À quelques jours du début de la troisième fenêtre des éliminatoires de la Coupe du monde FIBA 2027 (2 au 5 juillet), le sélectionneur national Ngagne Desagana Diop a fait le point sur la préparation des Lions. Entre le programme de travail, les premières impressions du groupe, les cas Tacko Fall et Brancou Badio, sans oublier l’état d’esprit général, le technicien sénégalais se veut confiant mais exigeant, avec un objectif de gagner les trois matchs à domicile pour rester dans la course à la qualification.
Comment se déroule le début de la préparation pour cette troisième fenêtre des éliminatoires du Mondial 2027 ?
On a commencé depuis la semaine passée, car nous avions déjà sept joueurs présents. Ils s’entraînaient individuellement avec le coach Pabi. Mais c’est depuis lundi que nous avons officiellement démarré la préparation. Nous avons quinze jours de regroupement. Tout le monde est là, sauf Brancou Badio. Il n’est pas encore arrivé, mais le reste du groupe est au complet. Nous sommes en train de travailler pour cette fenêtre qui débute le 2 juillet.
Lors de la précédente fenêtre de qualification, nous avons perdu notre premier match contre la Côte d’Ivoire. Comme je l’ai déjà dit, nous n’avons plus droit à l’erreur. Il faut impérativement gagner nos trois matchs contre la Côte d’Ivoire, Madagascar et la République démocratique du Congo.
Quel regard portez-vous sur cette deuxième fenêtre de qualification ?
En ce moment, nous nous entraînons bien et nous nous préparons sérieusement. La chance que nous avons, c’est d’avoir déjà affronté ces équipes en février. Depuis, l’équipe a beaucoup changé. Ce n’est plus la même équipe que lors de l’Afrobasket. Je pense qu’il n’y avait que quatre ou cinq joueurs qui étaient déjà présents. Le fait de les avoir déjà affrontées nous aide. Nous avons des vidéos que nous pouvons analyser. Lors de notre défaite, nous avons commis beaucoup d’erreurs parce que nous ne les connaissions pas suffisamment. Mais en regardant leurs matchs contre Madagascar et le Congo, nous avons désormais une bonne idée de la manière de les préparer et de les affronter.
Pour cette fenêtre, vous avez réussi à faire venir Tacko Fall. Que peut-il apporter à l’équipe nationale ?
Pour le cas de Tacko, comme je l’ai déjà dit la fois passée, s’il n’est pas venu à la Coupe d’Afrique, ce n’était pas par manque de volonté. À chaque fois que j’ai parlé avec lui, il avait l’intention de venir. Mais il y avait toujours quelque chose qui l’en empêchait.
Je pense qu’avant la Coupe d’Afrique, il s’était blessé au genou, deux semaines avant le début de la préparation. Il a même essayé de venir. Comme il vivait à Chicago et que le coach Amadou travaille aux Chicago Bulls, nous l’avions mis en contact avec le préparateur physique là-bas. Il a essayé, mais ce n’était pas possible. La dernière fois, il jouait en Chine et son club ne voulait pas le laisser venir. À chaque fois, il voulait répondre présent. Ce n’est jamais de sa faute. C’était soit une blessure, soit autre chose. Il est en train de travailler et je pense qu’il va beaucoup apporter à notre équipe.
Pourquoi avoir choisi la Guinée pour les matchs amicaux ?
C’est la Guinée qui nous a contactés. Leur General Manager nous a dit qu’ils voulaient venir jouer contre nous. C’est pourquoi nous allons disputer deux matchs contre eux. Je pense que ce sera bien parce que la Guinée est une bonne équipe. Ils ont une très bonne sélection. Ce seront des matchs de préparation qui vont nous permettre d’être prêts pour nos trois rencontres de qualification.
Où en est Brancou Badio, le seul absent de la Tanière ?
Je pense qu’il sera là samedi ou dimanche au plus tard parce qu’il joue ce soir. S’il gagne contre Barca Basket, il sera champion. J’ai parlé avec lui hier et il m’a dit qu’il viendrait vendredi, samedi ou au plus tard en début de semaine prochaine. Ce sera bien parce qu’il pourra s’entraîner pendant trois jours avant nos matchs. La dernière fois, il n’avait même pas eu le temps de s’entraîner. Il était directement venu jouer. Mais il sera là, inch’Allah.
