À l’occasion de la 14e édition de la Coupe d’Afrique féminine des Nations, l’Équipe Nationale du Sénégal a créé la sensation tout au long de son parcours. Une campagne « à histoire », sanctionnée par le premier but, le premier succès et la première qualification de la sélection sénégalaise en quarts de finale. Sans doute, l’histoire aurait été plus belle à raconter si elles parvenaient à se hisser en demi-finales synonymes d’une qualification directe à la prochaine Coupe du Monde.
Mais, les Lionnes, éliminées aux portes d’une qualification au mondial par la Zambie après séance des tirs au but, ont cependant créé une nouvelle chance de faire partie des 32 meilleures nations mondiales en se vengeant, sur elles-mêmes, contre la Tunisie en match de barrages, avec un succès aux tirs au but. En attendant de savoir si elles vont décrocher l’un des trois précieux sésames pour la Nouvelle-Zélande et l’Australie, découvrez les meilleures joueuses et les moins en vue dans cette campagne.
Tenning Sène
On pourrait lui reprocher sa grosse bourde contre la Zambie, qui a peut-être coûté une place historique en demi-finale de la Coupe d’Afrique féminine des Nations, mais Tenning Sène a été l’un des maillons forts du Sénégal. Sa prestation contre l’Ouganda, qui lui a valu le titre honorifique de « Femme du Match », ses arrêts de classe mondiale face au Burkina Faso ou encore sa sérénité devant ses buts laissent entrevoir un avenir radieux non seulement dans cet effectif mais dans le monde du football. Elle a encaissé un seul but en trois matchs disputés. Assurance !
Ndeye Meissa Diaw
Censée être la première gardienne du temple, il était décidé en interne à quelques heures de l’entrée en jeu du Sénégal dans la compétition que Tenning Sène devrait prendre sa place. Causes ? Ndeye Meissa semblait être submergée par le stress et la pression de sa première sortie en phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. La suite ? Sa remplaçante joue à merveille son rôle, mais rate la troisième journée contre le Maroc pour blessure. La joueuse du Lycée Ameth Fall revient, donc, logiquement dans les cages sénégalaises. Elle encaisse le premier but sénégalais dans cette compétition malgré sa bonne prestation, mais parvient tout de même à garder sa cage inviolée contre la Tunisie, en match de pré-barrage. On n’oublie pas son coup de pouce contre les Tunisiennes, où elle a stoppé le penalty de Mariem Houij. Un arrêt qui a sans doute envoyé le Sénégal au tournoi qualificatif pour la prochaine Coupe du Monde.
Thiaba Gueye Sène
On se doutait de la hiérarchie concernant le poste de numéro dans les cages, mais on était sûr que ça allait se jouer sans Thiaba Gueye Sène, bien qu’elle arborait le numéro 1. Mis à part jouer les sparring-partners à l’entraînement avec ses homologues, la gardienne de 29 ans, elle-même ne s’attendait absolument pas à grand-chose dans ce tournoi. Au final donc, elle n’aura pas joué la moindre minute dans cette CAN.
Mareme Badou
Pour sa première participation en phase finale de la CAN, la jeune fille de 19 ans a emballé le tournoi du début à la fin. Très appliquée défensivement, Marième Babou aura juste besoin de corriger son apport offensif. Globalement, elle a démontré qu’elle a du talent. Elle n’a jamais été débordée tout au long du tournoi, ni par les ailières ougandaises ni par celles du Burkina Faso et encore moins par le côté gauche virevoltant de la Zambie. Son absence face au Maroc aura été sentie.
