Le Mondial de handball féminin 2025, 27e édition organisée conjointement par l’Allemagne et les Pays-Bas du 26 novembre au 14 décembre, a marqué la troisième participation des Lionnes du Sénégal sur la scène mondiale, et la deuxième consécutive après leur 18e place en 2023.
Qualifiées en tant que vice-championnes d’Afrique (derrière l’Angola lors de la CAN 2024), les protégées du sélectionneur Yacine Messaoudi abordaient la compétition avec des ambitions mesurées : accumuler de l’expérience face à des nations élites, consolider les progrès observés ces dernières années et viser une place honorable dans le bas du classement. Portées par un mélange de joueuses expérimentées en Europe et de talents locaux, les Lionnes ont livré un parcours honorable mais inégal, confirmant leur progression tout en soulignant quelques manquements. Comment apprécier le parcours des Lionnes au mondial féminin de handball jusque-là ?
Parcours en phase de groupes (Groupe B)
Logées dans un Groupe B relevé avec la Hongrie (4e mondiale), la Suisse (hôte et 8e) et l’Iran (débutante), les Sénégalaises ont dû batailler pour éviter la lanterne rouge. Leur bilan : 1 victoire et 2 défaites, pour 2 points et un goal average de -1 (71 buts marqués, 72 encaissés). Ce troisième rang leur a permis d’accéder au tour principal, un exploit au regard de leur statut d’outsider face à des adversaires mieux classées.
La victoire contre l’Iran (9 buts d’écart) a injecté de la confiance et démontré une supériorité claire sur une équipe asiatique. Le match contre la Suisse, perdu d’un but, illustre le potentiel des Lionnes à rivaliser avec des équipes du top 10 européen. L’attaque stérile face à la Hongrie (17 buts seulement) a révélé des difficultés à percer des défenses compactes, tandis que les contres-attaques adverses ont exposé une transition défensive lente.
Parcours au tour principal (Main Round, Groupe I)
Qualifiées pour le Groupe I du Tour Principal (avec Hongrie, Suisse, Danemark, Roumanie et Japon), les Lionnes ont hérité des résultats de la phase de groupes contre les équipes communes (Hongrie et Suisse), mais n’ont pu glaner de points supplémentaires lors des trois nouveaux matchs. Bilan final au tour principal : 0 victoire, 3 défaites, goal average de -24 (67 buts marqués, 91 encaissés). Elles terminent dernières du groupe (6e sur 6), éliminées des places 1 à 12 et reversées vers les matchs de classement pour les 13-24 (où elles n’ont pas pu disputer de rencontres supplémentaires avant l’issue du tournoi pour elles).
Malgré les scores sévères, le match contre le Japon (défaite de 4 buts) a été le plus abouti, avec un scénario accroché jusqu’au money-time. La gardienne Toubissa Elbeco (11 parades sur 37 tirs) et la pivot Hawa Ndiaye (leader en buts et en défense) ont porté l’équipe. En revanche, les écarts abyssaux face au Danemark et à la Roumanie (21 et 20 buts) soulignent un fossé physique et technique face aux cadors européens. Les pertes de balle récurrentes et les échecs aux jets de 7 mètres (comme contre le Japon) ont été fatals.
Statistiques globales et performances individuelles
Sur 6 matchs au total, les Lionnes affichent un bilan de 1 victoire, 5 défaites, avec 138 buts marqués et 163 encaissés (goal average -25). Moyenne de 23 buts par match en attaque (faible pour le handball moderne, où les tops équipes tournent autour de 30), et 27,2 en défense (moyenne, mais explosive face aux élites). À noter la discipline exemplaire (peu de cartons), mais manque de profondeur sur le banc (fatigue visible en 2e mi-temps). L’effectif, enrichi de binationale comme Kouyaté (ex-France, médaillée EURO 2020), apporte une touche européenne, mais l’harmonie collective reste perfectible.
Malgré une élimination précoce (probable place finale autour de la 19e-20e, similaire à 2023), les Lionnes sortent grandies de ce Mondial. À court terme, ce tournoi pave la voie pour la CAN 2026 (au Sénégal ?), où les Lionnes viseront le titre continental pour booster leur ranking IHF (actuellement autour de la 25e place). À long terme, l’objectif est un top 16 mondial d’ici 2027, via plus de stages en Europe et l’émergence de jeunes talents.
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