
Peux-tu te présenter en quelques mots, pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Manirou Dembele : Je suis un athlète international sénégalais. Je vis actuellement en France et je suis licencié depuis cette année avec le club d’Athlé 91 sur Paris. Par ailleurs, je suis quatre fois champion du Sénégal et champion du Maroc en 2013. En 2007, j’ai participé aux championnats d’Afrique. En 2010, j’ai plusieurs meeting comme celui 2010, d’Abidjan ou de Dakar. Enfin, en 2012, j’ai participé à mes premiers championnats d’Afrique seniors au Bénin, où j’avais fini 7e.
Comment t’es venue l’idée de pratiquer le saut en hauteur ?
Avant je jouais au basket. Un jour aux compétitions scolaires, quand j’avais 17 ans, je suis allé regarder de l’athlétisme. Il y avait du saut en hauteur. J’ai vu des gars sauter en touchant la barre. J’ai demandé si je pouvais aussi. On m’a dit d’y aller, même si j’avais juste mon pantalon. J’ai sauté à la même hauteur que les athlètes, et j’ai donc été qualifié directement pour le niveau régional (rires). J’ai gagné les ligues régionales pour être qualifié au niveau national, où j’ai aussi remporté des succès. Et en 2007, on m’a sélectionné en équipe nationale du Sénégal.
Après être passé par le Sénégal et le Maroc, tu es aujourd’hui licencié en France. Quelles différences notes-tu entre les différents pays ?
Entre la France et le Sénégal, il y a bien sûr une énorme différence. Au Sénégal, on a des jeunes qui veulent faire de l’athlétisme et qui ont du talent. Le problème est que nous n’avons pas les infrastructures suffisantes. De plus, l’athlétisme n’est pas assez suivi par les gens. En France, il y a beaucoup de compétitions, beaucoup de meeting un peu partout, il y a toutes les infrastructures dont un athlète a besoin.
Arrives-tu cependant à vivre de ta passion ?
M.D. : Non, je fais d’autres choses à côté. Les clubs d’athlétisme ne paient pas. Tu peux juste avoir des primes avec ton club, ou quand tu signes avec eux, ils prennent en charge tes déplacements. Le reste, c’est à toi de faire De belles performances pour faire de gros meeting qui rapporteront plus d’argent.
Il semble donc compliqué de professionnaliser l’athlétisme au Sénégal…
Oui, car gouvernement sénégalais n’aide pas les sportifs à part les footeux. Mais il n’y a pas que le foot. Si on prend l’exemple de Mamadou Kassé Hann, qui est actuellement le meilleur athlète sénégalais sur 400 m haies, 7e mondial et qui a pris part à la finale des derniers JO, et bien l’état ne l’aide pas, il n’a aucune bourse. Depuis que j’ai commencé l’athlétisme, je n’ai jamais reçu aucune aide de mon pays. Les primes que l’on reçoit après les championnats d’Afrique sont loin d’être suffisantes pour que cela nous serve. On est obligé de travailler à côté. Il faut que la politique sénégalaise s’oriente plus sur le sport. C’est vraiment difficile pour nous. De mon côté, j’essaie de faire le maximum. Chaque vacance, je retourne au Sénégal pour m’entraîner avec mon club formateur avec mon coach qui m’a aidé à commencer et que je remercie au passage.
Passons maintenant à ces championnats d’Afrique 2014. Comment te sens-tu depuis ton retour ?
Je me sens bien, j’étais blessé depuis le mois de mai (douleur à la cheville gauche, ndlr). J’ai fait les interclubs avec mon club en France, où je me suis blessé juste après. Là, je suis juste pressé de retrouver les pistes (rires) !
Quels sont tes objectifs pour ces championnats ?
Cette fois on va essayer d’aller chercher le podium, même si ce n’est pas facile. On y croit et ça peut le faire. Les championnats d’Afrique sont une compétition où plusieurs athlètes peuvent ne pas se sentir bien, et d’autres en profitent donc on verra bien.
Ressens-tu plus de pression qu’en 2012 ?
Non ça va, car en 2012, c’était mes premiers championnats d’Afrique seniors. Et quand je suis arrivé au Bénin, j’étais malade deux jours avant la compétition. Là, j’ai gagné en expérience donc j’aborde ça de manière plus détendue.
Le fait de concourir au Maroc, pays que tu connais bien peut-il être un avantager supplémentaire pour toi ?
Oui, je pense. Je prépare ces championnats depuis deux ans. Le Maroc c’est mon deuxième pays, il faut que je sois au top, que je fasse une belle perf. La moitié de ma famille vit à Marrakech, je dois faire un truc pour eux, donc espérons que ça va aller (rires).
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