À 22 ans, Mamadou Lamine Sonko vient de franchir une étape majeure dans sa jeune carrière. L’attaquant sénégalais a signé son premier contrat professionnel avec l’AS Saint-Étienne jusqu’en 2028. Repéré par les Verts lors de ses prestations avec Jura Sud, notamment face à leur réserve, l’ancien joueur de Dakar Sacré-Cœur revient sur son parcours, les blessures, sa saison décisive et ses ambitions avec le club stéphanois.
Lamine, tu viens de signer ton premier contrat professionnel à Saint-Étienne. Qu’est-ce que tu ressens aujourd’hui ?
Je suis très content. C’est un rêve qui se réalise. Signer mon premier contrat professionnel est une grande fierté et une étape importante dans ma carrière.
Tu as parlé d’un « rêve d’enfant ». Pourquoi Saint-Étienne représente-t-il quelque chose de particulier pour toi ?
C’est un rêve d’enfance. Saint-Étienne est un club qui m’a longtemps fait rêver, notamment avec la ferveur des supporters et l’ambiance dans le stade. Tout petit, je suivais déjà le club et cela m’avait beaucoup marqué. Je pense que chaque joueur rêve de connaître une telle ambiance.
Tu as été formé à Dakar Sacré-Cœur. Quel rôle ce club a-t-il joué dans le joueur que tu es devenu ?
Tout a commencé avec Dakar Sacré-Cœur. C’est le début de mon histoire. Le club m’a rapidement donné des responsabilités et, à 16 ans, j’ai joué en Ligue 1, ce qui est assez rare pour un jeune joueur dans les clubs sénégalais. Dakar Sacré-Cœur possède un très bon centre de formation et m’a énormément aidé. Je remercie particulièrement le président Mathieu Chupin, qui m’a pris sous son aile. J’ai bénéficié du logement, du pensionnat et de beaucoup de soutien. Je leur en suis vraiment reconnaissant.
Quand tu quittes le Sénégal pour rejoindre la France, qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer ?
Le plus difficile, c’était la séparation avec ma famille et le fait de sortir de ma zone de confort. C’était vraiment le plus dur. Mais quand on sait qu’il y a un objectif précis derrière, qu’on fait un sacrifice pour atteindre quelque chose, tout finit par devenir gérable.
Tu es passé par Annecy avant de t’imposer à Jura Sud. Est-ce que tu as parfois douté de pouvoir atteindre le niveau professionnel ?
Je n’ai pas douté une seule fois. Je suis quelqu’un de très confiant en moi et en mes capacités. Si demain on m’envoyait dans un club de Ligue 1, je serais prêt. Après, je suis conscient d’une chose : tout est une question de timing. Avec le travail, la persévérance et la patience, tout finit par arriver.
Ta dernière saison avec Jura Sud a été importante avec 8 buts en 22 matchs. Qu’est-ce qui a changé chez toi cette saison-là ?
Je n’étais pas vraiment en forme lors de la première partie de la saison parce que je revenais de blessure. Mais en deuxième partie de saison, j’étais prêt. Je me suis fixé un objectif et je me suis dit que c’était le moment de passer un cap. Je me suis beaucoup entraîné, avec énormément de sérieux. Je m’étais fixé l’objectif de marquer dix buts et, à chaque match, j’essayais de marquer ou de faire une passe décisive. J’ai terminé meilleur buteur et meilleur passeur. Même s’il me restait encore deux buts à inscrire pour atteindre mon objectif personnel (10 buts) j’étais satisfait de ma saison. Le travail et la concentration ont fait la différence.
Tu as justement marqué contre la réserve de Saint-Étienne en décembre dernier. Est-ce que tu penses que ce match a joué dans ton arrivée chez les Verts ?
Oui, je peux le dire. À l’aller comme au retour, j’ai fait de bons matchs. J’ai marqué à l’aller et réalisé une bonne prestation au retour. C’était donc assez logique qu’ils commencent à avoir un œil sur moi.
À Saint-Étienne, tu vas d’abord évoluer avec la réserve. Quel est ton objectif à court terme ?
Mon objectif à court terme, c’est de jouer avec l’équipe professionnelle. Je joue actuellement avec la réserve et je continue à travailler avec sérieux et détermination en attendant mon heure. Dès qu’on me donnera ma chance, quand le bon moment sera venu, je compte bien saisir l’opportunité.
Le directeur sportif Loïc Perrin a parlé de tes qualités athlétiques et techniques et de ta capacité à conserver le ballon. Comment décrirais-tu toi-même ton style de jeu ?
Je confirme ses dires. Je pense avoir les qualités d’un bon attaquant. Je suis fort dos au but, c’est l’un de mes points forts. Je suis également à l’aise dans les duels aériens, j’aime prendre la profondeur et je sais marquer des buts. Je trouve que j’ai un bon style de jeu et je sais ce que je peux apporter à une équipe.
Tu arrives dans un club historique du football français. Est-ce que tu mesures déjà ce que représente le maillot vert ?
Je suis arrivé dans un club très important du football français. Je sais qu’il y a un poids à porter lorsqu’on met le maillot vert. Nos entraîneurs nous le répètent souvent : il faut se donner corps et âme, mouiller le maillot et montrer qu’on est prêt pour la bataille. C’est quelque chose que les supporters aiment et qu’ils attendent des joueurs.
Tu as 22 ans et tu as connu un parcours qui n’a pas été linéaire. Quel conseil donnerais-tu aujourd’hui à un jeune joueur sénégalais qui rêve lui aussi de partir en Europe ?
Je lui conseillerais avant tout d’être prêt mentalement. On peut se blesser, se retrouver seul et ne plus avoir personne sur qui compter ou à qui parler. Il faut donc être fort dans sa tête et être prêt à tout. Moi, j’en ai bavé avec les blessures, mais j’étais convaincu qu’un jour ça allait passer et que je reviendrais à la compétition. Ce sont des épreuves qu’il faut franchir. Il faut surtout bien récupérer, rester concentré sur son activité principale qui est le football et, comme on dit, rester focus.
Maintenant que le rêve du premier contrat pro est devenu réalité, quel est le prochain rêve de Lamine Sonko ?
La prochaine étape, c’est de jouer avec les pros, jouer en Ligue 2, faire de bons matchs, marquer des buts et me faire un nom à Saint-Étienne. Ensuite, les sélections en équipe nationale viendront, je l’espère. Mais pour l’instant, je veux me concentrer sur le travail et progresser étape par étape.
Un dernier mot pour conclure cette interview ?
Je remercie vraiment et du fond du cœur Abdou Aziz Diagne ainsi que toute son équipe, notamment Antonin, Odilon et Chokri, pour leur accompagnement et leur soutien. Je vais continuer à travailler, à progresser et à tout donner pour réussir à Saint-Étienne.
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