Amadou Gallo Fall, président de la Basketball Africa League était l’invité de l’AFRO CLUB qu’organise l’association nationale de la presse sportive. Les envoyés spéciaux à Kigali (Rwanda) ont échangé avec leur hôte sur l’AfroBasket 2021, des chances du Sénégal qui veut reconquérir le titre et de l’impact de la BAL dans les sélections africaines.
Comment trouvez-vous le niveau de l’AfroBasket 2021 ?
Je pense que le niveau du tournoi est bon. On voit des équipes qui émergent comme le Sud Soudan, l’Ouganda, le Kenya, la Guinée, entre autres. Dans le passé, on pouvait prédire le carré d’as de l’AfroBasket avec des équipes comme l’Angola, le Sénégal, la Centrafrique ou la Côte d’Ivoire, mais c’est impossible aujourd’hui.
Le basket africain se développe et certains pays s’investissent. Je peux citer l’Ouganda où je suis allé en 2015 dans le cadre des programmes de la NBA Africa. Il y avait déjà cet engouement pour le basket. C’est le pays le plus jeune du monde. Ils sont 40 millions d’habitants et les gens aiment le sport surtout le basket. (Ndlr : L’Ouganda a disputé son premier AfroBasket en 2015 et se retrouve cette année en quart de finale après avoir sorti le Nigeria).
Le Sud Soudan a juste 10 ans d’existence. Mais il progresse et la preuve aujourd’hui cette qualification en quart de finale avec une équipe jeune. C’est l’occasion de féliciter Luol Deng qui est allé prendre sa Fédération après sa retraite. Il s’est investi en étant président et coach. Il a qualifié l’équipe et a réorganisé le basket sud-soudanais. Il fait le même travail chez les filles.
Comment trouvez-vous l’équipe nationale du Sénégal ?
J’ai beaucoup de respect pour le travail qui est en train d’être fait par le staff technique des Lions, Boniface Ndong, Desagana Diop, Pabi Guèye et Makhtar Ndiaye. Ce sont des professionnels et ont la connaissance du haut niveau. Je donne aussi du crédit à Me Babacar Ndiaye et Moustapha Gaye qui ont donné la l’attitude aux techniciens de dérouler leur programme.
Le Sénégal a une équipe équilibrée et cela nous faisait défaut dans le passé. C’est un groupe de jeunes encadré par des anciens qui ont l’expérience de cette compétition. Il y a de l’énergie et cette jonction (jeunes – anciens) fait la force de l’équipe. Je suis là en tant que supporter des Lions. Je souhaite qu’on triomphe dimanche. L’équipe peut remporter le trophée, mais il faut aller l’arracher.
La BAL a eu de l’influence sur le choix des sélectionneurs dans la composition de leurs équipes pour l’AfroBasket. Comment appréciez vous cela et pensez vous à la possibilité d’augmenter le nombre de clubs participants pour donner plus d’opportunités aux jeunes joueurs?
La 1ère édition a révélé pas mal de bons joueurs. Je peux citer Mamadou Faye et Bamba Diallo de l’AS Douanes. Il y a aussi d’autres joueurs qui ont été séduisants. Cela montre l’impact de la BAL dans le futur de nos sélections africaines. Bamba Diallo est un universitaire et il a accepté de revenir au pays pour jouer dans le championnat local. Il a pu intégrer la sélection grâce à ses performances. C’est la même chose pour Mamadou Faye, produit du basket local, qui a rejoint l’AS Douanes après une aventure dans le Maghreb (ndlr : Faye jouait lors de la saison 2019-2020 en Algérie).
Ce qu’on veut c’est de pousser les jeunes à rester dans le continent. Ils peuvent jouer en Afrique sans tenter des aventures dans des pays où le basket n’existe même pas. Concernant le nombre des équipes, on a de nombreuses demandes. On peut passer à 24 si on veut aujourd’hui mais on veut parfaire le projet. On veut travailler de manière méthodique et on verra dans le futur.
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