Mbayang Sow
Elle est incontestablement la meilleure joueuse sénégalaise dans ce tournoi. La preuve, elle finit par convaincre les dirigeants de l’Olympique de Marseille qui la déniche en pleine compétition. Quitte à dribbler dans sa surface, à écraser les jambes d’un adversaire, à dégager le ballon hors du stade, la désormais ex-capitaine de l’Union des Parcelles Assainies, par ailleurs Championne du Sénégal cette saison, autoritaire dans les duels, a terrorisé les joueuses adverses. Ce ne sera pas la Zambienne Xiomara Mapepa qui dira le contraire… Très solide défensivement, Mbayang Sow s’est plusieurs fois montrée qu’elle avait aussi un atout indéniable sur le plan offensif. La joueuse de 28 ans s’est même offert le luxe de délivrer une passe décisive sur le but de Nguenar Ndiaye en quarts de finale contre la Zambie.
Méta Camara
À l’image de sa coéquipière dans l’axe sénégalais, avec qui elle forme un duo de rêve, Meta Camara a joué son rôle pleinement. L’une des rares joueuses ayant disputé tous les matchs du Sénégal, la native de Tambacounda a confirmé qu’elle avait les moyens de devenir une référence à son poste. Néanmoins, certains de ses mauvais choix et hésitations ont été les taches noires de son tournoi. Heureusement que son but contre son camp a été annulé pour position de hors-jeu de l’attaquante zambienne en quarts de finale, sinon ça aurait été fatal pour le Sénégal et pour la joueuse, qui était complètement à côté de la plaque après cette mésentente avec Tenning Sène.
Anta Dembélé
Le Sénégal peut se vanter d’avoir concocté l’une des défenses les plus solides de cette compétition. La preuve, il n’a encaissé que deux buts sur cinq matchs. Avec des gardiennes de buts à la hauteur, un axe composé de Mbayang Sow et Méta Camara, un côté gauche bien cerné par Marième Badou, il ne lui restait que d’avoir une Anta Dembelé, meilleure de sa force. Et la jeune joueuse née en 1994 a assuré pleinement ce rôle. La sociétaire de l’Union des Parcelles Assainies a affiché sérénité et bravoure tout au long du tournoi. Son côté droit était presque infranchissable à part quelques rares pertes de balles. En revanche et à l’image de Mareme Babou sur le côté gauche, la joueuse aura manqué d’apporter offensivement la sélection. Ses rares centres et percussions n’apporteraient pas grand-chose.
Safietou Sagna
Capitaine de cette sélection sénégalaise, Safietou Sagna, qui disputait sa deuxième CAN après celle de 2012, a été très précieuse dans la récupération. La milieu de terrain, très généreuse dans l’effort, a affiché un engagement de tous les instants. C’est aussi intéressant de la voir en dehors des terrains où elle joue un rôle de capitaine du navire. Elle dégage sérénité, calme et protection. Parfois, elle faisait face au besoin d’aller s’hydrater. La preuve ? Elle a été titulaire à toutes les rencontres mais a été remplacée à quatre reprises avant l’heure de jeu. Seules les milieux de terrain de la Tunisie ont eu le malheur de subir pendant 90 minutes le jeu teigneux de Safie Sagna.
Jeannette Sagna
Formant un duo Sagna – Sagna avec Safie au début de la CAN, la costaude milieu défensive sénégalaise réalise une compétition avec des hauts et des bas. Elle n’avait pas mal joué son rôle de récupératrice. Face à l’Ouganda, Jeannette aura été d’une importance capitale pour museler l’entre-jeu des Crested Cranes. Même prestation contre le Burkina Faso. Surprise la concernant ? Après avoir été titulaire lors des deux premiers matchs et disputé l’intégralité des minutes, a démarré sur le banc lors des derniers matchs. Cela n’enlève en rien ses bonnes 253 minutes qu’elle aura jouées dans cette CAN.
