Intervenu dans l’émission Waxsaxalaat, le président de l’ANPS, Abdoulaye Thiam, est revenu en détail sur les problèmes organisationnels rencontrés par les Lions lors du match amical contre le Brésil, ainsi que sur le choix du Kenya comme adversaire.
Un retard “jamais vu” face au Brésil
Selon Abdoulaye Thiam, le retard des Lions lors du match contre le Brésil est un incident inédit, du moins dans un contexte non conflictuel « C’est la première fois que cela arrive sans qu’il y ait sabotage. Contre l’Égypte, ils nous avaient bloqués volontairement pour nous perturber. Ce genre de pratiques, on le voit souvent dans certains pays maghrébins. Mais face au Brésil, c’était inédit. Même l’entraîneur en a parlé en conférence de presse. »
Le président de l’ANPS explique que l’hôtel choisi pour les Lions était trop éloigné de l’Emirates Stadium« Ils avaient anticipé pour arriver tôt, mais Londres fait partie des villes les plus embouteillées d’Europe, avec des feux rouges partout. Cela a surpris beaucoup de monde. »Pour lui, cet incident est d’autant plus regrettable que le Sénégal avait atteint un niveau où il maîtrisait parfaitement ce type de situation.
Un échauffement perturbé et une préparation inéquitable
Ce retard a affecté la préparation des Lions « Notre échauffement n’a même pas duré 30 minutes. Les Brésiliens étaient déjà sur la pelouse. » Abdoulaye Thiam pointe également du doigt un manquement du côté des organisateurs « On avait annoncé qu’aucune équipe ne devait s’entraîner à l’Emirates Stadium. Mais le Brésil s’y est entraîné quand même. On ne peut pas autoriser l’un et interdire l’autre. L’équité sportive n’a pas été respectée. » Il salue toutefois la volonté du secrétaire général Abdoulaye Sow de « situer les responsabilités » afin d’éviter que cette situation ne se reproduise.
Un match suivi par le monde entier
Pour rappel, la rencontre a attiré près de 58 000 spectateurs dans un stade de 60 000 places.« Le billet le moins cher coûtait 58 000 FCFA. C’était un match très important, regardé par le monde entier. » Thiam estime que cette défaite doit servir de leçon « On apprend dans les défaites. C’est parfois nécessaire pour revenir les pieds sur terre. »Il rappelle d’ailleurs une anecdote de 2002 « Avant de battre la France au Mondial, on avait perdu 3–1 contre l’Arabie Saoudite. C’est ce match qui avait permis à Bruno Metsu de préparer son plan contre la France au mondial »
Sur le choix du match contre le Kenya
À propos du match contre le Kenya, le président de l’ANPS explique que la rencontre n’était pas réellement à huis clos « Il y avait des spectateurs, mais uniquement sur invitation. Nous, Africains, avons des « supportés», pas de « vrais supporters. »
Il déplore une faible culture de déplacement des fans africains, contrairement à d’autres nations « En 2018, contre la Pologne, le Japon ou la Colombie, le stade était totalement aux couleurs des adversaires. Nous, on ne voit presque jamais nos supporters. » Il souligne également que le choix d’Antalya (Turquie) n’aide pas « Ce n’est pas comme jouer en banlieue parisienne ou en Italie, où la communauté sénégalaise est importante. » Pour lui, plusieurs éléments expliquent l’absence d’engouement. Le Kenya n’est pas qualifié pour la CAN 2025 Le pays est plus connu pour l’athlétisme que pour le football. Le match n’avait aucun enjeu Les Sénégalais se déplacent peu. Il questionne aussi la valeur sportive du 8–0 « Est-ce que c’est le Sénégal qui était trop fort, ou le Kenya trop faible ? C’est les deux. »
Abdoulaye Thiam aurait préféré un match plus attractif « Un Sénégal vs Guinée à Dakar aurait fait le plein. Pareil contre la Côte d’Ivoire. Mais organiser ce type de match sur le continent coûte très cher. »
Pour lui, l’essentiel reste cependant positif « On termine la trêve avec une défaite qui remet en cause et une victoire qui redonne le moral. »
Sur les paroles d’Abdoulaye Sow
Le président de l’ANPS estime que la fédération doit agir rapidement « Le premier réunion exécutif a tardé. On s’attendait à ce que les commissions soient installées juste après, mais seule celle des conseillers du président, composée de six personnes, a été mise en place. »Il espère que la fédération clarifiera les responsabilités sur l’organisation, le choix de l’hôtel, négociations…« Il faut savoir ce que l’organisateur a fait ou n’a pas fait, et ce que le Sénégal peut lui reprocher. »
Pape Thiaw, jugé “trop gentil” ? La réponse d’Abdoulaye Thiam
Interrogé sur la gestion du groupe par Pape Thiaw, souvent comparé à Aliou Cissé, Thiam nuance « Aliou était très rigoureux, parfois même paranoïaque. Les membres de la fédération n’osaient même pas s’approcher de la tanière. Pape est beaucoup plus ouvert, il écoute, il apprend vite. »
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