C’est le point d’orgue d’une CAN étincelante. Le Sénégal et le Maroc vont tenter d’être sacrés champion d’Afrique, dimanche 18 janvier (19h00 GMT), à Rabat, après avoir tenu jusque-là leurs promesses. Un parcours en partie dû à des gardiens au rôle clé. Edouard Mendy, d’un côté, et Yassine Bounou, de l’autre, ont brillé et confirmé qu’ils sont sûrement les deux meilleurs gardiens africains en activité.
Dans les sports collectifs, il est parfois dur de relever des individualités plutôt qu’un groupe. D’ailleurs, les entraîneurs préfèrent toujours se focaliser sur le groupe plutôt que sur un seul joueur. Mais si l’Equipe Nationale du Sénégal et celle du Maroc sont arrivées jusqu’en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, il est aisé de dire que ces formidables parcours portent, en partie, les signatures d’Edouard Mendy (33 ans) et de Yassine Bounou (34 ans). Le trophée de meilleur gardien de cette CAN ira d’ailleurs très certainement trouver sa place dans le salon d’un de ces deux-là.
Un Mendy déterminant
Déjà en arrivant à la compétition au Maroc, Mendy était sur une belle forme dans son club, Al-Ahli, où il est devenu le capitaine et où il enchaîne les excellentes performances. Ses arrêts réflexes, pleins de classe, et son leadership sont notamment salués du côté de l’Arabie saoudite, lui qui a mené le Club royal au titre de la Ligue des Champions asiatique la saison dernière. Alors, sans avoir besoin de faire beaucoup de bruit, l’ex-portier du Stade de Reims, du Stade Rennais et de Chelsea est devenu l’un des hommes très forts du Sénégal, malgré un jeu au pied parfois pointé du doigt.
Que ce soit face au Bénin (en réalisant des arrêts fantastiques), contre le Soudan ou le Mali, le natif de Montivilliers a assuré et rassuré. Lors de la demi-finale contre l’Égypte, il a été très peu sollicité mais il est resté sur ses gardes jusqu’au bout pour conserver un quatrième clean-sheet en six matchs dans cette CAN. Avec 10 clean-sheets en 17 matchs de CAN, il a égalé les gardiens ivoirien et nigérian Alain Gouaméné et Vincent Enyeama. Il pourrait grimper sur le podium de ce classement et rejoindre Boubacar Barry Copa (Côte d’Ivoire) s’il conserve sa cage inviolée ce dimanche.
Bounou, monsieur tirs au but
Yassine Bounou affiche, lui aussi, des chiffres très flatteurs sur ce point-là. Exactement comme son compère sénégalais, le portier marocain a, avant cette finale, joué 17 matchs en Coupe d’Afrique. Hasard des faits, les deux hommes ont débuté dans la compétition le même jour, soit le 23 juin 2019, lors de la CAN en Égypte, et ils se tirent la bourre dans la même Saudi Pro League depuis l’été 2023. Toujours aussi serein et protégé par une défense très hermétique, le portier d’Al-Hilal réalise une CAN à sa hauteur. En six matchs, il n’a concédé qu’un seul but (un penalty contre le Mali, 1-1).
En CAN, Bounou a réussi à conserver ses cages inviolées à 11 reprises. Dans l’histoire de la compétition, seul l’Egyptien Essam El Hadary, avec ses 14 clean-sheets, fait désormais mieux que lui. Que dire de sa prestation contre le Nigeria en demi-finale ? Certes, il n’a presque pas subi une grosse occasion durant les 120 minutes face à la meilleure attaque de la compétition, mais c’est en grande partie grâce à lui que le Maroc s’est hissé en finale. Spécialiste en la matière, l’ancien gardien de but du FC Séville a stoppé deux des tirs au but nigérians, dont un arrêt de funambule devant Bruno Onyemaechi.
Mendy, un jeu au pied finalement bien affiné ?
Être gardien ne résume pas qu’à faire des arrêts et conserver sa cages inviolée, c’est d’autant plus vrai dans le football moderne. Pape Bouna Thiaw et Walid Regragui sont deux entraîneurs qui aiment et veulent avoir la possession du ballon. Edouard Mendy et Yassine Bounou affichent pourtant un taux de passes réussies assez contraires (84% contre 72%). Parmi les gardiens qui ont atteint au moins les quarts de finale de la CAN 2025, aucun ne fait mieux que le champion d’Afrique 2021. Edouard Mendy compte, certes, bien plus de passes que Bounou (170 contre 109), mais cette statistique prouve qu’il s’est nettement amélioré dans le jeu au pied et qu’il a un rôle plus important que son homologue marocain là-dessus.
Qu’importent les clean-sheets, les passes réussies ou les arrêts réalisés, l’histoire ne retient que les vainqueurs. Alors à Edouard Mendy de briller une dernière fois pour mener à nouveau sa nation vers les sommets. Contrairement à Yassine Bounou, le Sénégalais sait comment y parvenir, lui qui évidemment grandement contribué au premier titre des Lions il y a quatre ans au Cameroun. Il avait brillé face à l’Égypte lors de la séance des tirs but. Autant dire alors, qu’à l’image de son compère marocain, il connaît aussi la recette pour faire gagner son équipe une fois aux tirs au but.
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