Pour la troisième fois en l’espace de six ans, l’Équipe Nationale du Sénégal va affronter le Brésil en match amical. Samedi 15 novembre, dans la mythique enceinte de l’Emirates Stadium, fief d’Arsenal – comme par hasard -, les Lions vont en découdre encore avec une Seleção entrée dans une phase interminable de transition depuis son dernier titre en 2019.
Au Brésil, les lendemains d’un match de football ont pris des allures de gueule de bois. Depuis la Copa América 2019 remportée chez elle, la sélection est en proie au désenchantement. Il s’est incarné avec la descente aux enfers de l’idole Neymar (33 ans), le meilleur buteur de son histoire (74 buts). Un joueur de football dont les qualités sont indéniables, parmi les plus grands du monde, mais qui s’est embourbé dans des choix sportifs souvent remis en question et qui n’est pas épargné par un corps très fragile. « J’ai eu le plaisir de jouer avec de grands joueurs. J’ai joué avec Cristiano à son apogée, quand tout ce qu’il touchait se transformait en but. J’ai joué avec Luka Modric, Toni Kroos, Marcelo, Bale, Benzema. On parle de plus de dix Ballons d’Or, n’est-ce pas ? Et, franchement, il est inévitable d’inclure Neymar dans cette liste », a d’ailleurs reconnu Casemiro dans une interview avec le site local Ge Globo.
Depuis octobre 2023, date de sa dernière apparition avec la sélection brésilienne, les mêmes interrogations reviennent avant chaque convocation en équipe nationale, notamment si le joueur de Santos n’est pas blessé : Neymar sera-t-il là ? Neymar devrait-il être convoqué ? C’était encore le cas il y a quelques jours. Car depuis six ans et sans l’ancien joueur du FC Barcelone depuis deux ans, le Brésil se cherche. Il a changé de sélectionneur, ouvrant la porte à l’expérimenté italien Carlo Ancelotti, remplaçant Dorival Júnior et devenant le premier étranger, depuis l’Uruguayen Ramón Platero en 1925, a entraîné la Seleção. Pour composer son équipe et poser les bases de la mission reconquête d’un titre, l’ancien coach du Real Madrid, qui hérite pour la première fois d’une sélection à 66 ans, retrouve un incroyable vivier de talents, ce qui n’est clairement pas nouveau dans le pays qui produit le plus de footballeurs professionnels.
Carlo Ancelotti, sélectionneur du Brésil : « Le Sénégal n'est pas une équipe forte, c'est une équipe très, très forte ; on a beaucoup de respect pour eux » https://t.co/xx23vyfBk7
— wiwsport (@wiwsport) November 14, 2025
Des talents qui peinent à s’imposer
Sur les dernières années, les clubs brésiliens ont fait émerger énormément de jeunes pépites, la plupart d’entre elles faisant actuellement le bonheur de plusieurs clubs européens. « En termes de football, de joueurs, de l’équipe nationale, si on analyse chaque joueur individuellement… Alisson, Marquinhos, Bruno (Guimaraes), Vinicius Junior, Rodrygo, nous avons un noyau dur de joueurs capables d’évoluer dans n’importe quelle sélection nationale, n’importe quel club au monde. Nous sommes donc bien pourvus en joueurs », a souligné Casemiro. Pourtant, cela n’empêche pas au Brésil d’être « en retard », selon l’analyse du milieu de terrain de Manchester United. « Quand je dis que nous sommes en retard, c’est parce que la France, le Portugal et l’Espagne sont dans la même dynamique, avec le même entraîneur, une philosophie très directe, et qu’ils travaillent ensemble depuis longtemps », s’est justifié Casemiro.
Dans un pays où le football a toujours fait l’unanimité et où les clubs raflent tout, ou presque, sur la scène continentale, les derniers résultats de la sélection, décevants, ont atténué la portée et affaiblit l’attractivité des Pentacampeões. Surtout, la transition peine à se faire. D’une liste à une autre, on retrouve beaucoup de changements. Si des joueurs comme Casemiro, lui-même, Marquinhos, Raphinha ou encore Bruno Guimarães peuvent incarner cet esprit de leaders, Vinicius, Lucas Paquetâ, voire Rodrygo s’affirment beaucoup moins sur le terrain et peinent à confirmer tout leur potentiel avec la Seleção. « Chaque joueur va où il veut, n’est-ce pas ? Sans vouloir minimiser l’importance ni les caractéristiques des joueurs, par exemple : si vous me demandez à qui je passerais le relais, Marquinhos est très expérimenté et plus jeune que moi. Il y a aussi Alisson, Ederson et Bruno Guimarães. Par exemple, je ne le passerais pas à Vinícius Júnior, car ce n’est pas dans ses habitudes. Ce n’est pas dans sa nature. Ni dans celle de Rodrygo », précise Casemiro.
Gabriel, Vitor Roque, Estêvão, la forme du moment
Mais bien sûr, le Brésil est et restera un adversaire à respecter. Aujourd’hui, notamment pour affronter le Sénégal, Carlo Ancelotti pourra s’appuyer sur des joueurs dans une grande forme. Gabriel Magalhães est parmi eux. À l’image de son équipe d’Arsenal, leader de Premier League et deuxième de Ligue des Champions, grâce à une défense très solide, le joueur de 27 ans se montre exemplaire et est probablement parmi les incontournables de la sélection brésilienne, malgré la concurrence avec Eder Militão et Marquinhos. À seulement 18 ans, Estevão s’impose également à Chelsea, lui qui a déjà marqué trois buts avec la Verde-Amarela. Son ancien coéquipier à Palmeiras, Vitor Roque, de retour pour cette trêve internationale, voudra, lui, profiter de son excellent retour en grâce pour s’imposer dans les plans d’Ancelotti. Et ça, dès le match contre le Sénégal qui sera un vrai test pour ‘Carletto’ et ses joueurs.
« Le sélectionneur a clairement exprimé son désir de montrer au monde entier ce que représente le Brésil, a confié l’attaquant de Manchester United Matheus Cunha, interrogé en conférence de presse ce mardi sur le duel face au Sénégal. Nous nous efforçons d’avoir un impact toujours plus fort. Quel que soit l’adversaire, nous voulons démontrer la véritable nature du Brésil. Nous voulons gagner et prouver que vous (les supporters brésiliens) êtes dignement représentés par ceux qui portent ce maillot. Nous voulons montrer que ce qui est en train d’être construit est solide, ferme et porte une très grande valeur symbolique. » Evidemment, car il est déjà question pour les joueurs du Brésil de restaurer l’image de leur sélection en vue de la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis, au Canada et Mexique, surtout après la défaite en octobre face au Japon (2-3), qui a créé beaucoup de remous dans le pays de Ronaldinho.
La liste du Brésil pour le Sénégal et la Tunisie

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