La polémique ne retombe pas. Deux mois après le sacre du Sénégal à la CAN 2025, la décision de la CAF de retirer le titre aux Lions continue de susciter une vive indignation. Interrogé par Ouest-France, Alain Giresse n’a pas mâché ses mots.
Ancien international français, mais aussi entraîneur expérimenté sur le continent africain, le technicien dénonce une décision « scandaleuse ». « Parce qu’on s’appuie sur les règlements que l’on épluche au centimètre près, mais les Sénégalais ont déjà été sanctionnés avec de grosses amendes et des punitions. Là, on reporte les sanctions uniquement sur l’aspect sportif », a déclaré l’ancien sélectionneur des Lions.
Mais au-delà de l’aspect réglementaire, c’est surtout l’analyse de la finale qui fait bondir Giresse. Revenant sur une rencontre « très particulière », marquée notamment par des tensions et des incidents de jeu, il estime que les Sénégalais ont été les principaux impactés. « Deux mois après, ces messieurs de la CAF, les grands manitous du football, considèrent que les Sénégalais, en sortant du terrain, auraient perturbé les Marocains pour qu’ils perdent le match. C’est quoi ces conneries ? Qui, dans cette finale, qui a été très particulière, avec l’histoire de la serviette en plein match, et dans laquelle on a laissé ce pauvre arbitre se débrouiller tout seul, a le plus subi psychologiquement ? C’est le Sénégal. Et malgré ça, on considère que c’est le Maroc qui a le plus souffert, c’est d’une débilité sans nom. »
Pour Giresse, ce retournement de situation dépasse le simple cadre sportif. Il estime qu’il porte atteinte à l’image du football africain et s’interroge sur la crédibilité de la CAF. « Quand je vois ce que représente le football en Afrique, la CAF pense vraiment améliorer l’image du football africain avec cette décision ? Elle va être fière de quoi ? Elle pense qu’elle va ressortir grandie en montrant qu’elle a été très rigoureuse dans l’application des règlements ? Il faut du bon sens et il n’y en a pas. Après les premières sanctions, cette décision, c’est le coup de grâce pour les Sénégalais, c’est presque comme à la corrida. On les a bien tapés et, pour finir, boom ! Ça ressemble à de l’acharnement », a-t-il ajouté.
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