Le troisième jour de gloire n’est pas encore arrivé. En pleine fête nationale en ce 14 juillet, la France a subi une grosse déconvenue mondiale. Jusque-là intraitables à la Coupe du Monde, les Bleus de Kylian Mbappé ont perdu de leur superbe face à l’Espagne, victorieuse en demi-finale (2-0). En totale maîtrise pendant tout le match, la Roja disputera sa deuxième finale. Ce sera contre l’Angleterre ou l’Espagne.
L’Espagne est en finale de la Coupe du monde ! La Roja a éliminé la grande favorite de la compétition, la France, 0-2. Les Espagnols ont parfaitement maîtrisé leur sujet face aux hommes de Didier Deschamps et ont engrangé une victoire qui ne souffre d’aucune contestation. Les Français ne sont pas parvenus à afficher le niveau de jeu qu’ils avaient montré tout au long du tournoi et quittent le tournoi en demi-finale. Les buts espagnols ont été inscrits par Mikel Oyarzabal et L’Espagne se qualifie pour une finale de Coupe du monde pour la deuxième fois de son histoire, après celle remportée en 2010. Elle y attend le vainqueur d’Angleterre-Argentine.
Des Bleus totalement à l’envers
Dans la majestueuse enceinte de l’AT&T Stadium au toit fermé et à l’air climatisé, avec 70.176 spectateurs chauffés à blanc par un avant-match entre concert, show et musique à vous décrocher les tympans, les 3.000 supporters français n’ont pas reconnu l’équipe qui les a fait rêver depuis le début de cette Coupe du monde. À l’image d’un premier acte joué à l’envers face à des Espagnols qui ne s’attendaient pas à une telle attitude passive et autant de déchet de la part des vice-champions du monde. Un carton jaune rapide d’Adrien Rabiot (8e), une faute de débutant de Lucas Digne sur Lamine Yamal (20e) pour un penalty logiquement transformé par Mikel Oyarzabal (0-1, 22e) et une sortie sur blessure de William Saliba (30e) dont le dos a lâché subitement…
Une mi-temps cauchemardesque avec les seuls Upamecano et Rabiot au niveau, pour un collectif français timoré, incapable de faire deux passes et de se créer des occasions avec un quatuor offensif resté aux vestiaires. Sans aucune occasion à se mettre sous la dent, aucune connexion entre les artistes et un Michael Olise transparent. L’addition aurait pu être plus lourde sans un sauvetage d’Upamecano suite à une action de classe de la Roja (38e). Pour au final, les pires quarante-cinq minutes de l’équipe de France… au plus mauvais des moments. Et la fâcheuse impression de passer à côté du rendez-vous.
La France balayée par le récital espagnol
Le problème, c’est que la fâcheuse impression n’en a plus été une et s’est confirmée en seconde période. Contraint de sortir Rabiot, pourtant le meilleur Français contrairement à un Tchouaméni bien plus percutant pendant ses émissions sur Youtube que sur le terrain, Didier Deschamps attendait une réaction d’orgueil de son groupe. Pire, les Espagnols ont pris le large grâce à Porro après une action où les Bleus (Upamecano, Lacroix, Doué) ont brillé par leur lenteur, laxisme et fébrilité (0-2, 58e). Un naufrage. À tous les étages.
Avec la sensation de revivre le même scénario qu’à l’Euro 2024 ou en Ligue des nations 2025, avec une Roja sûre de son football, à l’image d’un milieu Rodri, Ruiz, Olmo délicieux, le tout sans un grand Yamal, dont le but refusé pour hors-jeu (61e) a évité que cette demie ne tourne à l’humiliation. Et une équipe de France dans le précipice, dénuée de toute réaction, plombée par des cadres perdus et un jeu collectif indigne d’une nation qui rêve de sacre depuis cinq semaines. C’est bien beau de faire peur à tout le monde pour se liquéfier de cette manière.
Seul Ousmane Dembélé, chez les joueurs attendus dans ces grands moments, a eu le caractère d’amorcer un semblant de révolte, sans effet. Tout comme le coaching trop tardif et raté du sélectionneur mardi (Cherki, T. Hernandez 77e). L’Espagne, qui défiera l’Angleterre ou l’Argentine dimanche, est bien la bête noire des Bleus avec huit victoires sur les vingt dernières années. Deux idées de football qui se sont affrontées au pays des cow-boys avec un résultat sans appel. Deschamps ne terminera pas son aventure en sélection avec une troisième finale de Mondial de suite. Et c’est logique. Les Bleus, broyés par le collectif ibérique, ne le méritaient pas. Triste fin d’aventure.
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