Invité du Grand Débat, un plateau spécial organisé par la RTS1 pour les candidats à la présidence de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), Mady Touré a présenté sa vision pour un changement en profondeur du football sénégalais, articulée autour de cinq axes.
Comme pour tous les candidats, il s’est prêté à l’exercice imposé : 4 minutes chrono pour répondre sur chacun des cinq grands thèmes retenus.
Autonomie de la Ligue professionnelle
Sur la Ligue professionnelle, Mady Touré a insisté sur la nécessité d’une autonomie financière. « Ce n’est pas à la Fédération de financer systématiquement la Ligue pro. Il faut revoir le modèle économique, miser sur le marketing, l’autonomie des clubs et rendre la Ligue plus attractive. »
Il appelle également à une réforme du statut des joueurs, des entraîneurs et des administrateurs, sans oublier l’harmonisation des contrats.
Pour cela, il entend s’appuyer sur son allié Babacar Ndiaye, président de Teungueth FC et candidat à la présidence de la LSFP. Il a d’ailleurs lancé un appel clair aux clubs pour soutenir sa candidature.
Il invite également les clubs à s’inspirer de l’exemple de Génération Foot en créant des centres de formation, en formant des joueurs, tout en veillant au suivi éducatif des pensionnaires.
Football amateur : une priorité
« 95 % du football sénégalais se joue chez les amateurs. » C’est pourquoi, s’il est élu, Mady Touré promet de confier le poste de premier vice-président au président de la Ligue amateur.
Ayant parcouru les 14 régions du pays, il veut mettre fin aux lenteurs administratives. « Il faut décentraliser la délivrance des licences. On ne peut pas continuer à parcourir 800 km pour les récupérer. À l’ère du numérique, on doit gagner du temps. »
Il prône un football inclusif et performant, où clubs professionnels et amateurs pourraient s’entendre autour de contrats fédéraux et de conventions, pour une meilleure coopération.
Équipes nationales : marketing et formation
S’il salue les efforts de l’État en matière de soutien à l’équipe A, il souligne que la FSF gère l’ensemble des sélections nationales. Il plaide pour un renforcement du marketing autour des équipes nationales. « Les Sénégalais aiment leur équipe nationale. Il faut capitaliser sur cet engouement pour vendre davantage de maillots, les rendre accessibles et disponibles. »
Mady Touré insiste également sur la formation des cadres, condition essentielle, selon lui, à un football fort. « De bons joueurs, c’est aussi de bons entraîneurs » insistant sur l’importance de la formation de base.
Il a salué la victoire du Sénégal face à l’Angleterre, et exprimé son souhait de voir davantage d’anciens joueurs de Génération Foot intégrer les sélections nationales afin qu’ils deviennent des icônes et acteurs du développement national à l’image de Sadio Mané, Lamine Camara qui apportent beaucoup à leur communauté.
Réforme des textes : mandats limités et gouvernance moderne
« Tout le monde est d’accord sur la limitation des mandats. » Pour Mady Touré, la Fédération doit entrer dans une nouvelle ère de gouvernance, avec la création d’un poste de directeur général pour piloter les travaux de la FSF au quotidien, tandis que le Comité exécutif (Comex) assurerait une mission d’orientation.
« Je suis le seul candidat aujourd’hui à ne vivre que de football. J’ai annoncé que je démissionnerai de la présidence de Génération Foot si je suis élu. » Cette dissociation entre gouvernance stratégique et gestion quotidienne serait, selon lui, gage de stabilité institutionnelle.
Formation territoriale et développement du football spécifique
Sur les petites catégories et le football spécifique, Mady Touré a insisté sur la nécessité de poser des bases solides à travers tout le territoire. « J’invite l’État à mettre en place des pôles de développement. »
Il cite notamment l’exemple de Kédougou, une zone enclavée en altitude, qui selon lui mérite une académie fédérale. Il propose un modèle inclusif : sélectionner 10 jeunes par région, soit 140 au total, pour former une première cohorte au sein d’une académie nationale pendant quatre ans. Ce projet, selon lui, pourrait à la fois favoriser l’équité territoriale, créer de l’emploi, et générer des revenus pour les clubs comme pour la Fédération grâce à la vente des talents formés.
Il évoque également le développement du Beach Soccer, discipline dans laquelle le Sénégal excelle. « Même dans les zones sans plage, on peut jouer sur le sable, il faut encourager cette discipline. »
Enfin, il appelle à promouvoir le leadership féminin et à créer une académie dédiée aux jeunes filles, en insistant sur l’importance de les former dès le plus jeune âge. Pour lui, le véritable frein au développement reste l’inactivité des petites catégories. « Le problème, c’est qu’elles ne jouent pas assez »
Enfin, Mady Touré a lancé un message fort en faveur du respect, de la transparence et du fair-play dans cette élection.
« Le plus important, c’est que l’élection se tienne dans la paix. » Candidat malheureux en 2013 et 2021, il affirme être prêt, expérimenté, mature et bien entouré pour diriger le football sénégalais.
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