
« Les autres vont attendre la veille, ou le jour-même, pour nous bousculer ; et cela est déplorable pour une compétition qui en est à sa 37e édition », a souligné André Mathieu, directeur de la course et secrétaire général de la Fédération sénégalaise de sports auto moto (Fsam). Au point de se poser la question de savoir si cette compétition ne va pas tomber dans l’ordinaire, puisque selon un communiqué reçu de la Fsam, le grand Critérium Open des 6h de Dakar sera orphelin cette année de la participation étrangère ; car ni l’armada belge encore moins les pilotes venant de l’hexagone ne seront de la partie, en raison d’un calendrier chargé pour les uns ou des engagements pris ailleurs.
Cependant, les organisateurs peuvent toujours se réjouir d’accueillir un plateau relevé de 18 voitures qui vont animer le week-end des sports mécaniques. Avec en tête le recordman absolu des 6h, Nagy Kabaz, 9 fois vainqueur de l’épreuve dont 4 consécutifs, Jean Azar (3 fois vainqueur), en passant par Walid Ezzedine, Kamil Rahal, Mbaye Kâne Lô, Sibérou Dieng sans oublier le retour de la grande dame du sport mécanique féminin, Abibatou Fall. De quoi retenir en haleine et durant deux jours le nombreux public qui prendra d’assaut le circuit Dakar-Baobab de Sindia. Cette année, les deux roues en seront à leur seconde participation ; l’expérience de l’année dernière a été concluante et les organisateurs l’ont reconduite.
Mais avec quelques réaménagements, puisque de l’avis d’André Mathieu, un tri sera fait cette année. « La seule chose que nous avons modifiée, ce sont les deux roues, compte tenu de la difficulté que nous avons eu à gérer cette catégorie l’année dernière. En 2016, il y en avait beaucoup et nous avons décidé de faire un tri préalable », a dit Dédé Mathieu. Si l’expérience des motos et scooters a été reconduite, c’est parce qu’elle répond à une forte attente des pilotes des deux roues qui manifestent un grand besoin d’en découdre en toute sécurité et selon des règles bien établies, mais aussi surtout un public très passionné et mobilisé autour des différentes teams. Ainsi, quatre catégories se disputeront les titres. Les 180cc, les 200 et 250cc, les T-max qui sont très prisés par le public et les routières de 0 à 750 et de 750 et plus. « Dans ces quatre catégories-là, nous n’en prendrons que 15 inscrits dans chaque catégorie. Ce qui nous fera 60 participants avec une élimination, le samedi, de 5 par catégorie ; ce qui fait que le dimanche nous aurons 40 motos en course dans les quatre catégories. Notre but aujourd’hui, c’est d’amener justement chez les pratiquants des deux roues à comprendre que dans une compétition, il y a des règles, il y a de la discipline. Et je vois que tout le monde s’est plié à cette règle », a estimé Dédé Mathieu.
Combien de concurrents pour les 4 roues ?
A quelques jours du début des 6h de Dakar, André Mathieu est très remonté contre les pilotes des 4 roues ; et à juste raison d’ailleurs car on ne peut pas comprendre que pour une compétition de cette envergure, que les pilotes traînent toujours les pieds pour s’inscrire. « A la minute où nous parlons, il n’y a que deux inscrits qui ont payé leur engagement. Cette fois-ci nous serons intraitables, tous ceux qui auront dépassé la date limite paieront les pénalités de retard. Les gens doivent comprendre qu’au moment où nous essayons de mettre en place des compétitions de deux roues pour montrer la discipline, nous ne devons pas nous-mêmes traîner les pieds dans notre spécialité que sont les 4 roues pour lesquelles nous avons consenti beaucoup de sacrifices pour leur notoriété », a indiqué Dédé Mathieu.
Selon lui, le sport mécanique a l’avantage aujourd’hui d’avoir un circuit moderne qui répond aux normes internationales. « Donc la mise en place est déjà là ; mais le problème c’est que lorsque nous organisons, nous avons besoin de moyens. Ces moyens, il faut aller les chercher et lorsque vous allez voir un sponsor, il vous demande combien vous allez avoir de voitures. Vous êtes incapables de lui répondre, là il ne vous donne rien. Les pilotes viennent vous dire que vous ne faites pas assez de publicité ; mais pour faire de la publicité il faut qu’on sache d’abord combien vont courir. Mais les pilotes mettent toujours les choses à l’envers.
A l’époque, le programme que nous tirions avant la course, avait sur chaque page le nom, la photo et le palmarès du pilote. Aujourd’hui, nous ne sommes pas capables de sortir ce document-là. On est à quatre jours de la course, l’imprimeur est en train de sortir le programme alors qu’on n’a ni photo, ni engagement, ni signature. Malheureusement, les pilotes trouvent cela tout à fait normal ; quand vous les interpelez, cela ne les dérange même pas. Au contraire, je pense qu’ils prennent plaisir à nous embêter. Cela est un mauvais esprit. Car c’est maintenant qu’on a un circuit que rien ne marche. Quand nous avions l’autoroute tout le monde se plaignait parce qu’il n’y avait qu’une seule course par an, mais nous avions des voitures au départ et de grandes courses. Aujourd’hui que nous avons un circuit à notre disposition, ça ne fonctionne pas », a-t-il déploré.
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