À en croire la communication officielle de la Confédération Africaine de Football, la CAN 2025 organisée au Maroc est une réussite totale. Records d’audience, engagement numérique inédit, infrastructures modernes : la CAF a choisi de mettre en avant les chiffres et l’image d’une compétition spectaculaire et populaire. Pourtant, derrière cette vitrine soigneusement entretenue, un sujet majeur reste volontairement absent du discours officiel : l’arbitrage, véritable tâche noire de cette 35e édition.
Les statistiques sont éloquentes. Six milliards de vues numériques, plus de cinq milliards de vidéos consultées, des centaines de millions d’interactions. La CAN Maroc 2025 a incontestablement confirmé son attractivité et sa portée mondiale. Mais la popularité d’une compétition ne saurait masquer ses insuffisances structurelles. La vérité est que, malgré son succès populaire, cette CAN a une nouvelle fois mis en lumière les limites du corps arbitral africain.
Match après match, les décisions controversées se sont multipliées, parfois au point d’influencer le cours des rencontres. Loin d’être des faits isolés, ces erreurs répétées ont installé un climat de défiance durable. Plus préoccupant encore, la CAF semble avoir adopté une politique à deux vitesses : fermeté et menaces à l’encontre des joueurs, entraîneurs et fédérations qui osent dénoncer l’arbitrage, mais silence et indulgence lorsqu’il s’agit d’évaluer ou de sanctionner les arbitres eux-mêmes.
Cette asymétrie alimente un malaise profond. Car si l’équité et le fair-play sont constamment invoqués, ils peinent à se traduire dans les actes lorsque les hommes en noir sont mis en cause. L’exemple le plus frappant reste sans doute la gestion du comportement des gardiens de but et du désormais célèbre vol de serviettes destinées à perturber les tireurs adverses lors des séances de tirs au but. Un geste massivement rejeté par les amateurs de football, jugé antisportif, mais qui a finalement été accepté, toléré, voire validé par la commission de l’arbitrage.
Des distinctions controversées pour le Maroc
Cette CAN 2025 a également laissé l’impression d’une compétition soucieuse de ménager le pays hôte. La désignation du Maroc comme équipe fair-play, incarnée par Achraf Hakimi, pourtant associé à ces pratiques controversées (les voleurs de serviettes), a surpris plus d’un observateur. Tout comme sa présence dans le onze type du tournoi, ou encore le titre de meilleur entraîneur attribué à Walid Regragui, alors que sa sélection s’est inclinée en finale.
En définitive, la CAF a choisi de communiquer sur ce qui brille : les chiffres, les images, les records. Mais elle a évité d’ouvrir le débat sur ce qui dérange : la qualité de l’arbitrage et l’absence de mécanismes clairs de responsabilité à son encontre. Or, une grande compétition ne se juge pas seulement à son audience ou à ses infrastructures, mais aussi à la crédibilité de ses décisions sportives.
La CAN 2025 restera populaire, suivie et spectaculaire. Mais elle restera aussi comme une édition où l’arbitrage, loin d’être un simple détail, a profondément interrogé la gouvernance du football africain.
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