Le Collectif des défenseurs de l’hippisme sénégalais a tenu une conférence de presse ce lundi, dans la salle de conférence du Stade Léopold Sédar Senghor. Devant une salle remplie et en présence d’acteurs venus de différentes localités du pays, notamment de Mbacké, Darah, Kaolack , du Fouta etc, les intervenants ont évoqué plusieurs préoccupations liées à l’avenir de l’hippisme sénégalais.
Parmi les principales questions soulevées figure la gouvernance du secteur. Pour les membres du collectif, l’hippisme doit être dirigé par des personnes qui connaissent réellement le milieu et ses réalités. Ils estiment ainsi que les futurs responsables doivent être issus du secteur et avoir une connaissance de l’ensemble de la chaîne qui gravite autour des courses hippiques. « La raison de cette conférence, c’est de discuter pour éclaircir notre avenir, pour savoir où l’on va, quelque chose qui pourra nous servir et servir le monde de l’hippisme », a expliqué Souleymane Diagne, propriétaire.
Selon lui, l’hippisme ne concerne pas uniquement les propriétaires de chevaux. Il englobe également les éleveurs, les entraîneurs, les assistants, les jeunes qui travaillent dans différents métiers liés aux courses ainsi que de nombreuses autres personnes qui dépendent directement ou indirectement de cette activité. « On ne peut pas parler de course sans parler de propriétaires, d’éleveurs et autres. L’hippisme, ce sont les personnes qui sont dans le milieu qui doivent le diriger, c’est eux qui le connaissent », a-t-il ajouté.
La situation des hippodromes régionaux au cœur des préoccupations
Le collectif a également évoqué la situation des hippodromes situés en dehors de Thiès. Les intervenants ont notamment regretté que l’hippodrome de Thiès accueille désormais une grande partie des courses, alors que d’autres infrastructures régionales connaissent des difficultés. Le cas de Mbacké a particulièrement été cité. Selon les défenseurs de l’hippisme présents à la conférence, l’hippodrome de la localité serait aujourd’hui dans une situation préoccupante, avec un risque de disparition progressive de l’infrastructure. Les acteurs présents ont ainsi appelé à une meilleure prise en compte des hippodromes régionaux et à une organisation permettant aux différentes localités de continuer à jouer leur rôle dans le développement de l’hippisme sénégalais.
Le collectif conteste l’existence d’une dette de 50 millions FCFA
La question de la gestion financière du secteur a également été abordée. Badou Ndiaye a notamment réagi aux informations faisant état d’une dette de 50 millions de francs CFA qui aurait été laissée par l’ancienne équipe dirigeante du Comité national de gestion des courses hippiques. Selon lui, ces accusations seraient infondées et auraient contribué à alimenter les tensions autour de la gestion précédente. « Il plane partout que le défunt comité a laissé une ardoise, une dette de 50 millions FCFA. C’est ça qu’on voulait clarifier au nom de l’opinion, pour que les uns et les autres sachent de quoi il s’agit exactement. Ces allégations sont infondées », a déclaré Badou Ndiaye. Le collectif entend ainsi apporter sa version sur cette question et défendre le bilan de la gestion menée sous la présidence de Lamine Diop et son équipe.
Des inquiétudes autour de l’avenir des courses
Les participants ont également évoqué le calendrier des courses et les périodes durant lesquelles les chevaux restent sans compétition. Souleymane Diagne a notamment souligné les conséquences de ces périodes pour les propriétaires et les personnes chargées de l’entretien des chevaux. « On peut dire que les chevaux courent six mois et se reposent six mois. Et pendant ces six mois, il y a de la fatigue comme du bonheur, et ce sont des choses dont on doit parler », a-t-il expliqué. Autre sujet de préoccupation soulevé lors de la conférence : la perspective, évoquée par les acteurs, de voir les courses hippiques être réservées aux chevaux pur-sang à partir de 2029. Une éventualité à laquelle les défenseurs de l’hippisme sénégalais disent s’opposer, estimant qu’une telle mesure pourrait avoir de lourdes conséquences sur la pratique actuelle et sur une partie des acteurs qui vivent de cette activité. À travers cette conférence de presse, le Collectif des défenseurs de l’hippisme sénégalais entend ainsi ouvrir le débat sur l’avenir de la discipline, sa gouvernance et son organisation, tout en alertant sur les différentes difficultés auxquelles le secteur est confronté.
wiwsport.com






















