Parfois en football, tout peut aller très vite. Demandez plutôt à Boulaye Dia ce qu’il en pense. Avant-centre titulaire sous Aliou Cisse, l’attaquant de la Lazio est aujourd’hui sur une voie de garage chez les Lions, lui qui n’a fait aucune apparition dans cette CAN. Et cela risque de durer.
Nous sommes le samedi 13 décembre, il est 11h30. Pape Thiaw s’apprête enfin à prendre la parole, après un long suspense prolongé par des discours interminables au siège de la SONATEL-Orange (Dakar), pour énoncer, un à un, les 27?… non, 28 joueurs qui prendront par à la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Pour la liste, peu de suspense ou presque. Tous les observateurs s’attendent à un groupe sans grande surprise, dans la juste continuité des sélections précédentes. Dans une vidéo très originale, le sélectionneur national dévoile un groupe de 28 sélectionnés, finalement.
Pourquoi finalement ? Parce qu’initialement, jusqu’à quelques heures avant publication, c’est une liste de 27 qui était envisagée, qui devait même être publiée. Mais comme la CAF permet de faire appel à un 28e homme, alors pourquoi s’en priver ? Au final, 28 joueurs aguerris, aucun novice, à part un parmi les cinq réservistes, et donc la présence de Boulaye Dia. Difficile de démêler le vrai du faux. Mais des jours avant la publication de la liste, les signaux n’étaient pas très au vert quant à une sélection de l’attaquant de la Lazio. Peut-être parce qu’il restait sur une longue série de matchs sans marquer. Peut-être parce qu’il y a la concurrence.
En tout cas, dès le début du rassemblement et après le premier entraînement pour la CAN, Dia est envoyé se confier devant la presse. Une façon d’essayer de lui remonter un moral qui semblait sapé ? Ou une simple tentative de camouflage par rapport au 28e homme de la liste ? Comprendra qui pourra. En tout cas, le premier buteur officiel de l’histoire du Stade Abdoulaye-Wade semblait bien conscient de son statut et de sa place dans la hiérarchie des attaquants au moment d’aborder cette CAN, même si, pour lui, « c’est le coach qui décide » et qu’on soit 1er, 2e, 3e ou 4e dans la hiérarchie, il faut accepter.
« C’est le coach qui fait ses choix. À titre personnel, ce n’est pas inquiétant. En tant que joueur professionnel, on doit s’adapter à cette situation et démontrer ce que l’on vaut à l’entraînement. La concurrence sera et restera saine pendant toute la CAN », avait-il assuré. Justement, s’il y a un joueur qui subit cette concurrence à la CAN 2025, c’est bien l’ancien du Stade de Reims, de Villarreal et de la Salernitana. Avant-centre souvent titulaire sous Aliou Cissé, Boulaye Dia a dû logiquement se ranger derrière Nicolas Jackson, Habib Diallo et même Cherif Ndiaye… pour retrouver une place sur le banc des remplaçants.
L’attaquant de 29 ans aux 36 sélections et six buts n’a fait aucune apparition depuis le début de la compétition. Les gardiens remplaçants – Mory Diaw et Yehvann Diouf -, Antoine Mendy, Mamadou Lamine Camara et Ousseynou Niang n’ont pas encore joué mais leur cas s’aligne plus à la logique. Le constat est donc limpide : dans l’esprit de Pape Thiaw, Boulaye Dia a reculé à la 4e place dans la hiérarchie des avants-centres. Il paie en partie ses prestations en dent de scie avant la CAN. Une question se pose dès lors : le verra-t-on jouer dans ce tournoi ? Trop malin et optimiste est celui qui saura (tentera?) de répondre.
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