Amy Sène semble avoir marre de faire des sorties dans la presse pour demander plus de soutien et de considération de la part des autorités de son pays. La lanceuse de marteau, qui a été sacrée championne d’Afrique en 2010 et 2012, menace tout simplement de mettre en veilleuse sa carrière et de passer à autre chose au lieu de se lamenter sans cesse, en vain.
Visiblement dépitée d’aligner des contre-performances à chaque compétition internationale, Amy Sène menace de mettre sa carrière en veilleuse. Elle l’a fait savoir hier, dimanche 14 septembre 2014, en marge de sa finale de lancer du marteau perdue, à la coupe continentale à Marrakech.
«Si jamais, j’ai une bourse olympique, ça va m’ouvrir d’autres horizons (Mondiaux de Pékin 2015 et JO de Rio 2016, Ndlr). En revanche, si je ne l’ai pas, je vais tout remettre entre guillemets», a déclaré la double championne d’Afrique en 2010 et 2012 mais aussi médaillée d’or des Jeux africains de Maputo en 2011.
Et d’ajouter : «j’aime l’athlétisme. Je veux m’améliorer pour faire partie des meilleures. Dans ce cas, il n’y a qu’une seule alternative. Soit, on me donne des moyens devant me permettre d’atteindre le haut niveau. Parce que je suis une compétitrice. J’ai envie d’être la meilleure. Toutefois, je ne peux plus continuer à faire des perfs médiocres. Sinon c’est très frustrant !»
«Pour faire du lancer, renseigne Amy Sène, il faut de la force, mais surtout de la technique. Je sais que je suis grande même si mes concurrentes ont plus de force que moi. En revanche, j’ai aussi d’autres atouts qu’elles n’ont pas. Je suis rapide et tonique». Rappelons qu’elle a terminé à la 6ème place, avec un jet de 59,18 mètres, devant la championne d’Afrique en titre, la Burkinabé, Laetitia Bambara (58,22 mètres).
Une performance qui ne surprend pas la sénégalaise. «L’important, c’était d’apporter quelques points (avec sa 6ème place, l’Afrique gagne 3 points, Ndlr). Quant à la performance, c’est à l’image de ma fin de saison. Je suis obligée de me battre pour donner le meilleur de moi-même. C’est une perf qui n’est pas à la hauteur de mes espérances».
Et d’ajouter : «Anita (Wlodarczyk, vainqueur de la finale, Ndlr) et les autres filles sont au dessus de mon niveau. Mais, la raison est toute simple. Nous ne sommes pas dans les mêmes conditions. Anita se bat pour être la meilleure mondiale, alors que moi, je suis dans des conditions telles que, je ne peux pas y prétendre. J’aurais bien aimé suivre ses pas parce qu’elle vient de battre le record du monde».
«J’espère seulement qu’il y aurait du soutien de l’autre côté (Fédération et Etat, Ndlr)», conclut-elle.
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