L’équipe nationale du Sénégal a conclu une fenêtre internationale prometteuse avec deux matchs amicaux face à l’Irlande (1-1) et l’Angleterre (3-1). Un nul et une victoire de prestige ont mis en lumière la patte du sélectionneur Pape Thiaw qui ne manquait pas pourtant de défis en marge de ces deux amicaux. Retour sur le film de ce rassemblement des Lions en Îles Britanniques.
Une gestion d’effectif cohérente et maîtrisée
Pour ces deux matchs, Pape Thiaw a convoqué en tout 26 joueurs, offrant du temps de jeu à 22 d’entre eux. Seuls Cheikh Niasse, Mory Diaw, Idrissa Gueye (FC Metz) et Pathé Ciss (blessé) n’ont pas foulé les pelouses. Ces deux rencontres, disputées sans la star Sadio Mané et avec l’absence de dernière minute de Pape Matar Sarr, remplacé numériquement par Cheikh Niasse, ont permis au sélectionneur de démontrer sa capacité à gérer son effectif et d’affirmer ses choix tactiques.

Contre l’Irlande, lors du premier match amical, Thiaw a opté pour une composition remaniée, permettant à plusieurs joueurs de s’exprimer. Cette stratégie a abouti à un match nul (1-1), témoignant d’une certaine résilience face à un adversaire solide. Un choix qui aura payé surtout pour la deuxième période face aux Boys in Green où les Lions, avec les entrées de Ismaïla Sarr, El Hadji Malick Diouf et de Cheikh Sabaly, ont pu revenir au score et récupérer le point du nul.
Le coup de maître tactique de Pape Thiaw
Mais ce qu’il faut aussi dire, c’est que ce choix de mettre un onze inédit face aux Boys in Green était une façon de cacher son jeu face à l’Angleterre. D’ailleurs, pour le choc face à l’Angleterre, le sélectionneur a aligné son meilleur onze dans un système en 4-3-3, avec des choix tactiques audacieux, notamment dans le positionnement des joueurs et l’animation du jeu.
Ces choix d’El Thiawito a payé, puisque les Lions se sont imposés avec autorité sur le score de 3-1 face aux Three Lions. Une victoire de prestige qui marque les esprits, mais surtout une victoire tactique de Pape Thiaw sur Thomas Tuchel.

Le coach des Lions a fait des choix forts comme inverser Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye en rapport avec les vis-à-vis anglais. Mettre Izo devant El Malick Diouf sur le côté de la doublette Walker-Saka – Iliman Ndiaye devant Krépin Diatta sur le côté où officiait soit Reece James (sur son faux pied), soit Lewis-Skelly (un milieu défensif repositionné en latéral gauche). C’est tout sauf anodin ! Ces deux choix, déjà, ont freiné les débordements anglais qui avaient fait mal aux Lions lors du huitième de finale au Qatar en 2022.
Au milieu de terrain, l’autre lieu de supplice des Lions lors de la défaite au Golfe, Pape Thiaw a préféré assumer cette fois, sa philosophie offensive, au lieu de muscler son entrejeu par un système 4-2-3-1. Gana Gueye seul devant la défense, Lamine Camara en 8 et Habib Diarra en 10 ou faux neuf, mais dans un rôle de milieu box to box.
Une approche tactique qu’il faut mettre dans son contexte, puisque l’un des enjeux de ce match était de mesurer le niveau de Pape Thiaw, souvent mis à rude pour son savoir-faire, face à son vis-à-vis, Thomas Tuchel, réputé être l’un des plus grands tacticiens du monde. « Jouer contre ces grandes nations permet de se mesurer. Surtout que notre objectif, c’est de se qualifier à la Coupe du monde. On sait qu’on jouera ce genre d’équipes, ce sont des grandes nations de football », a lâché Pape Thiaw après la victoire contre les Three Lions. Mais gagner Tuchel, c’est aussi montrer qu’il a plus d’un tour sous sa manche.
Une fenêtre internationale réussie

Au terme de ces deux matchs amicaux, le constat est sans appel : c’est une fenêtre internationale réussie pour Pape Thiaw et ses Lions. Un nul solide contre l’Irlande et une victoire nette, historique contre l’Angleterre, le tout sans Sadio Mané, démontrent la profondeur de talent et la capacité d’adaptation du collectif. Le Sénégal est capable de battre un top 2, un top 5 mondial avec ou sans Sadio Mané. Il était essentiel d’effacer cette psychose dans la tête du pensant sénégalais et c’est fait !
Les performances ont été globalement saluées par les observateurs qui n’ont pas manqué de tirer un chapeau au sélectionneur, même si certains choix de joueurs restent sujets à débat. Ces deux matchs ont permis de renforcer la cohésion de l’équipe qui s’est montré épanouie et relâchée comme l’a souligné El Thiawito. « Bravo aux joueurs ! Dans le football, il n’y a pas de secret. Il y a un travail qui a été bien fait par les joueurs et un état d’esprit incroyable », a déclaré le coach des Lions en conférence de presse d’après-match.
Des certitudes pour l’avenir
Ces matchs amicaux ont offert des motifs de satisfaction et de confiance aux Lions en vue des échéances cruciales de septembre 2025, le retour des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 contre le Soudan et la RD Congo. Avec des individualités qui se sont illustrées dans un collectif soudé, des cadres qui ont retrouvé leur meilleur niveau, capables de tirer les jeunes vers le haut et des nouveaux déjà dans le bain pour assurer la relève.
Cependant, Pape Thiaw devra garder une certaine humilité dans son groupe, notamment face à des adversaires africains souvent adeptes de blocs bas, un style de jeu différent de celui rencontré face à l’Irlande et l’Angleterre.
En somme, cette fenêtre internationale a permis au Sénégal de montrer son potentiel, à Pape Thiaw de consolider sa vision tactique, mais aussi signer de son empreinte le visage de l’équipe nationale. Les Lions, portés par ces belles performances, abordent les prochaines échéances avec des certitudes et une ambition intacte : l’équipe du Sénégal peut battre n’importe quelle équipe et veut boxer dans le même ring que les meilleurs au monde.
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