Le ton est monté d’un cran dans le camp sénégalais. Lors de la conférence de presse tenue à Paris, Me Seydou Diagne, chef de file du pool d’avocats du Sénégal, a ouvertement évoqué des soupçons de corruption entourant la décision du jury d’appel. Des déclarations fortes, qui marquent un tournant dans cette affaire.
D’entrée, l’avocat plante le décor en dénonçant une décision incompréhensible sur le plan juridique : « Lorsque la décision ne peut pas être comprise par la raison, lorsqu’elle défie toutes les lois du jeu, toutes les règles de procédure, d’éthique… ».
Pour lui, la situation est grave : « Lorsqu’une décision de justice jette le discrédit sur la juridiction elle-même et sur l’institution qu’est la CAF, il y a des raisons légitimes de se poser des questions, d’investiguer ».
Me Seydou Diagne va plus loin en évoquant des éléments préoccupants : « Lorsqu’une victime comme l’État du Sénégal, ses supporters, sa Fédération disposent d’indices qui peuvent se révéler graves, de nature à justifier des procédures pénales nationales ou internationales… c’est exactement ce à quoi nous pensons ».
Dans cette dynamique, une offensive judiciaire est déjà en préparation : « Nous avons deux équipes internationales de défense. Un pool d’avocats contre la corruption, contre les cinq personnes nommément désignées — le jury d’appel qui a rendu la décision », révèle-t-il.
Il précise également que : « La plainte est rédigée, les choses sont en train d’être structurées, les juridictions sont identifiées, que ce soit aux États-Unis, New York, Washington, nous expliquerons les raisons plus tard ».
La présence de Me Pierre Olivier s’inscrit d’ailleurs dans cette stratégie : « C’est ce qui explique la présence de Me Pierre Olivier, ancien bâtonnier de Paris, qui a une longue expérience de la procédure pénale criminelle internationale ».
Concernant d’éventuelles responsabilités extérieures, l’avocat reste mesuré mais ferme : « Quand on dit que le Maroc a fait ce qu’elle a fait officiellement, nous n’accusons pas pour l’instant le Royaume du Maroc ».
Avant d’ajouter : « Nous avons des suspicions légitimes, des éléments qui fonderaient des enquêtes pénales ».
Enfin, Me Seydou Diagne annonce que le dossier va rapidement évoluer : « Dès cet après-midi, nous avons une réunion pour nous occuper de ces graves allégations et de ces indices de corruption ».
Avec ces déclarations, le Sénégal ne se limite plus à un recours sportif devant le TAS. Le dossier prend désormais une dimension pénale et internationale, avec en ligne de mire de potentielles poursuites pour corruption.
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