Lions affamés, jeu séduisant, caractères, buts… étaient les termes qu’on pourrait retenir lors des deux dernières sorties de l’équipe nationale du Sénégal. Une nette amélioration, après avoir enchainé deux matchs « nuls » contre le Congo et l’Eswatini. Le Sénégal a renoué avec la victoire, tant mieux. Cependant, l’inefficacité constatée chez les avants-centres reste l’un des nouveaux chantiers d’Aliou Cissé.
On peut briller en club ne pas le faire en sélection ou voire l’inverse
Exactement 7 matchs soit plus de 630 minutes que les numéro 9 d’Aliou Cissé manquent d’inspiration devant les buts. Il faut remonter au 17 novembre 2019 pour retrouver la trace d’un but du profil typiquement avant centre. C’était contre l’Eswatini et Famara Diedhiou avait réalisé un triplé. « C’est vraiment un paradoxe que le Sénégal ait toujours eu autant d’attaquants qui brillent dans les divers championnats européens et font preuve d’inefficacités en équipe nationale« , se questionne le coach Vieux BA. Pour lui, le problème « est à la fois contextuelle, lie au jeu aussi bien sur le plan collectif qu’individuel. Pourquoi contextuel, parce que dès qu’on change d’environnement, de partenaire, tout cela est à prendre en compte. »
« On peut briller en club ne pas le faire en sélection ou voir l’inverse« , est l’avis de notre consultant. « Par exemple avec Giroud qui n’est même pas titulaire avec Chelsea et une fois en sélection de France il fait preuve d’une efficacité inouïe. »
ça doit reposer sur une animation collective bien rodée
Visiblement cette panne sèche ne date pas d’Aujourd’hui « par exemple lors de la CAN (2019) avec Mbaye Niang, on ne peut dire que c’est un problème lié au jeu parce qu’il s’est procuré énormément d’occasion mais il a surtout joué de mal chance, il a été très maladroit devant le but. Pour le cas de Mbaye Diagne on peut dire que s’est lié au jeu. »
Chez les attaquants, les profils sont différents si l’on se fie au technicien sénégalais. « Il y a des attaquants qui jouent, qui participent au jeu, qui créent des mouvements pour leurs partenaires. Mais, il y a d’autres qui sont des points de fixations, des joueurs de surface alors ce type d’attaquant c’est le jeu déployé par l’équipe qui doit les mettre en valeur, les mettre dans les meilleures situations et ça doit reposer sur une animation collective bien rodée et surtout avec beaucoup de centres au niveau de la surface de réparation. Malheureusement, c’est dans ce secteur que l’équipe nationale peine un tout petit peu, parce qu’on a pas des latéraux qui sont capables de mettre de bons centres dans la boite, souvent ils ratent la dernière passe. Les excentrés également, Ismaila Sarr quand il joue à droite, il doit faire des centres avec le pied droit qui n’est pas tellement son dada, il est mieux à l’aise à gauche. Avec Sadio à gauche, il se réplique c’est ça un peu le souci. »
Un attaquant ce n’est pas tout le temps de mettre des buts
Le positionnement aussi des excentrés n’arrange pas non plus les avants centres. « Quand on a des attaquants qui jouent sur leurs mauvais pieds souvent ils se répliquent, ce qui fait que les centres n’arrivent pas. On a l’impression que le jeu de l’équipe nationale du Sénégal ne met pas en valeur nos attaquants parce qu’il n y’a pas cette animation qu’on a notée lors des deux derniers matchs où on a senti quelque chose au niveau du jeu collectif et de l’animation offensive. Ce qui nous a valu 5 buts en deux matchs. »
Face à la Zambie (3-1) et contre le Cap Vert (2-0), si l’attaquant de pointe Boulaye Dia n’avait pas pu trouver le chemin des buts, c’est parce que, selon toujours Vieux Ba, le joueurs de Reims « avait beaucoup travaillé pour l’équipe ». « C’est à signaler, un attaquant, ce n’est pas tout le temps de mettre des buts. On se rappelle de Diouf (El Hadji). Le formidable travail qu’il faisait avec les Lions et qui permettait de mettre en valeur nos milieux de terrain Salif Diao, Pape Bouba Diop et autres. »
on s’oriente de plus en plus vers un onze type maintenant
Toutefois, le sentiment d’optimisme anime l’ancien de Touré Kounda. Pour le cas de Boulaye Dia, notre consultant estime que l’attaquant devrait bientôt trouver la faille. « Je pense que ça va venir, parce qu’il n’est qu’à sa troisième rencontre avec les lions donc dès qu’il s’installera sur la peau d’un titulaire inamovible, il va gagner en confiance. Il faut le dire, souvent au poste d’avant-centre, ça change et ce qui fait que les joueurs ne sont pas tellement en confiance. Maintenant qu’on s’oriente de plus en plus vers un onze type, il y’aura beaucoup plus d’atome crochu, d’automatisme au niveau de la ligne d’attaque ce qui ne va pas tarder à rejaillir sur l’efficacité d’un de l’attaquant Dia ou Habib Diallo ultérieurement. »
Le joueur a besoin d’être bien dans sa tête
Le facteur de la concurrence n’est pas à bannir dans l’effectif de Cissé qui depuis son arrivée essaie plusieurs prototypes d’avants centres. « Y’a un peu de concurrence en attaque, Boulaye DIA, Famara éventuellement, Sima, ce qui fait que quand qu’on ne se démarque pas dans la peau d’un titulaire inamovible et ça peut jouer. Le joueur a besoin d’être bien dans sa tête et d’avoir de très bons repères avec ses partenaires. Pour revenir au jeu, en dehors de l’animation il y’a la qualité individuelle des joueurs qui font que le plus souvent on n’a pas de très bons passeurs au milieu de terrain pas ce « monsieur plus » au niveau de la passe. »
il faut un véritable travail
déséquilibre
En s’imposant contre la Zambie et le Cap Vert sur ses deux matchs amicaux à Thiès, le Sénégal a donné de bonne impression. « Peut-être maintenant on commence un peu voir cette touche particulière avec Nampalys Mendy qui peut mettre des passes qui cassent des lignes pour progresser le bloc d’équipe. On a aussi un Pape Matar Sarr qui a cette qualité technique pour pouvoir mettre de bons ballons. Donc à l’avenir, je pense qu’on aura plus ce problème et que cet attaquant fera cette différence parce que les balles lui arriveront dans de meilleurs conditions. Autre point à signaler, le Sénégal contre les blocs bas, souvent, où il n y’a vraiment pas d’espace donc le plus souvent on abuse avec les longs ballons. C’est un peu du jeu direct puisque c’est difficile de jouer contre les blocs bas. Il faut un véritable travail déséquilibre et tout cela a été décrié lors des précédents matchs et le coach y a beaucoup travaillé durant cette fenêtre internationale. On commence à voir des choses qui bougent et c’est de bon augure. »
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