
Mouhamed Samba a repris ses quartiers limougeauds en début de semaine en même temps que sa place dans un groupe usaliste sur la brèche depuis bientôt trois semaines. Sans lui, le guerrier sénégalais réquisitionné par la mère patrie comme chaque été depuis 2008.
« Trouver le bon équilibre »
« Il y a pas mal de nouvelles têtes. Ça bosse dans la bonne humeur, il y a de la joie. C'est bien », témoigne le flanker qui n'est pas soumis au même régime que ses partenaires. Un traitement de faveur, relatif, accordé par le staff de l'USAL à un joueur qui vient de disputer la Coupe d'Afrique des Nations (Groupe B) en Ouganda avec les Lions de la Téranga dont il est le nouveau capitaine. En période de ramadan que Mouhamed Samba observe depuis l'adolescence.
Avec trois rencontres en huit jours sous de fortes températures, l'expérience s'est avérée particulièrement éprouvante sur le plan physique. « Il faut trouver le bon équilibre entre la dévotion spirituelle et la gestion de son corps », note l'intéressé que les circonstances ont poussé à mettre le jeûne entre parenthèses. « On ne doit pas mettre en péril sa santé. Les années précédentes, j'ai essayé de concilier ramadan et préparation physique. J'ai renoncé car c'est difficilement compatible », poursuit Mouhamed Samba qui « se mettra à jour » d'ici la fin de l'année.
Comme à chaque fois, l'homme avoue avoir encore « beaucoup appris sur [lui-même] », « repoussé [ses] limites ». Un vécu dont son corps et son mental se rappelleront dans quelques semaines quand il faudra puiser dans ses réserves ou bien encore aller gratter un ballon au c'ur des regroupements.
La voix du sage
Ces derniers jours ont forgé davantage encore la sagesse du guerrier sénégalais dans ses nouvelles fonctions de capitaine déjà exercées à l'USAL. Mais jamais avec les Lions de la Téranga. « Jouer pour le Sénégal a toujours été une immense fierté, clame le 3 e ligne à la vingtaine de sélections. C'est le pays qui m'a vu naître et grandir, où mes parents vivent toujours ».
Élevé au rang de capitaine pour assurer le passage de témoin entre deux générations, Mouhamed Samba, bientôt 30 ans, a fait de son mieux sur les champs de bataille ougandais où ses troupes ne luttaient pas à armes égales avec le pays hôte. « Notre objectif, comme l'Ouganda, était la première place pour accéder au Groupe A de la CAN, explique le Limougeaud. On gagne facilement notre premier match contre l'Île Maurice. Mais contre le Botswana… ».
La rencontre a tourné au sketch. Les décisions – pas moins de quatre essais refusés – des juges de touche… ougandais ne priveront pas les Sénégalais d'une victoire. Mais elles les feront sortir d'une compétition achevée à la 3 eplace… « Il y a eu un grand sentiment d'injustice », note Mouhamed Samba qui n'en dira pas plus.
Le discernement sans doute d'un joueur « ressorti grandi » de cette quinzaine et pressé d'enfiler à nouveau le bleu – et rouge – de chauffe avec l'USAL. « Même s'il y a un peu de déception de ne pas pouvoir jouer la montée, on se doit de réaliser une bonne saison, de consolider les fondations pour la suite », avance-t-il d'une voix douce. La voix du sage.
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