Le limogeage d’Habib Bèye, officialisé ce lundi 9 février 2026, n’est pas qu’une simple rupture de contrat. Arrivé sur le banc du club breton il y a un peu plus d’un an, le technicien a fait les frais du symptôme d’un mal plus profond qui ronge le Roazhon Park : une incapacité continue à s’inscrire dans la durée.
Après avoir fait l’exploit de maintenir le Stade Rennais la saison dernière et alors que le club pointe à une 6e place européenne après 21 journées, Habib Bèye a subi le sort des vieux démons sur la Bretagne. Arrivé en sauveur le 30 janvier 2025 pour succéder à l’éphémère passage de Jorge Sampaoli, Habib Bèye avait pourtant réussi un décollage spectaculaire.
Sous sa houlette, le Stade Rennais avait enchaîné une série impressionnante de 8 victoires en 9 matchs, ne s’inclinant que face à l’ogre parisien. Le technicien sénégalais, fort de son aura médiatique et de ses principes de jeu ambitieux, semblait être l’homme de la situation bien sûr avec la bénédiction des propriétaires.
Mais en Bretagne, le climat change vite, en tout cas au Stade Rennais. Une élimination en Coupe de France face à l’OM (3-0) suivie d’un revers à Lens (3-1) ont eu raison de son crédit. En 370 jours, l’ancien coach du Red Star aura connu toutes les saisons : le printemps de l’espoir, l’été de la confirmation, et un hiver glacial marqué par des tensions internes. Les rapports se sont crispés avec des cadres comme Brice Samba ou encore Séko Fofana (parti en prêt à Porto cet hiver). Le management de Bèye, souvent loué pour sa clarté, a fini par buter sur l’ego d’un vestiaire capricieux.
La direction, menée par Arnaud Pouille, a préféré se séparer du coach sénégalais comme elle l’avait voulu il y a quelques mois. Le cas Bèye s’inscrit dans une chronologie qui donne le vertige. Depuis le départ de Bruno Génésio en novembre 2023, le banc rennais ressemble à une chaise musicale : Julien Stéphan (2023-2024) : licencié en novembre, Sébastien Tambouret (2024) : intérim de 4 jours, Jorge Sampaoli (2024-2025) : 80 jours de passage éclair et enfin Habib Bèye (2025-2026) : un an de mandat. Quatre entraîneurs en quinze mois. Pour un club qui dispose de la stabilité financière de la famille Pinault, ce turnover est un paradoxe.
Qui sera le prochain coach victime de cette immédiateté qui s’est installée au SRFC ? Le limogeage d’Habib Bèye prouve qu’à Rennes, même un maintien en Ligue 1 encore moins une place européenne ne garantit pas de passer le mois de février.
wiwsport.com









