Ils sont sept. Sept hommes, sept trajectoires, sept ambitions pour un seul fauteuil : celui de président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). À quelques semaines d’un scrutin capital pour l’avenir du football sénégalais, les lignes bougent, les coalitions se forment, les visions s’affichent. Entre continuité, rupture et promesses de renouveau, voici ce que nous savons des candidats à la présidence.
Augustin Senghor : l’héritier des acquis
Candidat à un cinquième mandat, Augustin Senghor se présente en tenant du bilan. Parrainé par l’US Gorée, le club qu’il dirige, il mise sur les acquis engrangés sous sa présidence : sacres continentaux, qualifications régulières à la Coupe du Monde, et une administration fédérale qu’il présente comme maîtrisée. Son discours est celui de la consolidation. Selon lui, le Sénégal doit continuer sur sa lancée pour asseoir sa stature continentale et mondiale.
Mady Touré : le retour du réformateur
Président-fondateur de Génération Foot, Mady Touré effectue sa troisième tentative après celles de 2013 et 2021. Porté par un discours de rupture, il propose une refondation du système avec pour slogan « Ensemble pour le changement du football sénégalais ». Cette fois, il arrive avec des soutiens solides. Babacar Ndiaye, président de Teungueth FC et candidat malheureux à la Ligue Sénégalaise de Football Professionnel, a officiellement parrainé sa candidature. Il est aussi soutenu par Jamil Faye, président de Jappo Olympique de Guédiawaye, autre figure influente du paysage footballistique local.
Ablaye Fall : la stratégie de coalition
Président de l’AS Bambey et de la ligue régionale de Diourbel, Ablaye Fall incarne une autre forme d’unité. Bien avant sa déclaration officielle, il a bénéficié d’un soutien formalisé par un communiqué signé conjointement par Cheikh Seck du Jaraaf et Elimane Lam. Son camp a également reçu l’adhésion publique d’Ablaye Sow, vice-président de la FSF sortante. Ancien trésorier général, Fall est également connu pour ses engagements comme parrain de plusieurs événements sportifs. Il construit sa candidature autour d’un ancrage régional et d’un réseau bien structuré.
Aliou Goloko : la voix de la banlieue
Journaliste de formation, conseiller en communication de joueurs et média officer à la Confédération Africaine de Football, Aliou Goloko se lance dans la course avec un programme axé sur le renouveau. Originaire de la banlieue dakaroise (Pikine, Guédiawaye, Diamaguène), sa candidature est parrainée par le bloc 16 de Diamaguène. Il entend incarner un football plus inclusif, réconcilié avec ses bases populaires et libéré des pratiques jugées obsolètes.
Moustapha Kamara : le juriste du ballon rond
Docteur en droit du sport, membre de la commission juridique de la FSF, président du Coton FC de Tambacounda, Moustapha Kamara est un fin connaisseur des arcanes juridiques du football. Spécialiste des litiges et des questions contractuelles liées au mercato, il se positionne comme l’homme du renouveau réglementaire. Il veut faire de la FSF une institution rigoureuse, gouvernée par les textes et tournée vers un développement équitable.
Abdou Thierry Camara, dit « Titi Camara » : la surprise créative
Documentariste reconnu pour son film Dans la tanière des Lions sur la préparation des Lions avant la Coupe du Monde 2002, Titi Camara est à la fois ancien joueur, responsable marketing, communicateur et mécène. À seulement 22 ans, son œuvre avait marqué les esprits, jusqu’à inspirer d’autres sélections africaines. Candidat atypique mais respecté, il bénéficie du parrainage de Demba Diop FC. Il veut incarner un football passionné, moderne et connecté à la société.
Oumar Ndiaye : la persévérance d’un homme de terrain
Vice-président de l’AS Yakaar de Rufisque, ancien président de la Renaissance sportive de Yoff, Oumar Ndiaye est un vétéran du football sénégalais. Après une candidature avortée en 2013, il revient à la charge. Son parcours traverse toutes les strates du football local, du mouvement navétane jusqu’au professionnalisme. Il a aussi été trésorier adjoint de la Ligue sénégalaise de football professionnel dans les années 2010. Sa candidature repose sur une longue expérience de terrain et une connaissance approfondie du tissu sportif sénégalais.
Une élection aux multiples enjeux
Le scrutin à venir ne se résume pas à une simple alternance ou à la reconduction d’un président. Il pose des questions profondes sur la gouvernance du football sénégalais : quelle place pour les clubs ? Quelle relation avec les joueurs, les ligues régionales, les supporters ? Quelle stratégie pour la formation, les infrastructures et la représentation internationale ?
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