Les journées se suivent et se ressemblent pour l’Us Ouakam. C’est même devenu une lapalissade de dire que l’équipe a perdu un match. Tellement, elle a habitué les observateurs du ballon rond à enchainer les revers. Actuellement en queue de peloton mais avec sept matchs en retard, l’équipe championne du Sénégal en 2011 affiche au compteur 3 matchs nuls et 10 défaites. Le record de matches perdus en une saison (17 défaites) est détenu, depuis le lancement du championnat professionnel, par l’Assur (ex Css) en 2013.
Après 13 matchs disputés et seulement trois buts inscrits (contre Linguère, Douanes et Ndiambour), les Ouakamois ne voient pas encore la vie en rose. Pis, leur retour en Ligue 1 est en train de virer au cauchemar. Pouvait-il en être autrement ? Cet enchainement de mauvais résultats laissent même apparaître le spectre d’une relégation. Une situation qui ne surprend personne. Déjà, avec leur réintégration prématurée dans l’élite suite à leur exclusion de toutes compétitions pendant cinq ans ainsi que leur rétrogradation en Ligue régionale à l’issue de leur suspension, les Ouakamois apparaissaient, pour beaucoup d’observateurs, comme l’un des favoris pour la descente. Et pourtant, juste après la décision du Tas demandant leur réintégration en Ligue 1, leurs dirigeants qui donnaient la position officielle du club au cours d’un point de presse, avaient clairement expliqué que l’Uso, en faisant appel au Tas le 2 octobre 2017, savait qu’elle allait obtenir gain de cause. Et qu’ils avaient aussi prévu plusieurs scénarii pour rendre possible cette réintégration. Mais, ce retour devait, au préalable, se faire avec des mesures d’accompagnement. Toujours est-il que le club ouakamois a pris le train en marche après neuf journées de championnat. Avec la victoire qui tarde toujours à pointer le bout de son nez, c’est plutôt la soupe à la grimace du côté des dirigeants, de l’encadrement technique, des joueurs et des supporters. Et la fringale risque de durer encore et encore. En effet, les Ouakamois, malgré trois nuls arrachés contre Teungueth Fc (0-0), Dakar Sacré Cœur (0-0) et Douanes (1-1), n’ont jamais été dans le coup.
Largement distancée, l’Uso (3pts) qui compte 17 points de retard sur Ngb (12e, 20pts), premier non relégable, entrevoit de plus en plus la Ligue 2. Et en regardant cette équipe jouer et à la vue de ses prestations très moyennes voire insuffisantes, on se demande comment elle pourrait bien rester dans l’élite la saison prochaine.
En grave crise de résultats et avec une identité de jeu inexistante, les Ouakamois, loin d’être flamboyants, ont encore livré dimanche dernier (20e journée) une prestation insipide face à Sonacos. « Par rapport à la physionomie du match, on fait des erreurs pardonnables pour ceux qui les commettent parce qu’on ne prend pas de but sur des actions de jeu, mais sur des fautes de concentration. On a aussi un problème d’efficacité offensive ». Aveu d’impuissance de l’entraineur, Lamine Dieng. Selon le technicien, l’approche du jeu est bonne, mais c’est dans la finition que l’équipe a des problèmes. De même, indique-t-il, le club n’a pu trouver un attaquant à la mesure de ses ambitions. Normal, vu que l’équipe n’a inscrit que trois buts (contre Linguère, Ndiambour et Douane). Il s’y ajoute aussi un problème de niveau des joueurs, car la plupart découvrent le championnat cette année. « On perd des matchs depuis plusieurs journées et c’est un peu découragement », note-t-il. Malgré cette situation, le technicien se dit optimiste. « Bien qu’on n’ait pas gagné, on a bon espoir pour la suite », assure-t-il.
La vérité est que l’Uso n’a jamais été prête pour réintégrer l’élite. Entre la décision du Tas rendue le 17 janvier 2018 et son premier match disputé le 28 janvier contre la Linguère, le club ne pouvait pas bâtir une équipe compétitive à même de rivaliser avec les autres qui avaient déjà neuf matchs dans les jambes. Surtout que ses joueurs étaient tous partis monnayer leurs talents ailleurs. Résultat de la course, les Ouakamois sont aujourd’hui dans une position très délicate. Ils continuent encore de croire à un miracle. Mais, en attendant qu’il arrive, le cauchemar continue.
Le Soleil