Ndeye Awa Diakhate
Elle aura réalisé un parcours en demi-teinte. « Eva Neymar » se perdait parfois dans la tactique imposée par le sélectionneur. On n’ignore si c’est uniquement par sa faute, mais même son repositionnement au poste de milieu extérieur gauche contre la Tunisie, plutôt qu’une position de meneuse de jeu lors des précédents matchs, ne l’a pas aidé à hausser le niveau. Néanmoins, ses prestations n’enlèvent à rien qu’elle est devenue à tout jamais la première. C’est simple, « NAD » est rentrée dans les annales du football féminin sénégalais en devenant la première Lionne buteuse dans l’histoire d’une CAN, en marquant sur un penalty contre Ouganda. Ce n’est pas rien.
Cependant, Awa Diakhate, n’a pas connu une CAN flatteuse à l’instar de sa notoriété. Le numéro 10 du Sénégal, qui devait jouer un rôle principal en organisant le jeu et assurant d’être la métronome, n’a pas véritablement donné du fil à retordre aux adversaires. Elle a, contre toute attente, réalisé un tournoi assez moyen. Pas également aidée par son tir au but manqué contre la Zambie. Par contre, la nouvelle meneuse de jeu de l’Olympique de Marseille a fourni beaucoup d’efforts sur le plan défensif notamment ses ballons récupérés. Elle a été celle qui souhaitait souvent poser la balle au sol. Son meilleur match était sans doute face à L’Ouganda.
Jeanne Coumba Niang
Elle a pu disputer ses premières minutes dans cette CAN contre le Maroc. Titularisée au poste d’ailier droit, elle n’a pas été flamboyante comme on pouvait s’attendre. De retour en tant que titulaire contre la Zambie, Jeanne Coumba se déclasse à nouveau et n’apportera pas grand-chose au jeu offensif des Lionnes. Au total, elle enregistre 155 minutes de jeu pas à la hauteur.
Bineta Seck
Titulaire pour la première fois dans cette compétition contre la Tunisie, la pensionnaire de Dakar Sacré-Cœur, capable de mettre de l’intensité quand il le faut, a beaucoup pesé sur le jeu sénégalais face aux Aigles de Carthage. Comme à son habitude lorsqu’elle faisait ses entrées en jeu, quitte à écraser la cheville d’une adversaire, elle n’hésitait pas d’aller très fort au contact. Par ailleurs dans la sélection junior, Bineta Seck représente le présent et le futur de la sélection.
Hapsatou Malado Diallo
C’est la surprise de l’effectif sénégalaise. Si jeune mais si précieuse, très précieuse. La joueuse de 17 ans aura apporté sa pierre à l’édifice, ce qui n’était pas évident au vu de son jeune âge. Mieux, Hapsatou, nominée parmi les espoirs du football africain, a créé pour le Sénégal deux penalties qui ont été lucidement exécutés par Ndeye Awa Diakhaté et Korka Fall. Avec 271 minutes disputées, elle a brillamment joué sa partition. Malgré des derniers matchs poussifs, la Championne du Sénégal avec l’USPA est d’ailleurs notre 3e meilleure joueuse sénégalaise dans ce tournoi.
Salimata Ndiaye
Elle a pris part à un seul match et c’était face au Maroc. Une prestation en demi-teinte sur son côté droit. Elle a été un peu secouée par les attaquantes Marocaines. Mais la pensionnaire du Lycée Ameth fall, âgée de 26 ans, n’était pas dérisoire.
Mame Diarra Diouf
Tout comme Salimata Ndiaye, elle a bénéficié de la décision de Mame Moussa Cissé de faire reposer son onze de départ type lors de la troisième journée pour connaître sa première titularisation. Des débuts plutôt réussis pour la joueuse championne du Sénégal cette année avec l’USPA, âgée de 27 ans.
Adja Edmée Diagne
Elle montrait qu’elle a le niveau pour aider son équipe à chaque occasion. Raison pour laquelle, elle a pris part à tous les matchs des Lionnes. Par ailleurs, Edmée a été titularisée par Mame Moussa lors de la dernière journée de la phase de groupes contre le Maroc. Une belle rencontre de sa part face, sans doute, au meilleur milieu de terrain de cette CAN. Très précieuse sur Ghizlane Chebbak notamment. La joueuse Lycée Ameth Seck a totalisé 177 minutes disputées.
