Alors que l’Equipe Nationale du Sénégal va tenter de se remettre et se relancer, durant la nuit du lundi à mardi (00h00 GMT) face à la Norvège, dans cette Coupe du Monde, la défaite face à la France, précédée par deux contre-performances lors de la préparation, a laissé des traces pour les Lions. Y compris pour Pape Thiaw, qui sera remis face à ses responsabilités après un certain nombre de choix manqués contre les Bleus.
C’est déjà le moment des grandes décisions. La défaite face à la France, le match tant attendu depuis six mois – après le tirage au sort de la phase de groupe de la Coupe du Monde -, laisse planer une impression de flou sur l’Equipe Nationale du Sénégal avant d’affronter la Norvège, au cours de la nuit lundi à mardi (00h00 GMT), toujours au MetLife Stadium de New York. Les Lions seront-ils capables de se remettre face aux Drillos ? Leur sélectionneur aussi ? Car la semaine de Pape Bouna Thiaw a été émaillée de critiques à son égard.
Après le revers face aux hommes de Didier Deschamps, la claque même reçue par les Lions (1-3), les choix du sélectionneur national ont été décortiqués. Avec la sensation que, pour la première fois depuis qu’il a été intronisé à ce poste, en octobre 2024, l’ancien entraîneur de l’ASC Niarry-Tally Grand-Dakar Biscuiterie s’est vraiment manqué sur un certain nombre d’options prises. Pour débuter ce match, déjà, avec les titularisations de Kalidou Koulibaly et Idrissa Gueye, qui revenaient tous les deux d’une blessure de plusieurs semaines.
Un coaching tardif
Mais aussi et surtout pendant le match, avec un coaching peu réactif, en témoignent les changements trop tardifs, notamment sur le secteur offensif, malgré la contre-performance évidente des trois de devant (Ismaïla Sarr, Nicolas Jackson, Sadio Mané). Et en amont de la rencontre, avec une défaillance technique certaine et trop d’approximation sur des actions décisives dans le choc face aux champions du monde 2018. L’enchaînement des pertes de balle et la passivité défensive, notamment en seconde période, n’ont pas aidé.
Le sélectionneur, lui-même, l’a reconnu en conférence de presse après la rencontre. « Toutes les occasions que la France a eues, ce sont des pertes faciles de notre part. Avec la palette technique qui se trouve dans cette équipe (de France), on ne pouvait pas se le permettre. » Et sur ce coup, il n’a pas totalement tort. Plus particulièrement marqué par l’incapacité de ses joueurs offensifs à changer le cours de cette rencontre symbolique face aux Bleus, le patron des Lions attend une meilleure réponse de la part de tout son collectif mais lui aussi sera très attendu par les supporters sénégalais, notamment sur ses différents choix de joueurs.
Des cadres surprotégés
À la prise de fonction de Thiaw, beaucoup s’attendaient à plus de pouvoir pour les jeunes, d’autant plus que le technicien de 45 ans semble un adepte de la jeunesse, lui qui a gagné le CHAN 2023 avec une très jeune équipe locale. Cependant, on a l’impression que l’expérience collective, qui était si chère à son prédécesseur Aliou Cissé durant tout son mandat, vit en Pape Thiaw. Amener au Mondial des trentenaires n’est pas illogique. Mais pourquoi les reconduire coûte que coûte d’un match à l’autre reste une obsession, surtout quand les joueurs concernés ne sont « pas à 100% », comme Kalidou Koulibaly l’a reconnu après la France ?
Questionné justement sur sa composition d’équipe contre les Bleus, notamment sur Koulibaly et Gana tout juste revenus de blessure et apparus en difficulté, Thiaw, sur ce point, n’a rien renié. À quatre jours du duel contre les Norvégiens, il assure que ces éléments seront plus que jamais aussi prêts. « Les joueurs (Koulibaly, Gana) pour qui les gens se souciaient ont fait 90 minutes, ou presque. Ils étaient aptes. Les erreurs, c’est tout une équipe. Ils vont retrouver leur vrai forme pour le reste du tournoi », déclarait-il. Pas certain que cela soit du goût des supporters, qui ont forcément scruté de près la performance de leurs deux capitaines.
Pour Koulibaly, la première période a été plutôt convaincante, et on s’est même dit qu’il avait fini par faire taire les sceptiques, tant il était solide dans ses interventions, à l’exception d’un cafouillage à la 44e minute qui a failli lui coûter un csc. Sauf qu’il a fini par accuser le coup physiquement. Faire le changement sur lui aurait sans doute garder la veille sur les flèches françaises. Hélas ! Comme Gana, sur un fil en seconde période, un joueur comme Sadio Mané, certes, généreux dans l’effort, n’en pouvait plus à un moment de faire le pressing qu’il fallait. Le ménager et faire la gestion de son état physique aurait sans doute été une intelligence.
Une bonne réponse attendue face à la Norvège
Mané est capable de changer le cours d’un match à tout moment. Mais sur une telle rencontre, privilégier d’autres profils peut aussi faire la différence. Le fait d’avoir laissé Ismaïla Sarr et Nicolas Jackson sur le terrain jusqu’à la 75e minute de jeu a aussi grincer les dents de certains. À raison puisque le Sénégal a probablement l’un des meilleurs effectifs dans cette Coupe du Monde 2026. Il ne cesse jamais de le répéter : il a « 26 titulaires » dans son groupe. Alors pourquoi le Pape Thiaw d’après-CAN 2025 devrait manquer de confiance sur certains joueurs au point de ne pas réagir quand le scénario le lui impose et jusqu’à surutiliser ses cadres ?
Il a peut-être ses raisons à lui. Plutôt que de tout chambouler, le coach national souhaite avoir de la continuité. Reste à voir si cette continuité des hommes comme des idées débouchera sur un résultat différent contre la Norvège et enrayera la série de trois matchs sans victoire des Lions, ce qui n’était plus arrivé au Sénégal depuis la période entre juin et septembre 2018. Exempt de lourdes déceptions depuis de nombreuses années, le Sénégal veut à tout prix éviter une élimination précoce dans cette Coupe du Monde 2026. Champions d’Afrique en 2021 et 2025, les Lions ont un nouveau statut qu’il faut absolument assumer.
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