Alors qu’il était même devenu l’idole de certains après la CAN 2025, le sélectionneur risque de perdre gros dans cette Coupe du Monde 2026, si le parcours du Sénégal devait s’arrêter prématurément.
Accueilli avec méfiance à son arrivée en octobre 2024, Pape Bouna Thiaw abordait la Coupe du Monde 2026 en Amérique du Nord en position de force. Car, entre-temps, il a mené les Lions sur le toit du Continent en remportant la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc en janvier 2026, où il avait fait entendre son nom dans les quatre coins du globe, devenant également le nouveau chouchou des Sénégalais. Avec, aussi, des débuts déjà flatteurs, notamment en tant que coach intérimaire, il semblait avoir imposé définitivement sa marque en bâtissant une équipe emballante et capable de rivaliser avec les grosses nations. Mais ce solide édifice, mélange de jeunesse et d’expérience, est en train de s’écrouler aux États-Unis.
Une semaine après une défaite d’entrée contre l’Equipe de France (1-3), ses Lions ont perdu leur deuxième match de la Coupe du Monde, battus logiquement par la Norvège d’Erling Haaland (2-3). Le sélectionneur officiait lundi soir contre les Norvégiens pour la 27e fois sur le banc de la sélection nationale. Une rencontre où ses joueurs et lui jouaient très gros. Une rencontre ratée, qui a sifflé le quatrième match d’affilée sans victoire du Sénégal. Ce qui n’était plus arrivé depuis 2012, notamment lors de cette fameuse CAN au Gabon et en Guinée-Équatoriale. Mais surtout une rencontre qui pourrait compromettre son avenir à la tête de la sélection, à moins que ses troupes ne renversent une situation très compromettante.
Un coaching difficile à suivre
Malgré leurs deux défaites, Sadio Mané et ses coéquipiers conservent quelques chances de se qualifier pour le second tour du Mondial. Il faudra gagner contre l’Irak et espérer pour finir parmi les huit meilleurs troisièmes. Mais en cas d’élimination en phase de groupes, ce qui serait un échec cuisant, la part de responsabilité de Pape Thiaw sera très grande. Sa gestion a laissé songeur durant les deux premiers matchs. Contre la France, alors que son adversaire se montrait enfin un peu dangereux et son équipe commençait à tirer la langue en début de seconde période, il a été peu réactif et attendu le dernier quart d’heure pour faire des changements. Tout en laissant sur le terrain des joueurs en manque de rythme.
Kalidou Koulibaly et Idrissa Gana Gueye revenaient d’une blessure de deux mois mais ont fini, ou presque, le match. Un choix peu judicieux. Reconduire le même onze de départ contre la Norvège reste encore plus inexplicable. Comme le fait de ne pas avoir effectué le moindre changement à la pause et donc d’avoir laissé Koulibaly sur le terrain au retour des vestiaires, malgré la première période complètement à l’envers du défenseur d’Al-Hilal, finalement fautif sur les trois buts encaissés par l’équipe. Lui qui avait déjà commis quelques bourdes lors du match contre la France. Si le sélectionneur n’est pas épargné par la presse locale et les observateurs, les supporters sénégalais et même étrangers s’en donnent à cœur joie.
Des incohérences déjà dans la liste
Le sélectionneur n’a pas su ou pas voulu anticiper les faillites de certains de ses cadres, notamment sa défense. Kalidou Koulibaly n’étant pas à 100% après une blessure de plusieurs semaines et Mamadou Sarr pas très en confiance après une seconde partie de saison compliqué, Malang Sarr aurait pu figurer dans le groupe. D’autant plus que le défenseur du RC Lens, auteur d’une grande saison, a publiquement exprimé son désir de jouer pour les Lions. Au lieu d’emmener Bara Sapoko Ndiaye, qui n’a fait que quatre apparitions en pro, et de finalement l’oublier sur le banc après des débuts prometteurs contre les États-Unis en préparation, il aurait été plus judicieux de renforcer son milieu avec un joueur beaucoup plus expérimenté.
Mais s’il y a bien une chose qu’on commence à apprendre de Pape Thiaw, contrairement à ce que beaucoup s’attendaient, c’est le fait qu’il devienne conservateur. Lors de ses débuts et pendant la CAN, le sélectionneur n’hésitait pas à changer quand ça ne marchait pas. Mais entre deux matchs en Coupe du Monde, il est resté sur le même système de jeu et sur les mêmes hommes. Une absence de révolution peu compréhensible. L’homme aux certitudes, celui des « 26/28 titulaires », est devenu plein d’incertitudes, en un temps record. Il ne l’a pas encore officiellement signé. Son nouveau contrat, symbole de plusieurs dysfonctionnements au sein de La Tanière, va dépendre beaucoup de l’avenir des Lions dans cette Coupe du Monde 2026.
wiwsport.com












