Le Sénégal et la France vont se retrouver lors de la phase de groupes de la Coupe du Monde 2026 au MetLife Stadium, dans le New Jersey. Un match qui attire déjà tous les regards. Pour Ricardo Faty, ancien international sénégalais et ancien joueur des équipes de jeunes françaises, cette confrontation réveille de nombreux souvenirs.
Ayant représenté la France dans les équipes de jeunes et le Sénégal en équipe nationale A, Faty entretient des liens forts avec les deux nations. Dans une interview accordée à Urban Pitch, il revient sur le fameux match Sénégal-France de 2002, sur son parcours dans les plus grands championnats européens, et sur son rapport aux deux pays. « Ça a été un tournant », confie Ricardo Faty. « À l’époque, en grandissant dans les années 90 et au début des années 2000 en tant que descendant d’immigrés, on ne se sent pas étranger, on se sent vraiment français. Je me suis toujours considéré comme français, mais après ce match de 2002, quand j’ai vu mon pays d’origine battre la France, quelque chose a germé dans mon esprit, comme chez tous les autres jeunes de ma génération : “Waouh, on peut les battre !” »
Pour lui, ce moment a été une véritable prise de conscience sur sa double identité : « Cela m’a fait comprendre que je suis Français, mais aussi Sénégalais. Tous ces processus d’identification ont quelque peu changé pour toute une génération de la diaspora immigrée, pour tous les jeunes vivant en banlieue et partout en France. C’était un événement majeur, historique. C’est pourquoi on voit de plus en plus de joueurs évoluant en France choisir de représenter le Sénégal. Pour moi, ce n’était pas le critère déterminant dans mon choix, mais cela a joué un rôle. »
Né à Villeneuve-Saint-Georges d’un père sénégalo-vietnamien et d’une mère capverdienne, il a grandi en région parisienne et s’est formé à Clairefontaine, le prestigieux centre français de formation. Sa carrière professionnelle l’a ensuite conduit à travers la France, l’Allemagne, l’Italie et la Turquie, avant de prendre sa retraite. Aujourd’hui consultant, il suit de près la préparation de ses deux pays pour le Mondial 2026. À propos du match Sénégal-France, Faty reste fidèle à sa double identité : « Que la meilleure équipe gagne. Pour moi, le Sénégal c’est le sang, la France c’est le cœur. Je ne peux pas choisir. À la télévision, on me demande parfois : “France ou Sénégal ?” Je réponds : “Non, je ne peux pas choisir. J’ai joué pour le Sénégal et j’entraîne en France. Ce sont mes deux pays.” »
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