
A part quelques rares exceptions, tout le monde passe à la trappe ou presque au Senegal. les réussites sportives ne sont plus la résultante d’un long processus de préparation, mais plutôt des exploits individuels.
Après chaque compétition sportive, les échecs se répètent et les responsables sont cherchés à tord ou à raison. C’est le cas des derniers championnats d’Afrique d’athlétisme de Marrakech (Maroc) où la direction technique de la discipline semble porter le bonnet d’âne, après l’échec cuisant des Lions (Trois titres de champion d’Afrique perdus en 48 heures).
Cependant, il convient de rappeler que les échecs sont récurrents et ça table quasiment sur toutes les disciplines sportives.
La faute ? La mauvaise préparation de nos sportifs diront certains, alors que d’autres indexent le manque de politique sportive de la part des responsables.
Quoi que cela puisse être, il urge de trouver des solutions face à cette situation qui n’honore aucunement notre sport.
Le football roi, dont certains accusent de bouffer la grande partie du budget alloué au sport en est une parfaite illustration.
Depuis 2002, l’époque de la gloire du football sénégalais, cette discipline reine peine à convaincre son monde. Les CAN 2004, 2008 et 2012 ont été plus que catastrophiques, tandis que celle de 2006 s’est terminée sur un goût inachevé avec l’élimination du Sénégal en demi-finale par le pays hôte, l’Egypte. Les CAN 2010 et 2013, on les a suivies à la maison, à cause du petit poucet gambien et à l’ogre ivoirien. Le mondial 2006, également n’a pas dérogé à la règle le Togo d’Emmanuel Adebayor, pourtant outsider, nous a boutés dehors. Idem pour la dernière édition disputée au Brésil, à laquelle les Eléphants de Côte d’Ivoire sont venus une nouvelle fois nous imposer leur force lors de la dernière journée qualificative.
Maintenant, c’est l’épreuve 2015 qui se profile avec le début des éliminatoires au mois de septembre prochain. Là également, ça mérite réflexion pour une bonne participation de notre onze national. Après la question du stade Léopold Sedar Senghor, qui semble être définitivement remis dans les normes (l’aval de la CAF attendu), la question de la logistique pose débat avec le rapprochement de la première et de la seconde journée, et l’imminence d’utiliser l’avion du commandement pour le déplacement à Gaborone (Botswana).
Les Cadets de l’équipe nationale, fraichement éliminés par le Togo, ont été victimes de l’amateurisme et de l’impréparation. Même son de cloche pour l’équipe nationale féminine récemment éliminée par le Cameroun en éliminatoire de la CAN.
En 2015, notre pays habitera la CAN Juniors. Mais là aussi, un défaut de programme pourrait couter très cher au Sénégal quant à la conquête du premier trophée continental.
Sur le plan local, les clubs sénégalais, qui s’engagent dans les compétitions africaines, ne dépassent plus les phases préliminaires. Le manque d’expérience est souvent mis à l’affut comme ce fut le cas de Diambars, ou le manque de préparation, voire même le défaut de moyens.
Le basket également est à l’épreuve du mondial masculin avec tous les problèmes signalés, liés au paiement d’assurance des joueurs.
Cette discipline sportive, qui nous a valus autant de satisfactions durant des années, était au bord de la ruine, avec le conflit interminable entre ancienne fédération et actuel CNB. A cela s’ajoute la défaite des Lionnes à la finale de la CAN malienne (2011) qui était largement à leur portée face à l’Angola et à la demi-finale (encore perdue) de la dernière édition (2013) face aux mêmes Antilopes noires, qui semblent désormais prendre le dessus sur nous grâce à une bonne politique sportive et infrastructurelle.
S’agissant de cette dernière, on est mal loti au Sénégal, où Léopold Sedar Senghor et Marius Ndiaye cachent la forêt. Malgré la nouvelle politique de construction des stades régionaux de Kolda, Matam, Kaolack, Ziguinchor, Mbour enclenchée sous le magistère de Wade, les problèmes demeurent, car une bonne gestion de ceux-ci fait défaut.
Les karatékas, qui accueillent les championnats d’Afrique de la discipline actuellement au stadium Marius Ndiaye, peinaient à trouver leur lieu d’hébergement a quelques jours du démarrage de la compétition.
La refonte des textes est toujours évoquées, et de nombreux colloques organisés çà et là, sans que des solutions définitives ne soient trouvées sur les échecs à reptation de nos athlètes. Que faut-il encore faire pour sauver la nation ?
© Papa Waly NDAO








