionnaire de Génération Foot s’exprime sur le terrain. Très apprécié dans le vestiaire de Crystal Palace, c’est surtout son évolution dans le jeu qui attire l’attention. Celui qui ratait énormément d’occasions devient de plus en plus clinique devant le but et est capable de partir sur tout le front de l’attaque. « Maintenant, il sait exactement comment nous voulons jouer. Il sait où se placer, où courir. Il est toujours dans la poche. Il effectue des appels en profondeur. Il se crée toujours des occasions », affirmait Oliver Glasner après un doublé du Sénégalais en quart de finale retour de C4 contre l’AEK Larnaca.
« Au bout d’une saison à Metz, tout le monde s’est dit »attention » »
S’il l’a entraîné comme ailier et le préfère à ce poste, Philippe Hinschberger voit en Sarr un joueur capable d’occuper la pointe de l’attaque d’une équipe. « Je ne l’ai pas trop suivi sur ces derniers matchs ou les dernières saisons. Mais, aujourd’hui à 28 ans, il en est capable. Il a de l’expérience dans les déplacements. Mais toujours est-il il n’est pas un avant-centre fixe. Ce n’est pas Olivier Giroud ou Haaland. Je le vois bien jouer avec deux ou trois attaquants qui bougent beaucoup. Lui, s’il ne bouge pas, il ne peut pas créer des problèmes à l’adversaire. On ne peut pas dire qu’il est fort dans le jeu de corps. Maintenant, c’est comme quand vous jouez contre Mbappé : ne laissez pas de vitesse dans votre dos sinon vous êtes mort. Les équipes s’organisent pour jouer contre ce genre de joueur », analyse l’ancien entraîneur d’Amiens et de Niort.
Hinschberger se souvient du jeune joueur qui avait tout à retravailler à son arrivée en Lorraine mais adore son évolution et semble satisfait de sa carrière. « Si on voyait déjà un gros potentiel en lui ? Non, non. Il était arrivé un peu en retard dans la préparation. Il avait fait un bout de match amical, une première demi-heure : il était nul », sourit le Mosellan. Et de poursuivre : « C’était un peu compliqué. On voyait qu’il allait vite, mais balle au pied, c’était catastrophique. Les contrôles en une touche, les contrôles tibia… J’ai dit « oh purée, il est bizarre lui ». Au départ, il nous a fait une drôle d’impression. Mais il a fallu lui laisser un peu de temps. Sur la première partie de saison, il ne jouait pas comme titulaire. Puis c’est quasiment lui qui nous a maintenus sur la deuxième partie de saison (2016-2017). Il a marqué lors d’un derby contre Nancy. C’était incroyable. Quand il est arrivé à Metz, personne ne le connaissait. Mais au bout d’une saison, tout le monde s’est dit « attention ».
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