Au centre de la polémique avec l’instance dirigeante du football qu’il dirige, Patrice Motsepe est sorti du silence ce mercredi soir après la décision scandaleuse du jury d’Appel de la CAF de retirer la Coupe au Sénégal au profit du Maroc.
Le Président de la CAF a validé la sentence et donne rendez-vous après la décision du TAS auprès duquel le Sénégal a introduit un recours. À quoi devrions-nous attendre si au lendemain de la finale de la CAN, la CAF et Motsepe n’avaient pas félicité le Sénégal pour son sacre.
La déclaration de Patrice Motsepe (Président CAF)
« J’ai été informé de la décision rendue par la Commission d’Appel de la CAF concernant l’appel du Maroc relatif au match de la finale de la CAN Maroc 2025 et j’ai précédemment exprimé ma profonde déception face aux incidents survenus lors de cette finale. L’élément le plus important concernant ce qui s’est produit lors de ce match est que cela compromet le travail considérable accompli par la CAF pendant de nombreuses années pour garantir l’intégrité, le respect, l’éthique, la bonne gouvernance ainsi que la crédibilité des résultats de nos matches de football.
Les événements et incidents survenus lors de la finale de la CAN Maroc 2025 mettent en lumière le travail qu’il reste à accomplir face aux soupçons et au manque de confiance. Il s’agit d’un héritage du passé.
Lorsque je suis devenu président, l’une des préoccupations majeures concernait l’impartialité, l’indépendance et le respect des arbitres ainsi que des commissaires de match et beaucoup de progrès importants ont été réalisés, mais il subsiste encore une certaine méfiance en raison de cet héritage. C’est une problématique qui existe depuis de très nombreuses années et que nous continuons de traiter car cela est essentiel. Un autre point important mis en évidence par les incidents de cette finale concerne l’indépendance et le respect de nos instances judiciaires.
Dans la sélection des membres de nos instances judiciaires, nous avons adopté une approche différente, distincte de celle qui prévalait auparavant. Nous avons invité chaque association membre ainsi que chacune des six zones régionales de la CAF à proposer des noms de juges reconnus et d’avocats respectés, car il est essentiel que les décisions de notre Commission de discipline, la Commission de discipline de la CAF, ainsi que celles de la Commission d’Appel de la CAF soient perçues avec le respect et l’intégrité qui sont fondamentaux pour nous. Ainsi, si vous examinez la composition de ces instances, vous constaterez qu’elles regroupent certains des juristes et magistrats les plus respectés du continent.
Nous devons encore continuer à traiter les perceptions et les préoccupations liées à l’intégrité. Il s’agit d’un travail de longue haleine. À la CAF, nous sommes très pleinement engagés à garantir non seulement la qualité de nos actions, car nous avons mis en place les meilleures pratiques, mais aussi à identifier des juges et des avocats issus de chaque région, de chaque zone et des 54 pays africains afin de nous assurer qu’il s’agit de personnes intègres disposant d’une expérience reconnue. L’indépendance se reflète également dans les décisions prises par les deux instances. La Commission de Discipline de la CAF a rendu une décision. La Commission d’Appel de la CAF a adopté une position totalement différente.
J’ai également été informé que le Sénégal envisage de faire appel, ce qui est très important. Chacune des 54 nations africaines a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts, non seulement au plus haut niveau en Afrique, au sein de la CAF, mais également devant la plus haute juridiction, le Tribunal Arbitral du Sport. Et nous nous conformerons et respecterons la décision qui sera prise au plus haut niveau.
Un principe essentiel est qu’aucun pays africain ne sera traité d’une manière plus privilégiée, plus avantageuse ou plus favorable qu’un autre pays du continent africain. Nous prenons très au sérieux ce qui s’est produit lors de la finale disputée au Maroc pendant la Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025. Nous avons déjà engagé des mesures importantes afin de veiller à ce que les domaines identifiés comme présentant des insuffisances et nécessitant des améliorations fassent l’objet des réformes nécessaires.
Nous nous imposons des standards très élevés. Il est essentiel pour nous que les supporters et les spectateurs ordinaires dans chacun des 54 pays africains, selon leur propre jugement — et non celui de la CAF ou le mien — considèrent les décisions de nos instances judiciaires comme justes, intègres et impartiales. Il est tout aussi important qu’ils considèrent nos arbitres, nos opérateurs VAR et nos commissaires de match comme des personnes équitables et justes. Les décisions qui sont prises doivent refléter l’impartialité et l’indépendance qui sont absolument essentielles. »
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