Pour la première fois de leur histoire, l’Angleterre s’est inclinée face à une équipe africaine. Mardi soir, au City Ground de Nottingham, les Lions ont infligé un revers cuisant (3-1) à une sélection anglaise méconnaissable. Une soirée historique pour le Sénégal de Pape Thiaw, et un choc pour les médias britanniques, qui n’ont pas mâché leurs mots au lendemain de la rencontre.
La défaite est d’autant plus marquante qu’elle intervient trois jours seulement après une victoire poussive face à Andorre, en qualifications pour la Coupe du monde 2026. Le nom de Thomas Tuchel, fraîchement nommé à la tête des Three Lions, est sur toutes les lèvres, et pas dans les meilleurs termes. Harry Kane avait pourtant lancé les siens dès la 7e minute, mais l’égalisation d’Ismaïla Sarr juste avant la mi-temps a calmé les ardeurs du public anglais. Habib Diarra, d’une frappe limpide, a ensuite donné l’avantage aux Sénégalais à l’heure de jeu. Et dans un temps additionnel électrique, Cheikh Sabaly a scellé le sort du match, quelques secondes après que Jude Bellingham a vu son but refusé pour une main de Levi Colwill. Un scénario impitoyable, qui consacre le réalisme et l’audace des Sénégalais, dominateurs et solidaires. Une performance saluée dans la presse africaine comme un exploit fondateur.
« Humiliation », « régression »… la presse britannique assène
De l’autre côté de la Manche, le ton est tout autre. Daily Mail évoque une « humiliation » pure et simple, estimant que « la lune de miel de Tuchel est déjà terminée ». Pour le tabloïd, la piètre prestation contre Andorre avait donné un premier signal, mais cette fois-ci, l’échec est total et sans appel. Même sévérité à la BBC, qui parle d’une « performance catastrophique », sans idées ni structure : « Aucune identité, aucune amélioration. Pire, une nette régression depuis le départ de Southgate. »
Le Guardian, de son côté, note un mal plus profond : « L’Angleterre a semblé émoussée, sans énergie ni plan de jeu clair. Un groupe de joueurs fatigués, usés par une saison éreintante en Premier League. » Les huées du public à la sortie des joueurs, déjà entendues contre Andorre, ont confirmé ce malaise ambiant. Avec dix changements opérés dans son onze de départ, Tuchel a pris des risques. Ils n’ont pas payé. Si certains médias en viennent même à regretter l’ère Southgate, c’est dire combien l’inquiétude monte à un an du Mondial. Seul Harry Kane semble avoir échappé à la tempête. Bellingham, pour sa part, a encore montré des signes de nervosité, tandis que la défense notamment Walker a semblé dépassée par la vivacité sénégalaise.
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