Haby Baldé
Hormis un match plutôt abouti face à l’Ouganda, Haby Balde n’avait que rarement l’opportunité d’emballer son tournoi. On s’attendait à la voir plus tranchante que ça, surtout contre la Zambie où elle a pris la place de Hapsatou Malado Diallo en seconde période. Mais, hélas, son entrée en jeu n’aura pas apporté grand-chose. Dans son compteur, l’ailière a disputé 226 minutes sur 4 matchs des Lionnes. Elle n’a pas pris part de la dernière rencontre des Lionnes face à la Tunisie.
Mama Diop
Que dire des prestations de Mama Diop ? Certes elle n’a pas pu trouver le chemin des filets mais si l’on s’en tient à ce qu’elle a montré sur les différentes pelouses, elle aurait pu faire mieux. Placée à droite de l’attaque, la joueuse de l’Olympique de Marseille, qui avait manqué le premier match des Lionnes pour cumul de cartons, n’a pas su faire profiter à ses coéquipières de sa grosse palette technique. Elle a du mal à être constante, parfois trop nonchalante dans ses actions. Toutefois, ses replis défensifs étaient parfois très utiles. Globalement ses prestations n’ont pas pu être le top chez les tops. Elle a sereinement tout de même réussi ses deux tentatives lors des deux séances de tirs au but, face à la Zambie et contre la Tunisie.
Nguenar Ndiaye
Elle a fait une prestation qui fait l’effet « waouh ». Elle sort grandie de cette CAN. Elle s’est parfaitement fondue en attaque et a marqué 2 buts. Mais ce qui est loin d’être une paille avec cette footballeuse au petit gabarit et au visage très souriant, c’est son jeu sans ballon capable d’envoyer à la piscine une défenseuse ougandaise ou de casser les jambes les jambes d’une Tunisienne avec sa vitesse. Très attendue avant le coup d’envoi de cette édition, Nguenar Ndiaye a répondu présente. La sociétaire de Bourges Foot 18 a été stoppée par le virus du Covid qui lui a fait manquer la troisième journée contre le Maroc. Mais très vite, elle a regagné sa place titulaire et devenant un élément incontournable dans l’effectif de Mame Moussa Cissé. Petit de gabarit certes, mais très redoutablement en un contre un. « Femme du Match » contre la Tunisie pour boucler la boucle d’une CAN de rêve, Nguenar Ndiaye ne devrait pas avoir du mal à faire le saut dans un club plus huppé vu ses prestations de hautes factures. Notre deuxième Lionne dans cette CAN.
Korka Fall
Barrée par la concurrence, la meilleure buteuse de cette saison en championnat sénégalais n’a pas eu beaucoup d’opportunités pour s’expliquer davantage dans cette 14e édition de la CAN. Elle n’a jamais été frustrée. Avec seulement 115 minutes disputées, elle a su trouver la marque sur penalty contre le Burkina Faso. Elle envoie le Sénégal au tournoi de qualification pour le prochain mondial en exécutant le dernier tir des Lionnes. Elle s’est par ailleurs rachetée de la plus belle des manières, après son tir manqué face à la Zambie.
Astou Ngom
La pensionnaire de Cherbourg en France a seulement 89 minutes dans ses jambes sur trois matchs auxquels elle a pris part. Difficile donc de juger son tournoi. Bien que nous la féliciter pour son apport défensif pendant 55 minutes contre le Maroc. Dans le même registre qu’Astou Ngom, on retrouve les Coumba Mbodji, Pascaline Bassène, Astou Sy et GLadys Irene Dacosta. Les unes, à l’instar de Pascaline, ont eu la chance de jouer quelques bouts de minutes, les autres c’est zéro au compteur. Elles ne seront donc pas notées mais peuvent avoir les honneurs d’avoir gagné le droit de faire partie de ce groupe historique.
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