Avez-vous échangé avec les joueurs sur l’importance de cette fenêtre ?
Oui. J’ai des joueurs vétérans comme Ibrahima Faye, Pape Moustapha et même Babacar Ndiaye, qui n’était pas là depuis longtemps. Ils savent ce qui nous attend. Comme je l’ai dit tout à l’heure, on a fait un faux départ la dernière fois en perdant contre la Côte d’Ivoire. Mais après, on s’est ressaisis et on a gagné les deux derniers matchs. On sait ce qui nous attend et on sait qu’on n’a pas le droit à l’erreur. Même les jeunes le savent avant même que je leur parle. Il faut qu’on gagne nos trois matchs.
Quel est l’état d’esprit du groupe ?
Depuis que j’ai pris l’équipe, l’état d’esprit est très bon. Les jeunes savent ce qui nous attend. Comme je l’ai dit, on doit se qualifier pour la Coupe du monde. Si on se qualifie, on va essayer d’être l’équipe africaine qui obtiendra le plus de victoires afin de décrocher une qualification pour les Jeux olympiques. Cela nous donnera chaque été une compétition à jouer. Depuis 1997, on n’a pas gagné la Coupe d’Afrique. Avoir ces compétitions pendant l’été va nous permettre d’être prêts pour la Coupe d’Afrique 2029. Les joueurs savent ce qui les attend et ils ont un très bon état d’esprit.
Comment jugez-vous l’état physique du groupe ?
L’état physique est bon, mais il fait tellement chaud ici (rires). Après chaque exercice qu’on fait, j’ai envie d’aller boire de l’eau parce qu’il fait très chaud. Quand tu restes longtemps aux États-Unis, cela se voit à l’entraînement. Les joueurs sont très fatigués à cause de la chaleur. Heureusement, on a commencé lundi et cela nous donne dix jours avant le premier match pour nous y habituer. Physiquement, tout le monde va bien. Si on était dans une salle climatisée, ce serait encore plus facile (rires). Mais même dans ces conditions, on continue de travailler.
Entre jouer à Dakar Arena et jouer à Marius Ndiaye, quel aurait été votre choix ?
C’est vrai que le Dakar Arena est une salle climatisée. Je comprends pourquoi on a choisi le stadium Marius Ndiaye. Il y a plus de chaleur… pas la chaleur climatique, mais la chaleur des supporters. C’est plus accessible pour les supporters qui viennent nous encourager. C’est pour cela que nous avons fait ce choix.
Les conditions d’hébergement sont-elles satisfaisantes ?
On n’a rien à dire. Depuis qu’on est là, il n’y a aucun problème. On est à l’hôtel, on mange bien, tout se passe bien.
Que pensez-vous du joueur local, Samba Fall, appelé pour cette préparation ?
Il s’est montré. Il a bien joué. Je l’ai regardé et il a fait de très bonnes choses. Tout le monde me demandait où étaient les joueurs locaux. Lui, il s’est montré. C’est pourquoi on l’a appelé. C’est la première fois que je le vois jouer en direct. La dernière fois qu’il était là, l’équipe était partie en Chine et je n’étais pas avec elle. C’est un joueur qui m’impressionne beaucoup.
Un point sur Jean-Jacques Boissy, qui revient de blessure ?
Jean-Jacques Boissy est l’un des joueurs majeurs de l’équipe. C’est vrai qu’il est blessé au pied. Ce n’est pas une blessure facile à gérer. J’ai moi-même connu ça quand j’étais joueur. Nous en discutons actuellement. Lors des entraînements, il ne participe qu’aux séances sans contact. Il n’a pas encore repris normalement. Je pense qu’il est allé voir le docteur Charles Kébé ce matin. Nous allons nous réunir ce soir pour voir comment faire évoluer sa situation. Espérons qu’il pourra jouer. Je pense qu’il pourra, mais on va attendre.
wiwsport.com (Propos recueillis par Anta B Ndiaye)












