Vainqueur du Tournoi de tennis M15 de Monastir dimanche dernier, Seydina André est plus que jamais devenu un champion confirmé en Afrique. Au lendemain de son sacre sur son compatriote Nicolas Jadoun, le tennisman sénégalais, soif de conquérir le monde, s’est encore confié à Wiwsport. Un entretien qui survole sa saison, ses objectifs et ses défis en tant qu’athlète sur les courts.
Bonjour Seydina, vous venez de remporter le tournoi M15 de Monastir, alors dites-nous, que signifie cette victoire pour vous ?
Cette victoire signifie beaucoup pour moi. Trois ans après mon première titre, beaucoup de galères, de doutes. C’est vrai que ce n’est qu’un 15 mille, en l’occurrence, la première catégorie pro. Mais, c’est déjà un grand pas pour moi de retrouver cette sensation de victoires… C’est ce qui m’anime aujourd’hui. Je veux juste continuer à monter le plus haut possible et inspirer nos jeunes Sénégalais, leur faire croire que tout est possible.
Un deuxième succès consécutif au M15 de Monastir, cela démontre-t-il une suprématie ?
Deux titre en simple, ça prouve que ce n’est pas de la chance. Quand je joue comme ça, je suis capable de faire de grande choses, je le sais. Maintenant, ce n’est qu’une étape, un petit plus au classement et ça repart.
En finale, vous avez fait face à un autre sénégalais, Nicolas Jadoun, quel sentiment cela vous procure-t-il ?
Ce n’est jamais simple de jouer contre son ami, surtout en finale. On voulait tous les deux battre l’autre. Dans le bon sens bien sûr ! On se tire vers le haut avec Nicolas, car avant d’être adversaires, nous sommes frères et nous représentons le même pays. C’est une victoire pour le Sénégal peu importe l’issue de cette finale.
Une récente victoire en doubles avec lui et cette finale sénégalo-sénégalaise, votre regard sur le tennis sénégalais aujourd’hui surtout sur la scène internationale ?
Aujourd’hui, le Sénégal a deux joueurs sur le circuit pro et nous visons le top du tennis mondial. Nous en sommes capables. Le chemin est encore long mais avec du courage, de la foi, et du travail acharnée tout est possible. Il faut persévérer et aller chercher les défis.
Vous étiez 884e mondial avant ce sacre, quels sont les objectifs en ligne de mire avec ce nouveau succès ?
Avec cette victoire en simple, je vais me situer à la 730e place à peu près. Cela me permettra d’être tête de série sur certain tournois 15 mille. Si je continue sur cette lancée, avec encore quelques places en plus, cela me permettra de jouer des 25 mille. J’espère bientôt pouvoir me confronter aux joueur sur le circuit challenger.
Quels sont réellement vos défis pour accéder au sommet du tennis mondial, notamment avec des tournois plus huppés ?
Pour pouvoir évoluer sur le circuit dans de bonnes conditions, il faut bien sûr un bon cadre d’entraînement, de bons coachs, beaucoup de voyages. Et ça bien sûr, ça demande des moyens. Le tennis est un sport très cher où à mon niveau une saison coûte à peu près 80.000€ soit près de 53 millions FCFA. Comprenez que tous mes gains sur une saison ne couvrent pas toutes mes charges. Les sponsors sont donc essentielles, mais compliqués à trouver. Malgré cela, on fait avec nos moyens, on essaie de se créer notre propre chemin pour réussir.
wiwsport.com – propos recueillis par Jean Joseph












