
En tout cas, dans ce Tour 2017, la situation n’est pas à l’optimisme, même si par ailleurs au plan sportif tout se passe bien. Et après quatre étapes, le bilan sportif à mi-parcours est plus que satisfaisant. Le Tour a été bien accueilli à Thiès, Saint-Louis, Pire. Sa popularité est toujours intacte. Kaolack attend avec ferveur la caravane sans oublier Joal qui s’est toujours montré à la hauteur ; idem pour Ngaparou. Mais dans les coulisses du Tour, les langues se délient sur l’hébergement principalement. Une situation que les délégués prennent avec philosophie sachant par ailleurs que le directeur du Tour est seul dans cette organisation. Avec de rares soutiens ou aides qui ne peuvent pas satisfaire la forte demande. Et c’est un directeur du Tour très amer qui a présenté la situation. « Je lance un appel à tout le monde car comme je l’ai toujours dit, le Tour du Sénégal n’est pas le Tour de Michel Thioub.
D’ici quelques années, je ne serai plus là ; peut-être que ce sont d’autres qui seront là. Donc je leur dit qu’en m’aidant, ils s’aident eux-mêmes. S’ils ne m’aident pas, je tombe avec le Tour et c’est le Sénégal qui perd un outil de communication et de tourisme », a-t-il déploré. Face aux difficultés financières répétitives, Michel Thioub s’est voulu clair. « Chaque année, les mêmes choses se répètent, les mêmes choses reviennent sans que personne ne lève le doigt. Les cyclistes sénégalais avaient même menacé d’abandonner car n’ayant reçu aucune aide ni soutien. Ils m’ont demandé des per diem et même des médicaments. Mais il n’y a rien qui puisse les soulager. Ça fait très mal et je pose même la question de savoir si je ne vais pas arrêter cette année. Je suis fatigué et lessivé ; moralement et physiquement, j’ai touché le fond. Surtout quand les finances ne suivent pas », a-t-il souligné.
Hier, le patron du Tour du Sénégal s’est déplacé sur Dakar afin de voir du côté du ministère des Sports, ce qu’il y a lieu de faire pour débloquer la situation.
SUMBU MASALA MATTHYS PIERRE COACH CONGO R.D.C : « Les gouvernements doivent aider dans l’organisation »
Thiès : La Rd Congo qui prépare son Tour en mi-juin, trouve en celui du Sénégal une belle opportunité de peaufiner ses armes. Même si jusqu’ici, les coureurs congolais n’ont pas montré grand-chose, ils ont décidé de disputer des compétitions difficiles comme le Tour du Sénégal, comme l’a souligné leur directeur sportif Sumbu Masala Pierre. « D’ailleurs, beaucoup de pays ne sont pas venus parce que le niveau est très relevé. Nous nous sommes venus parce que nous voulons que nos jeunes aient quelque chose dans les jambes d’ici le mois de juin. C’est vrai que nous n’avons pas encore vu nos cyclistes, mais ça viendra avant la fin du Tour », a-t-il dit.
Le fait que ses éléments soient classés 30 ou 31e n’altère en rien son optimisme car, à son avis, cela démontre qu’ils sont bons devant des équipes européennes. « Dans ce genre de compétition avec cinq ou six équipes européennes, cela n’est pas rien. Et parmi les Africains noirs, on est 2e derrière le Sénégal. Vous savez, chez nous, c’est un peu dur parce que nous avons au moins une compétition par trimestre. Mais des pays comme le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, ont au moins 16 compétitions par mois. Donc leurs conditions alimentaires sont différentes des nôtres. Ils savent ce qu’ils doivent manger pour la récupération, avant la compétition. Donc le cyclisme est fait pour le blanc, mais nous nous efforçons de faire comme eux afin d’avoir le même niveau. Et il faut s’attendre à voir une équipe africaine prendre part au Tour de France », a-t-il indiqué.
Selon lui, les coureurs congolais vont s’améliorer dans ce Tour 2017 car l’année dernière, ils avaient réalisé des performances. « On est là et fier de participer à ce Tour 2017 avec quatre coureurs car le cinquième a cassé son vélo. On vient du Tour du Togo où on s’est classé 2e derrière les Pays-Bas. Pour moi, je vois que le niveau est bon sauf que le Sénégal a régressé, par rapport à l’année dernière. Mais je crois qu’ils manquent de préparation et de ce point de vue, le gouvernement doit les aider à mieux préparer leurs compétitions. Les gouvernements doivent aider dans l’organisation, ils doivent même être au devant afin que les choses marchent ».
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