Placardisé du côté de Chelsea, où Xabi Alonso ne comptait pas sur lui, le défenseur sénégalais Mamadou Sarr, champion d’Afrique, retrouve des couleurs avec la Real Sociedad, où il est prêté. L’ancien joueur de Strasbourg pourrait être un élément essentiel face à l’Olympique Lyonnais, son club formateur qu’il retrouve en Ligue Europa cet après-midi.
Sa présence dans l’équipe-type de plusieurs médias de la 11e journée de LaLiga, malgré la défaite lors du derby basque contre l’Athletic Bilbao (2-1), dimanche dernier, en dit long. Après avoir dû prendre son mal en patience lors des semaines postérieures à son arrivée, ne disputant que des bouts de match – il est resté sur le banc lors de ses deux premiers matchs -, Mamadou Sarr commence à prendre ses marques et son premier tiers de saison sous les couleurs de la Real Sociedad est globalement réussi. En enchaînant six titularisations lors des six derniers matchs, le défenseur international sénégalais est redevenu un footballeur.
Il a aussi retrouvé ce goût du duel, de la relance, de l’interception et surtout ce plaisir d’évoluer dans un stade garni et bruyant, et dans un grand Championnat. « Je revis, a-t-il d’ailleurs assuré à L’Equipe. « Il fallait être patient et trouver la meilleure porte de sortie. J’avais faim, très faim, et une seule envie : jouer au foot. Je suis venu ici pour retrouver du temps de jeu, de la confiance et découvrir un nouveau football. J’ai un coach qui me fait jouer et j’essaye de lui rendre. J’ai retrouvé un peu l’ambiance lyonnaise. Un très bon club sportivement mais familial aussi et qui fait confiance aux jeunes. C’est le club parfait pour moi. »
« C’est vraiment un bon gars, très serein »
La récente trajectoire de Mamadou Sarr est celle d’un joueur qui n’a peut-être pas toujours effectué les bons choix quand les lumières se sont braquées sur lui. Celui de casser son prêt à Strasbourg, en février 2026, pour retourner à Chelsea n’en était pas un en tout cas. L’ancien joueur du RWD Molenbeek n’a pas réussi à se faire une place chez les Blues. Après, notamment, un match de Ligue des Champions très compliqué face au Paris Saint-Germain, le 17 mars 2026, où il avait commis une grosse erreur sur l’un des trois buts de la victoire parisienne (0-3) à Stamford Bridge, le natif de Martigues avait disparu totalement des radars.
En effet, à Chelsea, Sarr a vécu « les montagnes russes ». Il le dit. Mais pas de quoi regretter pour autant ce choix d’avoir rejoint les Blues en milieu de saison. « Quand un club comme ça t’appelle, que c’est ton coach que tu as eu à Strasbourg, celui qui t’a fait venir de Lyon, qui te dit : « Je te veux », pas grand monde refuserait. Je pense toujours avoir le niveau, a-t-il ainsi justifié à L’Équipe. Juste que ça ne s’est pas bien passé à un moment et que ce sont les aléas d’une carrière. Je me dis qu’il fallait que je le vive pour apprendre, ne pas refaire les mêmes erreurs, mieux analyser mes futurs choix. Ça m’a endurci et me sert de moteur. »
Conscient qu’il fallait vraiment quitter Chelsea, où le nouvel entraîneur Xabi Alonso ne comptait pas sur lui, se trouver une porte de sortie, le joueur de 21 ans n’a pas hésité à choisir la Real Sociedad dans les derniers jours du mercato estival sur les bases d’un prêt sans option d’achat obligatoire. Et au bout de deux mois, ce choix s’avère payant, car Mamadou Sarr, désormais parfaitement intégrer, commence à jouer à un niveau interessant. « Oui, c’est vraiment un très bon gars, souligne son compère en défense Jon Martín. C’est quelqu’un de calme. Ça se voit aussi dans son jeu ; en dehors du terrain, il a l’air très bien et très serein. »
Enchaîner pour redevenir titulaire en sélection
Avec le jeune international espagnol de 20 ans, Mamadou Sarr constitue l’un des duos les plus prometteurs du Championnat espagnol dans ce premier tiers de la saison. « Je suis très content du travail qu’on accomplit ; je pense qu’on se complète bien, affirme Martin. Pour ce qui est de la communication, j’imagine qu’il apprend l’espagnol ici, mais pour l’instant, comme je me débrouille un peu en anglais, j’essaie aussi de l’aider. », a ajouté le natif de Saint-Sébastien. « Il est physique, il est rapide. Il nous apporte beaucoup. Il commet peu d’erreurs », appréciait à son tour Pellegrino Matarazzo, le coach de la Real, après les débuts de Sarr.
Les supporters de la Real Sociedad chantent aussi les louanges de l’international sénégalais et, comme Mamadou Sarr, croient sérieusement à une belle saison en Championnat et au titre en Ligue Europa. Quoi de mieux qu’une victoire à Anoeta face à son club formateur, l’Olympique Lyonnais ce jeudi (17h45 GMT), pour affirmer ces ambitions ? En tout cas, pour le champion d’Afrique, il s’agit d’une occasion de montrer qu’il est enfin animé de l’esprit revanchard qui lui manque depuis plusieurs mois maintenant. Surtout qu’il a aussi besoin d’enchaîner les bonnes prestations pour espérer retrouver une place de titulaire en Equipe Nationale.
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