
Est-ce parce que le Sénégal a bouleversé la hiérarchie au rang des nations africaines de handball féminin en décrochant une place en finale qu’il fallait absolument le sacrifier au bénéfice de la Tunisie ? Il y a anguille sous roche. Le jury d’appel de la Confédération africaine de handball (CAHB) a disqualifié la joueuse Doungou Camara et exclu le Sénégal de la CAN-2016. Cette décision fait suite au recours en appel de l’équipe nationale de la Tunisie du 6 décembre 2016.
En effet, selon le procès-verbal de la CAHB, «la joueuse Camara Doungou a participé au Championnat du monde junior féminin en 2014 en Croatie, avec l’équipe nationale féminine de la France». Pour ce motif, la CAHB, «suite à la consultation de l’IHF», a disqualifié la joueuse et exclu l’équipe nationale du Sénégal de la 22ème Coupe d’Afrique des Nations seniors dames. L’IHF tord le bras à la CaHB Tout s’est joué dans la nuit de mardi à mercredi.
Alors que la direction de la compétition avait maintenu la finale Sénégal / Angola à l’issue d’une longue réunion mardi soir, donnant simplement en guise d’information que la réclamation de la Tunisie était irrecevable, des développements sont intervenus très tôt dans la matinée du mercredi. Le mardi, à 23 heures, la commission a demandé au Sénégal de déclarer ses couleurs pour la finale. Mais, avant même la tenue d’une nouvelle réunion à la suite de celle tenue la veille, la presse angolaise était déjà informée que la finale opposerait l’Angola à la Tunisie. Cette décision viendrait de la Fédération internationale de handball présidée par l’égyptien Moustafa Hassan, alors que celle-ci n’a été consultée que pour avis.
La Confédération africaine de handball, qui est entièrement responsable de ses compétitions, avait pourtant qualifié Doungou Camara depuis mars 2015. Ce qui avait donné à la joueuse le droit de défendre les couleurs du Sénégal lors du tournoi qualificatif aux Jeux olympiques en Angola et aux Jeux africains de Brazzaville. Et cette même Confédération revient pour changer d’avis deux ans après. La CAHB s’est totalement dédite dans cette affaire. En infligeant une sanction administrative au Sénégal au lieu d’assumer ses responsabilités, l’instance dirigeante du handball africain, pour faire passer son coup, a fermé toutes les portes au Sénégal. Car, la décision du jury d’appel est insusceptible de recours.
De ce fait, les dirigeants sénégalais n’avaient aucune autre voie pour casser ce verdict jugé scandaleux. D’ailleurs, aucun procès-verbal officiel de première instance évoquant une réserve ou évocation tunisienne n’a été notifiée au Sénégal. Un complot ourdi contre le sénégal ? Cette décision prise par la CAHB alimente les débats à Luanda. Même la population angolaise s’est étonnée du verdict tombé à 8 heures de la finale. Pourtant la presse angolaise avait titré sur la finale Sénégal / Angola. La nouvelle donne a suscité une grande polémique.
Certains soupçonnent un coup fourré contre le Sénégal. Il y a de quoi parce que le jury d’appel de la CAHB est présidé par le président de la Fédération angolaise de handball Pedro Godinho qui, face au dossier, avait une certaine liberté de choisir l’adversaire le plus abordable pour son équipe. Il se dit qu’il n’y a que le Sénégal qui pouvait empêcher l’Angola de reconquérir le titre. C’est dire qu’on ne peut pas être juge et partie. Mais toute cette tractation s’est déroulée en l’absence du président de la Confédération africaine de handball, Arémou Mansourou. Lui qui a quitté Luanda pour rentrer au Bénin bien avant la finale. Pour quel motif ? Lui seul saurait le dire.
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