À l’aube de cette 23e Coupe du monde de football, le sélectionneur national, Pape Thiaw a rendu public la liste des joueurs pour défendre les couleurs du Sénégal à cette grande messe mondiale. Un groupe de 26 joueurs qui avait d’ailleurs soulevé beaucoup de bruits comme rarement depuis son arrivée sur le banc des Lions. Le technicien, qui avait fini par mettre d’accord même les plus nihilistes, est devenu flou sur ses choix depuis quelques semaines.
Pour beaucoup d’observateurs, perdre contre la France ne devrait pas scandaliser l’opinion à l’image de la vague de critiques qui a suivi la défaite des Lions. Pour d’autres, le Sénégal avait les moyens de maintenir la brillante prestation de la premier période de la rencontre si le coach avait bien lu le match comme son camarade Didier Deschamps. L’un ou l’autre, Pape Thiaw n’a pas fait du Pape Thiaw.
Force est de reconnaître que, si les Champions d’Afrique ont flanché en seconde période, c’est parce que Deschamps a apporté des solutions à ses équations – mais en face, Pape Thiaw n’a pas suivi. Pour ceux qui ont été témoins de l’épopée de 2002, ils ont sans doute cru revoir le scénario de la rencontre face à la Turquie. Où on a semblé manquer de changements dans un match où il en fallait.
Après sa confirmation sur le banc des Lions, Pape Thiaw avait lâché une formule qui avait rassuré les observateurs. « Quand je convoque des joueurs, c’est par rapport au projet de jeu que je veux mettre en place et aussi les adversaires en face… », avait-il lâché en conférence de presse au mois de mars 2025. Dès son arrivée, le sélectionneur national s’est fait remarquer par son pragmatisme tant dans ses compositions, ses choix tactiques et sa lecture des matchs. Les entrées en jeu de Cheikh Sabaly, Habib Diarra, Lamine Camara ou encore Ibrahim Mbaye ont récemment offert la victoire aux Lions, notamment à la dernière CAN.
D’ailleurs, si le Sénégal a réussi la haute performance de se hisser à nouveau sur le toit de l’Afrique, c’est en partie grâce à ce pragmatisme devenu marque chez El Thiawito. Le haut niveau, c’est la lecture juste des matchs, les changements adéquats au moment idoine. En gros, le haut niveau, c’est les choix forts mais cohérents. Face à l’Angleterre, ce sont ces ingrédients qui avaient offert la victoire au Sénégal avec notamment l’entrée en jeu de Cheikh Sabaly. Face au Brésil en novembre dernier, ce sont ces détails qui avaient donné aux Sénégalais une brillante seconde période malgré la défaite avec notamment l’entrée en jeu de Nicolas Jackson.
Mais, mardi dernier, cette empreinte a feinté face au supplice de ses hommes en seconde période. Thiaw a fait ses choix, des paris dans son onze de départ qui se sont avérés payant, du moins tout au long de la première période. Mais, au moment de réajuster, il a laissé la main à Deschamps qui a effectué des changements tactiques qui ont perdu au fur et à mesure les Lions. Qu’est-ce qui s’est passé mardi dernier ? Où est passé le pragmatisme éloquent du sélectionneur national ?
Doit-on se fier au nouveau Pape Thiaw Champion d’Afrique qui n’a plus besoin de convaincre ? « Mes critères de sélection je ne vais pas les dévoiler ici… », avait-il lâché devant les journalistes le jour de la publication de sa liste pour ce Mondial – disons pour taire les interrogations sur ses choix confus. Hummm ! Qu’est-ce qui s’est passé entre mars 2025 et mai 2026 ? Certains auraient dit : rendez-nous notre Pape Thiaw, El Thiawito !
Par Jean Joseph












