Présent en conférence de presse ce vendredi, le sélectionneur du Soudan, James Kwesi Appiah, a largement évoqué le Sénégal, adversaire de son équipe en huitième de finale de la CAN ce samedi. Le technicien ghanéen rêve d’un exploit face aux Lions.
Comment abordez-vous cette rencontre face au Sénégal ?
Je crois que le Sénégal a une très bonne équipe. Nous sommes ici pour montrer ce dont le Soudan est également capable. Nous respectons toutes les équipes, mais le Soudan est aussi là pour démontrer le potentiel de ses joueurs et de son équipe. Nous ferons en sorte d’offrir à tous les spectateurs un excellent spectacle. Le principal atout de l’équipe du Soudan réside dans l’unité des joueurs et leur combativité. Quel que soit le respect ou les tactiques que vous leur donnez, ils font de leur mieux pour donner le meilleur d’eux-mêmes. De plus, chaque joueur sait que l’objectif est d’apporter de la joie à tous les Soudanais. Pour moi, c’est suffisant pour chaque match.
Comment gérez-vous avec les joueurs tout cela avec la situation au Soudan ?
En fait, c’est vraiment difficile, car parfois, quand on apprend certaines nouvelles, c’est très dur à accepter. On entoure tous ces joueurs, on les encourage et on les motive. L’autre aspect, c’est que je cherche à optimiser leurs performances sur le terrain. J’insiste donc pour qu’ils fassent quelque chose, pour que même celui qui est parti et dont les familles sont rentrées au pays soient heureux. Et le seul moyen d’y parvenir, c’est de se battre et de faire flotter le drapeau du Soudan sur le terrain.
Vous avez réalisé une phase de groupes mitigée, où vos attaquants n’ont pas marqué. Que pensez-vous pouvoir changer pour surprendre le Sénégal ?
Je crois savoir qu’au football, un seul joueur peut changer le cours d’un match. On peut ne pas être performant lors des phases de groupes, mais une fois qu’on avance dans la compétition, tout est possible. J’ai vu tellement d’exemples, partout dans le monde, d’équipes qui n’ont pas brillé pendant les phases finales, mais qui ont fini par remporter la compétition. Nous avons beaucoup de respect pour le Sénégal, mais au fond, il ne faut pas se laisser abattre. Quand on affronte une équipe comme le Sénégal, on la respecte, mais on ne la craint pas. Le plus important, c’est de donner le meilleur de soi-même sur le terrain et de laisser le sort du match décider.
Comme je ne cesse de le répéter, parfois nous prenons des décisions selon la situation qui prévaut, et j’ai utilisé les moyens que j’avais à ma disposition. Je ne sais pas si vous avez suivi nos matchs. La plupart de nos matchs, nous avons créé des opportunités, mais malheureusement nous n’avons pas pu marquer des buts comme il se devait. Mais comme je l’ai déjà dit, pour le prochain match, nous allons mettre en place des tactiques qui nous permettront de pouvoir marquer, parce qu’à ce niveau il ne s’agit plus de faire partie de la compétition, mais c’est de pouvoir battre son adversaire. Alors bien sûr que les buts doivent venir. C’est vrai qu’au départ, nous n’avons pas marqué comme il se devait, mais je crois bien que les choses vont s’améliorer.
Que pensez-vous avoir appris du Sénégal que vous avez joué à plusieurs reprises, notamment au CHAN ?
On parle ici de deux compétitions distinctes, avec la possibilité qu’ils aligneront des équipes différentes. Or, une équipe différente peut influencer la qualité du jeu. Concernant l’équipe actuelle, nous les avons affrontés deux fois, et je ne cesse de répéter que le Sénégal est l’une des plus grandes équipes. Quand on parle de football africain, impossible d’ignorer le Sénégal, et c’est pourquoi je pense que tout le monde a un grand respect pour cette équipe. Le plus important, pour une équipe de football, c’est de se demander, sur le terrain, « pourquoi ? » et « que pouvez-vous faire ? ». Il ne s’agit pas de ce qu’ils ont, mais de ce que vous pouvez montrer. C’est ce que le Soudan a toujours fait. Nous jouons sans supporters, sans matchs à domicile, mais nous devons impressionner le public, voire le monde entier, et montrer que c’est le Soudan. Voilà ce dont nous sommes capables.
Est-ce que c’est suffisant pour vous cette qualification pour les huitièmes de finale ?
Je suis venu dans cette compétition, et je l’ai dit au cours de ma première conférence de presse, que je ne suis pas venu me balader ou faire partie de la première phase et c’est tout. Je pense que toutes les équipes ici ont cette ambition. Tout le monde veut gagner la coupe et je partage cette ambition. Nous voulons gagner la coupe. Le Soudan est là pour se battre jusqu’au bout. Ceci pour dire que je ne suis pas venu juste pour jouer, la phase de groupe est repartir. Non je veux la coupe.
Qu’en est-il de la situation au Soudan ?
La plupart du temps, j’évite cette question car les émotions sont terribles. Personne ne souhaite s’y impliquer. Je prie pour que, peut-être même grâce à la CAN, la guerre puisse cesser, voire s’arrêter totalement ; c’est pourquoi nous prions. Je me souviens d’un match que nous avons gagné : tout le monde a dû déposer les armes et fêter la victoire pendant une semaine. Pour moi, le football a le pouvoir de tout changer dans ce monde. Alors je prie pour que la guerre prenne fin complètement afin que chacun puisse rentrer chez soi et reconstruire le pays.
wiwsport.com











