Réunion sous haute tension à la Fédération Sénégalaise de Football. Initialement reportée pour cause de « prière du vendredi » un motif bien léger , la rencontre du comité exécutif s’est finalement tenue hier, de 10h10 à 18h15, dans une atmosphère particulièrement électrique.
Selon les informations du quotidien L’Observateur, la réunion a failli virer en bataille rangée entre plusieurs membres influents de l’instance, révélant un malaise profond au sommet du football sénégalais, à peine sept mois après l’installation de la nouvelle équipe dirigeante.
Une gouvernance contestée
Au cœur des tensions, la gestion du président Abdoulaye Fall. Dès son arrivée (NDLR – élu le 3 août 2025), il est accusé par certains collaborateurs de piloter la fédération en tandem avec Abdoulaye Sow. Ce dernier, perçu comme très influent mais qui a perdu son élection pour le poste de premier vice-président, aurait été propulsé à un poste stratégique de Secrétaire général, au point d’être considéré comme incontournable dans les prises de décision.
Une situation qui passe mal auprès de plusieurs membres du Comex. Lors de la réunion, le responsable de la commission communication, Bacary Cissé, a vivement dénoncé ce mode de fonctionnement « Le président de la FSF ignore totalement l’avis des présidents de commissions pour travailler directement avec le secrétaire général, ce qui n’est pas normal ».
Une critique à laquelle le Secrétaire général a répondu sèchement « Les présidents de commissions n’ont pas de rôle opérationnel ».
Bacary Cissé au cœur des tensions
Journaliste reconverti en fédéral, ancien détracteur de la gestion d’Augustin Senghor et de sa bande dont Abdoulaye Sow et d’autres membres y compris, il faut dire que la relation Cissé – Sow ne peut être au beau fixe. Déjà en froid avec certains membres, Bacary Cissé a haussé le ton. Il accuse notamment des responsables de l’écarter de l’organisation du match Sénégal–Gambie en raison de ses prises de position critiques.
Toujours selon L’Observateur, les échanges ont dégénéré lorsqu’il s’en est pris à Pape Sidy Lo, qu’il a traité de « fumier », l’accusant de propager des rumeurs à son encontre et contre le président. Une sortie qui a poussé l’intéressé à menacer de porter l’affaire devant la justice.
Des fractures internes persistantes
Les tensions ne se limitent pas à ce seul épisode. Abdoulaye Sow et Amadou Kane, anciens collaborateurs sous l’ère Augustin Senghor, continuent d’entretenir des relations très conflictuelles. Les deux hommes se sont de nouveau invectivés, se traitant mutuellement de menteurs, sous le regard d’autres membres, leurs alliés Abdoulaye Cissé et Yaya Baldé, impliqués dans la dispute.
Le climat s’est encore alourdi avec l’intervention de Modou Fall, président de l’AS Pikine, qui a dénoncé un « manque de considération » à son égard, évoquant également la question des indemnités liées à la CAN. Face à lui, le premier vice-président Babacar Ndiaye a tenté de recadrer les débats, tout en reconnaissant lui-même une certaine « politique d’isolement » au sein de l’instance.
Une unité fragile à reconstruire
Malgré les appels à l’unité lancés en fin de réunion, notamment en perspective des prochaines échéances internationales, dont le Mondial, les divisions internes semblent profondes.
À ce stade, la FSF apparaît fragilisée par des luttes d’influence et des rivalités personnelles, qui pourraient impacter la stabilité de l’institution si aucune solution n’est rapidement trouvée.
wiwsport.com