Lors de la cérémonie de présentation de la médaille de bronze mondiale de Saly Sarr, son agent Manirou Dembélé a levé le voile sur les exigences financières du sport de haut niveau. Entre investissement personnel, manque de sponsors et ambition olympique, il appelle à un accompagnement structuré pour permettre aux athlètes sénégalais de performer durablement.
Ancien athlète reconverti en agent, Manirou Dembélé accompagne aujourd’hui plusieurs figures de l’athlétisme sénégalais, dont Cheikh Tidiane Diouf, Louis François Mendy et Saly Sarr. À l’occasion de cette cérémonie, il a détaillé les coulisses du projet construit autour de la triple-sauteuse, avec une vision claire : l’emmener au sommet, jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
« Il y a deux ans, nous avons fait un projet sur 4 ans de Paris 2024 à Los Angeles 2028 et il y a un coût. Saly était un athlète du centre international d’athlétisme dirigé par Amadou Dia Ba. À un moment, on s’est dit que pour faire certaines performances, il faut aller en Europe. Trouver un technicien, un entraîneur, un staff médical qui vont l’accompagner. »
Un choix stratégique, mais coûteux. Car au Sénégal, le financement du sport individuel reste un défi majeur. « On a fait un projet avec des démarches de gauche à droite, c’était compliqué parce qu’au Sénégal, c’est difficile de trouver des sponsors, surtout pour le sport individuel. On a avancé avec nos moyens et avons investi sur Saly, et voici le résultat. »
Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le haut niveau a un prix, et il est élevé. « C’est un coût. Qui dit sport de haut niveau sait qu’il y a un prix. Aujourd’hui, une athlète comme Saly coûte presque 40 millions par année. »
Un budget global conséquent accompagne ce projet ambitieux. « Le budget est estimé à 110 millions de FCFA. Il faut savoir que c’est comme en football : le coach est payé, le préparateur mental, le staff technique et ses déplacements pour des compétitions. »
Face à ces réalités, un espoir d’accompagnement institutionnel commence à émerger. « C’est un projet bien ficelé que nous avons présenté au président de la République, qui nous a écoutés et nous a promis de nous accompagner. C’est à nous de suivre. »
Portée par cette dynamique, Saly Sarr poursuit désormais sa préparation avec en ligne de mire les prochaines grandes échéances : les Championnats d’Afrique, les Championnats du monde, et surtout les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
À travers ce témoignage, Manirou Dembélé met en lumière une réalité souvent méconnue : derrière chaque médaille, il y a un projet, des sacrifices… et un investissement considérable.
wiwsport.com












