À l’occasion du Festival (FENSCO), Moussa Dia, président de la Fédération du sport scolaire, revient sur les préparatifs de l’événement, les objectifs pédagogiques visés, ainsi que sur les innovations de cette édition 2025.
Dans cet entretien accordé à Wiwsport, il évoque également l’importance du sport scolaire dans la formation des jeunes et livre son regard sur les enjeux liés à la promotion du sport dans le système éducatif sénégalais.
Monsieur le Président, après le succès de la première édition à Thiès, que représente cette deuxième édition pour vous et pour le sport scolaire au Sénégal ?
Cette deuxième édition est celle de la confirmation. L’année dernière, nous avons organisé l’événement dans un délai très court, mais grâce à l’engagement de tous les participants, tout s’est bien passé à Thiès. Cette année, avec plus de temps pour la préparation, nous avons pu prévoir une participation plus importante et intégrer davantage de disciplines. De plus, l’édition a lieu à Dakar, ce qui nous permet de tester notre capacité d’organisation en prévision des Jeux Olympiques de la Jeunesse auxquels nous participerons activement.
Pourquoi avoir choisi Dakar pour cette édition ?
Initialement, nous avions envisagé Saint-Louis, mais les infrastructures y sont éparpillées sur de longues distances. Dakar dispose d’infrastructures modernes, notamment le stade Léopold Sédar Senghor, récemment réceptionné, qui permet la pratique de plusieurs disciplines en un seul lieu. Cela facilite l’organisation logistique et offre aux élèves une expérience unique en découvrant ces nouvelles installations.
Le thème de cette année est « Le sport scolaire, école des valeurs ». Pourquoi ce choix ?
Nous avons constaté certains comportements déviants chez les élèves ces dernières années, notamment lors des examens. Il est donc important de sensibiliser les enfants aux valeurs positives de notre société. Le sport est un excellent vecteur pour cela. Nous voulons aussi promouvoir l’équité, notamment en encourageant la pratique sportive chez les filles, souvent confrontées à des stéréotypes. Il est tout à fait possible d’être une femme accomplie tout en pratiquant un sport.
Quelles disciplines seront mises en avant cette année ?
Cette année, huit disciplines sont retenues, dont deux nouvelles : le beach-volley et le taekwondo. Ces disciplines sont pratiquées dans plusieurs académies, ce qui facilite leur intégration. Nous souhaitons également faire découvrir d’autres sports comme les échecs ou le badminton, en collaboration avec les fédérations et le comité d’organisation des Jeux Olympiques.
Combien de participants attendez-vous cette année ?
Nous attendons 2520 participants, incluant les athlètes et les encadreurs. Cela marque une progression par rapport à l’année précédente. La plupart des disciplines seront représentées aussi bien chez les garçons que chez les filles.
Quel est le budget prévisionnel pour cette édition ?
Le budget tourne autour de 216 millions de francs CFA. Nous comptons sur les contributions des ministères de tutelle (Sports, Formation professionnelle, Éducation), mais aussi sur des institutions comme la Primature, l’Assemblée nationale, et des sociétés d’État. Le Commissariat à la sécurité alimentaire nous soutient déjà.
Quelles sont les nouveautés de cette édition ?
La grande nouveauté est la tenue d’une cérémonie d’ouverture avec la participation des majorettes du lycée Kennedy, des Spéciaux Olympiques, de la gymnastique rythmique et une parade culturelle par chaque délégation. Le défilé final des délégations clôturera la cérémonie. Elle aura lieu de 10h à 16h au stade Léopold Senghor, en présence des trois ministres de tutelle.
Y a-t-il eu un suivi des athlètes qui se sont distingués l’année dernière ?
Malheureusement, le suivi est encore une difficulté. Notre rôle est d’être une plateforme de détection pour les fédérations sportives. Cette année, nous avons mis en place des comités de sélection et un dispositif pour suivre les athlètes, dans le cadre du nouveau code du sport, afin qu’ils soient reconnus comme issus du sport scolaire.
Un dernier message pour la jeunesse ?
J’invite toute la jeunesse scolaire à participer activement aux compétitions et à venir assister aux événements. Le public est attendu en nombre, aussi bien à Dakar que dans les autres régions. Cette initiative s’inscrit dans la volonté du ministère de faire émerger une société éducative. J’ai été très touché de voir, dans le village de Ngoloum (Guinguinéo – l’académie de Kaolack) , des parents discuter avec leurs enfants de leur comportement en communauté. Cela montre l’implication des familles. J’encourage donc tous les parents à accompagner leurs enfants, à leur parler, afin qu’ils vivent une expérience enrichissante au sein de cette grande communauté scolaire nationale.
wiwsport.com propos recueillis par Anta Ndiaye












