Mamadou Diagne Ndiaye envisage de capitaliser au mieux son élection, comme nouveau membre du Comité olympique international (Cio), au plan du sport et de son développement. Le président du Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss) qui faisait face à la presse hier, lundi 10 août, estime que son intégration dans l’instance mondiale doit profiter au Sénégal et à l’Afrique dans les plus hautes instances de décisions sportives. Dans ces nouvelles responsabilités, celui que Lamine Diack surnomme désormais «Cardinal» a relevé les enjeux qui s’offrent au sport sénégalais et a prôné en terme de son financement, une «approche innovante» en vue de «bâtir une nation sportive».
L’avantage d’avoir un membre élu au sein du comité international olympique (Cio), c’est d’en faire profiter largement au Sport africain et sénégalais en particulier. Mamadou Diagna Ndiaye, qui vient d’y être porté au CIO, mesure amplement la portée d’une telle promotion. « Fougnouy doggelé il faut nga am fi sa ya nit», lance-t-il de go lors de son face à face hier, lundi, avec la presse. Pour le président Diagna Ndiaye, élu à 92% de voix (77 sur 83 votants), le premier impact se situe d’abord sur l’image qu’il peut y avoir sur le Sénégal « L’impact qu’il peut y avoir, c’est que l’on parle du Sénégal. Cela donne envie aux gens de découvrir ce pays. Cela en tout cas donne au comité olympique une envie de bâtir et de fabriquer des champions. Il faut que l’Afrique en profite. Il faudra essayer de faire bouger les lignes et d’apporter quelques choses. On vit cet accès, comme quelque chose que l’on a donné au Sénégal », confie-t-il.
«NOUS AVONS UNE CREDIBILITE INTERNATIONALE»
Le président du Cnoss estime que cette élection comme membre du Cio est toutefois le fruit d’une certaine crédibilité que les instances internationales accordent au Sénégal, à ses sommités sportives tels Kéba Mbaye, Lamine Diack et Youssou Ndiaye.
Mais aussi d’un travail entamé depuis quelques années avec ses collaborateurs du Cnoss.
«Nous avons travaillé. J’ai fait énormément de voyages. Chacun a fait bouger les choses. Nous avons une bonne exposition. Du moment où nous avons la crédibilité. C’est quelque chose que l’on a en partage avec l’équipe. C’est comme dans une banque. Si vous avez la crédibilité l’accès est plus facile. Nous avons un pays, une image. Sauf fausse modestie, nous avons une crédibilité internationale», souligne-t-il, avant de poursuivre : «Le prince Al Sabaa qui est le patron de la solidarité olympique, a un élan particulier pour le Sénégal et pour notre équipe. Vous avez des prédécesseurs qui sont des poids lourds au niveau de l’image. Le comité exécutif a vu que nous pouvons apporter quelque chose et ce n’est pas les candidats qui manquaient », déclare-t-il. Pour ce mandat que le Cio a confié au Sénégal, le président Diagna Ndiaye a prôné une approche innovante et a invité à explorer des pistes de réflexion qui permettent de sortir des schémas classiques de financement du sport.
«Il faudra que l’on trouve une approche innovante que l’on soumet aux instances dirigeantes du Cio, à notre Etat. Car, le Président Macky Sall a toujours l’idée de nous faire un conseil interministériel sur le sport. Il y a des pistes de réflexion en tant que membres du gouvernement du sport. On peut avoir une approche innovante et non pas des schémas classiques qui consistent chaque fois à aller tendre la main au ministère des Sports », précise-t-il.
A son avis, le financement et le relève des sportifs sénégalais constituent des points focaux auxquels il va s’appesantir lors du prochain conseil présidentiel.
«J’inviterai le Président de la République pour que ces deux points soient les points phares. Il faut que l’on remet tout sur la table et que l’on voit ce que nous avons et organiser tout un système. L’interrogation doit être nationale. Il va falloir que nous tous, l’Etat, le Cnoss, les Fédérations, disions que nous voulons bâtir une nation sportive», renseigne-t-il
A propos du financement du sport, il ajoute avoir déjà entrepris des contacts avec des personnalités comme Moctar Diop, vice-président de la Banque mondiale en charge de l’Afrique ou encore Christine Lagarde, président du Fmi.
DES ACADEMIES SUR LES VILLES DU LITTORALE SENEGALAIS
« J’ai proposé une piste de réflexion avec le président Moctar Diop pour essayer de sortir des sentiers battus, budgétaires. L’Etat a des priorités autres que le Sport. L’approche du président Diop est assez innovante. Christine Lagarde ancienne championne de natation synchronisée sera également mise en contribution pour voir ce qui pourra être fait au-delà des cadrages classiques entre nos Etats et le fonds monétaire international».
Sur cet aspect, le patron des Fédérations sportives du Sénégal dit avoir travaillé sur le projet d’installer des Académies de Sports dans certaines villes du littoral sénégalais. «J’ai eu Moctar Diop vice-président de la Banque mondiale en charge l’Afrique très longuement. On se revoit dans quelques jours à Pékin. Il faut essayer de sensibiliser l’Union européenne pour que les villes qui sont dans le littoral comme Mbour, Saint-Louis ou Dakar, aient des Académies du Sports. L’union européenne sous, l’éclairage de l’actualité, est assez sensible à nos arguments », informe-t-il. Mamadou Diagna Ndiaye espère tout aussi faire bouger le sport en faisant émerger une nouvelle élite sportive et en donnant au Sénégal sa deuxième médaille olympique. «Quelle est la finalité du Cnoss ? C’est d’aider les fédérations souveraines. Dans le cadre des Jeux olympiques faire bouger le sport dans sa globalité. Ce qu’il nous faut, c’est faire émerger une nouvelle élite. C’est vrai que depuis El Hadji Amadou Dia Ba, Lamine Diack s’en désole comme moi, il n’y a pas eu de champions olympiques. Il y a des champions du monde comme Amy Mbacké Thiam. Mais Dia Ba est notre seule icone comme Yannick Noah qui est le seul Français à avoir gagné Rolland Garros, il y a plus de 35 ans », note-t-il.
WADE, DIOUF ET LAGARDE FELICITENT DIAGNA NDIAYE
Des lettres de félicitations n’arrêtent de tomber au bureau du CNOSS. Ce, depuis l’élection Mamadou Diagna Ndiaye au Comité international olympique. Après le Chef de l’Etat Macky Sall, son Premier ministre Mouhammed Boun Abdallah Dionne et les membres du gouvernement, le nouveau «Cardinal» a reçu des missives de Me Abdoulaye Wade mais aussi d’Abdou Diouf. Tous deux, anciens Chefs d’Etat du Sénégal. Sans occulter celle de Christine Lagarde, patronne du FMI.
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