Entre humilité et ambition assumée, Mame Moussa Cissé, le sélectionneur des Lionnes, ne s’est pas caché, ces derniers jours. Et il ne faut pas s’y tromper. Dès ce dimanche après-midi, face à l’Algérie, le Thiessois et ses joueuses n’imagineront qu’une issue : le dernier carré de la CAN.
« Nous y allons avec beaucoup d’humilité mais avec l’ambition de se hisser en demi-finale. » C’est le leitmotiv de cette Equipe Nationale du Sénégal et de son coach depuis plusieurs mois. C’est ce plafond de verre qu’ils espèrent tous briser, dans deux semaines, en faisant partie des quatre meilleures nations du football féminin africain. Cependant, avant de rêver du dernier carré, les Lionnes doivent d’abord s’atteler à emballer la phase de groupes tout court. Dès ce dimanche après-midi, face à l’Algérie, pour laisser peu de place à un doute qui n’habite quasiment jamais les coéquipières de Korka Fall quand elles entament une compétition.
« On a fait deux quarts de finale consécutifs, avec des matchs où on méritait peut-être de se qualifier », a rappelé Mame Moussa Cissé, juste avant d’admettre que « la légitime ambition est d’essayer d’aller en demi-finales et se qualifier pour la Coupe du monde ». Le rêve est grand. Il est légitime et justifié. Ces Lionnes y sont pour beaucoup, depuis 2022 et leur retour sur la scène continentale. Elles sont passées tout près d’un immense exploit il y a quatre ans, en chutant en quart de finale contre la Zambie, aux tirs au but. Bis repita face à l’Afrique du Sud, alors tenante du titre, il y a un an.
Ne pas se prendre dans les mêmes pièges
En revanche, elles n’y sont pour rien si un pays, qui hume encore le récent plaisir de la campagne marocaine des garçons, il y a six mois, pense que, peut-être, l’exploit est possible avec ses filles. Que le foot sénégalais va mettre encore le monde à ses pieds et installer ses reines plus près de ses rois. Parmi les quatre meilleures nations du Continent. C’est le poids conjugué de la régularité gagnée ces dernières années – héritage presque inégalable du sélectionneur -, de ces deux dernières campagnes presque parfaites et d’un exploit qui guette la bande de Ndeye Awa Diakhaté. À longueur d’interviews plus insipides les unes que les autres, Mame Moussa Cissé a installé la confiance dans son groupe.
Le technicien thiessois, ancien coach de l’ETICS de Boro, a endossé sans sourciller le costume de la rabat-joie, celle dont le sourire en salle de presse paraissait aussi narquois que dans une discussion avec une de ses attaquantes après une grosse occasion ratée. Mais, lucide, il sait la dangerosité de l’enthousiasme béat. Il sait que son équipe avait les moyens de faire beaucoup plus, en termes de niveau de jeu, lors de la précédente CAN. Mais qu’entre erreurs individuelles, relâchement, se voir trop belle après une victoire, choix tactiques loin d’être incontestables, peu de remise en question, son groupe était descendu de son petit nuage. Il faudra balayer tout cela afin d’aborder au mieux cette CAN.
Un coach longtemps sur la sellette
Samedi, en conférence de presse, « MMC » s’est apparu un peu tendu moins ouvert, et à la défensive. Une attitude qui le caractérise un peu face à certains journalistes qui osent remettre en question ses plans. Mais peut-être de sa personnalité à refouler les critiques pourrait enfin naître un immense exploit pour mettre tout le monde dans sa poche. Surtout que c’est essentiel pour son avenir à la tête de la sélection. Celui-ci ne tenait qu’un fil il y a quelques mois : la FSF avait lancé, en novembre 2025, un appel à candidature pour le poste de sélectionneur, et coach Mame Moussa Cissé, malgré lui et le fait d’avoir mis la barre très haute avec les Lionnes, était resté sans aucune nouvelle, sans être averti de cette décision.
Longtemps mis aux oubliettes, il avait finalement appris via un communiqué de l’instance être maintenu en tant que coach des Lionnes. Plus occupée à gérer d’autres dossiers à l’époque, la Fédération avait, faute d’avoir trouvé mieux, donc confié à Mame Moussa Cissé cette mission CAN 2026, tout en installant Mbayang Thiam à ses côtés. L’arrivée de l’ancienne sélectionneuse des U20 comme adjointe n’est pas anodine. La FSF voit en elle comme remplaçante potentielle de Mame Moussa Cissé, et ce changement pourrait intervenir si les Lionnes passent à côté de leur CAN. Autrement dit, si elles ratent la Coupe du Monde 2027 au Brésil. Le Maroc leur donne l’opportunité d’honorer leur coach, qui a tant fait pour elles depuis plus d’une décennie.
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