Les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 ne mobilisent pas uniquement les infrastructures sportives. Sur les routes également, l’événement impose une organisation particulière. Entre Dakar, Diamniadio et Saly, trois pôles de compétition, l’État du Sénégal et les acteurs du transport ont déployé un dispositif exceptionnel pour assurer les déplacements des athlètes, des délégations, des officiels et des autres usagers. Wiwsport a fait le tour des sites a Dakar.
Au programme : 166 mesures d’apaisement de la circulation, 14 carrefours identifiés comme critiques ou à risque élevé, des itinéraires dédiés et une coordination multimodale. Une mobilisation qui pose aussi la question de l’adaptation des populations et de l’héritage de ces nouvelles pratiques après les Jeux.
Une organisation qui dépasse les enceintes sportives
Accueillir les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés sur le continent africain représente un défi qui va bien au-delà de la préparation des sites de compétition. Avec près de 2 700 athlètes attendus et 157 délégations déjà accueillies au village olympique, la gestion des déplacements constitue l’un des grands enjeux organisationnels de Dakar 2026. Les compétitions se répartissent entre Dakar, Diamniadio et Saly. Cette configuration nécessite une coordination importante des moyens de transport, mais aussi une adaptation de la circulation autour des infrastructures sportives.
À Dakar, le complexe sportif de la Tour de l’Œuf et le stade Iba Mar Diop accueillent plusieurs disciplines, notamment la natation, le baseball5, le basketball 3×3, le skateboard et le breaking. Autour de ces sites, les habitudes de circulation sont temporairement bouleversées. Pour anticiper les difficultés, le Comité Mobilité Dakar JOJ 2026 a élaboré un dispositif comprenant 166 mesures d’apaisement de la circulation et ciblant 14 carrefours considérés comme critiques ou présentant un risque élevé. L’objectif est double : garantir les déplacements liés aux compétitions tout en préservant autant que possible la continuité des activités quotidiennes.
Des restrictions qui changent les habitudes des usagers
Sur le terrain, ce dispositif se traduit par des accès filtrés, des barrières de sécurité, des déviations et des restrictions temporaires de circulation. Aux abords du complexe sportif de la Tour de l’Œuf comme du stade Iba Mar Diop, les véhicules ne peuvent pas accéder librement à certains périmètres. La présentation d’un macaron est notamment exigée pour les automobilistes autorisés à circuler dans les zones concernées. Les forces de l’ordre assurent le contrôle des accès et la régulation des flux. Les bus transportant les athlètes et les délégations bénéficient d’itinéraires organisés pour rejoindre les sites de compétition. Mais cette organisation entraîne également des changements pour les autres usagers. Les automobilistes doivent emprunter des itinéraires alternatifs, tandis que les piétons doivent composer avec de nouveaux cheminements et des zones temporairement inaccessibles. À la veille de la cérémonie d’ouverture, plusieurs usagers découvraient encore ces nouvelles dispositions. Dans un contexte de déplacements parfois urgents, les échanges avec les équipes de reportage étaient difficiles, beaucoup préférant poursuivre leur chemin. Cette réalité illustre l’un des défis de l’organisation : faire connaître suffisamment tôt les mesures et faciliter leur compréhension par les populations concernées.
Le TROC, une coordination au cœur du dispositif
Pour assurer la cohérence de l’ensemble du dispositif pendant les Jeux, le CETUD s’appuie sur le Transport Operations Command Center (TROC), un centre de coordination chargé de superviser les opérations de transport sur les trois pôles de compétition. Son rôle consiste notamment à anticiper les besoins, coordonner les différents services et adapter les déplacements aux horaires des compétitions.
Macodou Guèye, chef du TROC pour les opérations du CETUD : Des itinéraires adaptés aux différents usagers « Nous avons travaillé sur un plan de circulation autour des sites de compétition, que ce soit à Dakar, Diamniadio ou Saly. Nous avons collaboré avec les mairies, les préfets et les gouverneurs pour mettre en place des services spécifiques. Un athlète ne doit pas être en retard. Nous lui avons donc assuré des navettes et des itinéraires qui lui permettent d’éviter les embouteillages. C’est également le cas pour les journalistes. Pour les autres profils, notamment les particuliers et les usagers des lignes de transport, des dispositions ont aussi été prises. »
Un guide pour mieux circuler pendant les Jeux « Nous avons mis en place le Guide de la mobilité, accessible sur le site montrajetjoj.sn. Il permet aux utilisateurs de connaître les modalités de déplacement des véhicules et des piétons autour des sites sportifs. On peut notamment y retrouver les jours et les heures de fermeture de certaines routes, les zones interdites d’accès et les itinéraires de déviation. Pour la première fois, nous avons également mis en place une application qui regroupe les différents réseaux de transport et fournit les informations utiles sur la circulation ainsi que sur les moyens de transport à utiliser pour assister aux JOJ. »
Les transports en commun plutôt que les véhicules particuliers « Notre volonté est de proposer un service de transport varié et efficace pour permettre aux populations de se déplacer sans leur voiture, ce qui est fortement déconseillé pendant les Jeux. À la descente des transports en commun, des solutions sont proposées pour rejoindre les sites de compétition. Il faut également savoir que nous ne disposerons pas de grands espaces de stationnement pour les véhicules. »
Quel héritage pour la mobilité après les JOJ ? « Après les JOJ, plusieurs secteurs vont ressentir les effets de cet héritage, notamment celui des infrastructures sportives et de l’éducation, avec le village olympique qui sera mis à la disposition de l’Université Amadou Mahtar Mbow. Dans le domaine du transport, nous pourrons également en dire autant. Si certaines mesures mises en place se révèlent efficaces, nous pourrons envisager de les maintenir pour contribuer à améliorer la circulation à Dakar. »
Au-delà des médailles, le défi de la mobilité
À Dakar, Diamniadio et Saly, les JOJ 2026 mettent ainsi en lumière une autre dimension de l’organisation d’un événement sportif international : la capacité à faire circuler des milliers de personnes dans des conditions adaptées aux exigences de la compétition. Entre mobilisation des pouvoirs publics, adaptation des usagers et expérimentation de nouvelles solutions de transport, les routes sont elles aussi au cœur de l’événement. Reste désormais à savoir ce que le Sénégal conservera de cette expérience une fois les dernières épreuves terminées. Car l’un des héritages les plus concrets des JOJ pourrait aussi se trouver dans la manière dont le pays organisera, demain, les déplacements de ses populations.
wiwsport.com























