L’élimination du Sénégal en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 continue de provoquer des débats autour de la gestion de l’équipe nationale. Si les choix sportifs de Pape Thiaw (légende de 2002) et de son staff sont au centre des discussions, une autre question revient avec insistance : celle de l’environnement qui accompagne les Lions et du rôle joué par les anciennes gloires du football sénégalais dans la nouvelle organisation.
Depuis plusieurs années, la Fédération sénégalaise de football a fait le pari d’associer d’anciens internationaux à la vie de la sélection. Une volonté de s’appuyer sur leur vécu, leur connaissance du haut niveau et leur proximité avec les joueurs. Mais après une campagne mondiale marquée par les critiques, cette présence est désormais scrutée et questionnée.
Pendant longtemps, l’une des forces des Lions a été attribuée à la stabilité de leur environnement. Une Tanière où les responsabilités semblaient clairement établies et où chacun évoluait dans un rôle bien défini. Mais ces derniers mois, les débats autour de l’organisation interne de la sélection ont remis au premier plan la place et l’influence de certains anciens joueurs.
Tony Silva et Lamine Diatta, des rôles bien identifiés
Parmi les anciennes gloires intégrées au dispositif fédéral, certains occupent des fonctions clairement définies. Ancien gardien emblématique des Lions, Tony Silva est entraîneur des gardiens depuis l’époque d’Aliou Cissé. Un rôle technique précis dans lequel il est rarement ciblé par les critiques. Discret, il continue d’accompagner les portiers de la sélection dans la préparation des grandes échéances.
Même constat pour Lamine Diatta. L’ancien défenseur international, manager général de la Tanière, assure un rôle de coordination entre les différents acteurs de l’équipe nationale. Sa mission, davantage dans l’ombre, consiste notamment à faciliter l’organisation et le fonctionnement quotidien du groupe.
Le cas de Cheikh Seck est différent. Président de l’Association des anciens internationaux et vice-président de la Fédération sénégalaise de football, il occupe une position importante dans les instances dirigeantes. Candidat potentiel à la présidence de la FSF avant de soutenir finalement Abdoulaye Fall, il reste une figure influente du football sénégalais, même si certains dossiers ont parfois suscité des débats autour de son action.
El Hadji Diouf, une présence toujours remarquée
Figure majeure de l’histoire des Lions, El Hadji Ousseynou Diouf reste l’un des anciens internationaux les plus visibles autour de la sélection. Double Ballon d’or africain, l’ancien capitaine de 2002 n’a jamais véritablement quitté l’environnement des équipes nationales.
Nommé ambassadeur des équipes nationales sous l’ancien régime, il continue d’être associé aux Lions, mais la nature exacte de son rôle reste difficile à cerner pour le public. Sa présence régulière autour du groupe et ses prises de position publiques alimentent souvent les discussions.
Ces derniers mois, ses relations avec la nouvelle équipe dirigeante de la Fédération ont également connu quelques tensions, avant qu’il ne prenne finalement la défense de l’instance après l’élimination au Mondial. Une posture qui continue de diviser les observateurs entre ceux qui voient en lui une voix importante du football sénégalais et ceux qui s’interrogent sur son influence réelle.
Khalilou Fadiga clarifie son rôle auprès d’Abdoulaye Fall
Autre ancien Lion associé à la gouvernance fédérale : Khalilou Fadiga. L’ancien milieu de terrain occupe la fonction de conseiller chargé des relations extérieures auprès du président Abdoulaye Fall.
Son arrivée avait été perçue comme celle d’une légende capable de mettre son réseau international au service du football sénégalais. Mais son rôle a également suscité plusieurs interrogations, notamment sur son implication réelle dans les décisions de la Fédération.
Dans un entretien accordé à Wiwsport, Khalilou Fadiga a tenu à clarifier sa position.
« Je ne suis ni employé de la Fédération, ni membre du Comité exécutif (Comex), ni décideur. Je n’interviens en aucun cas sur les aspects techniques de la Fédération sénégalaise de football. Je tiens à ce que cela soit clair, parce que souvent, on m’attribue certaines responsabilités. Pourtant, on ne m’a jamais vu sur un terrain ou intervenir dans ce domaine. Mon rôle est simplement d’accompagner le président Abdoulaye Fall. Je l’ai accompagné avant les élections, pendant les élections ; nous avons mené la campagne ensemble. Je suis son conseiller pour les relations internationales avec la CAF, la FIFA et les autres fédérations. »
Une mise au point destinée à dissiper les ambiguïtés autour de son positionnement.
Cheikhou Kouyaté, une arrivée qui interroge
Dernière figure à avoir rejoint l’environnement des Lions : Cheikhou Kouyaté. Retiré récemment de la scène internationale, l’ancien capitaine sénégalais a accompagné la délégation lors de la Coupe du monde aux États-Unis.
Contrairement à d’autres membres du dispositif, son rôle n’avait pas été officiellement détaillé avant les explications données par le président de la FSF après l’élimination.
« Il est venu sur demande du sélectionneur Pape Thiaw. Vous savez, moi j’accepte toutes les demandes du coach qui, je pense, pourraient nous apporter du bien. Pape a pensé qu’il pourrait l’aider dans la gestion de l’équipe », avait expliqué Abdoulaye Fall qui précise qu’il n’a pas de contrat et n’est pas sur la liste de la délégation officielle.
Mais son passage aura également été marqué par une sortie médiatique après le retour des États-Unis qui a suscité des réactions. Dans un contexte où la Fédération cherche à maîtriser sa communication après la polémique née de l’échec au Mondial, chaque prise de parole est désormais analysée.
Le problème n’est pas leur présence, mais leur mission
La présence des anciennes gloires dans l’environnement des sélections nationales n’est pas une particularité sénégalaise. Dans plusieurs grandes nations du football, les anciens joueurs jouent un rôle important dans la transmission, l’accompagnement ou la représentation institutionnelle. La question n’est donc pas leur légitimité. Elle concerne plutôt la clarté des missions, la complémentarité des rôles et l’évaluation de leur contribution réelle.
Après plusieurs années de succès, la Tanière est entrée dans une période où chaque détail est observé. Les légendes qui ont marqué l’histoire des Lions doivent désormais démontrer que leur expérience constitue une véritable valeur ajoutée dans les coulisses. Car dans le football de haut niveau, le prestige du passé ouvre des portes. Mais ce sont l’efficacité, la transparence et les résultats qui permettent de les maintenir ouvertes.
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