Difficile à neutraliser dans l’arène, il l’est plus difficile dans un entretien. Gouye Gui dit ce qu’il pense, sans état d’âme, choisit les questions à répondre et ne se soucie guère des préoccupations de l’intervieweur.
Le poulain de Mor Fadam est revenu sur la saison écoulée tout en ouvrant des perspectives pour la saison prochaine.
Quel bilan tirez-vous de votre dernière saison, bouclée il y a quelques jours?
Mon objectif de la dernière saison a été atteint. C’est une réjouissance totale.
Pensiez-vous pouvoir réaliser une saison pareille, avec deux victoires sur Bazooka et Ama Baldé?
Oui, parce que je n’ai jamais douté de mes qualités. Je suis un lutteur fougueux. C’est avec ces dispositions que j’ai abordé avec succès mes deux combats. Il faut reconnaître qu’un premier succès en début de saison apporte toujours un plus au moral d’un lutteur. La suite devient plus facile après.
Pourtant, on craignait le pire avec votre blessure contre Bazooka.
Ce n’était pas une grave blessure. J’ai eu la chance de la soigner rapidement avant d’entamer la préparation de ma seconde confrontation face à Ama Baldé.
N’avez-vous pas osé en signant deux contrats de lutte lors d’une même intersaison?
Ce n’était pas une question d’audace mais une opportunité qui s’était offerte à moi. Serigne Modou Niang m’a contacté pour un combat. J’ai accepté. Et avant de le finaliser, une deuxième offre est tombée. C’était une chose intéressante dans mon parcours. La preuve, en remportant ces deux combats, je suis parvenu à me positionner davantage dans l’arène.
Mais il y avait aussi des risques?
Je faisais plus de vingt combats par jour alors que je ne percevais même pas le quart de mon cachet actuel. C’est pour vous dire que je ne compte pas reculer devant des opportunités.
Qu’est-ce que votre victoire face à Ama Baldé vous a apporté?
Ce combat a changé le cours de mon destin dans la lutte avec frappe. Tout le monde ne pensait pas que j’étais capable de battre Ama Baldé. J’ai cru en moi et travaillé dur pour réussir ce pari.
Je dois avouer que c’est le combat le plus important de ma carrière. Il fallait que je tombe sur un bon espoir pour s’affirmer et franchir un cap important. C’était l’enjeu de ce combat. Je pense que c’est l’un des meilleurs combats de la saison.
A quel niveau situez-vous actuellement?
Je pense que je suis un lutteur qui titille le sommet de la lutte. Je le crois sincèrement parce que j’ai fait des choses qui me donnent ce droit et ce privilège. Je ne me prends pas la tête. En toute humilité, je dois jouer les grands rôles dans la lutte avec frappe.
Êtes-vous prêts à défier les ténors?
Je suis dans l’arène pour tous les lutteurs. Notamment, ceux qui sont au sommet. Normalement, je dois les affronter. C’est la moindre des choses. Je fais partie des «Vip» de l’arène. Je ne laisse que les lutteurs de Guédiawaye.
Voulez-vous dire par là que vous avez dépassé le statut d’espoir ?
Je n’ai rien dépassé. Je suis un simple lutteur. Seulement, j’ai battu pratiquement tous les espoirs qui sont passés sur mon chemin. Je mérite d’aller de l’avant.
Est-ce que ce n’est pas prématuré?
Il y a un début à tout. Il faut être ambitieux dans la vie. Je me vois parmi les meilleurs. Je ne vais pas fuir mes responsabilités alors que je suis arrivé proche du but. J’ai fait du chemin pour arriver à ce niveau. Les choses n’étaient pas faciles. J’ai galéré dans l’arène à travers les galas de lutte traditionnelle, les combats préliminaires pour arriver à cette étape. Donc, je ne compte pas reculer ou faire la fine bouche. C’est le moment de mettre le paquet dans ma carrière. Je ne vais pas manquer de le faire.
Certains spécialistes pensent que vous devrez disputer un combat intermédiaire avant d’affronter les ténors…
Je connais la voie par laquelle je dois passer pour aboutir à mes fins. On ne peut pas m’indiquer quel chemin je dois prendre. Je sais là où je mets les pieds. Il faut savoir que pour aller au sommet, il faut espérer rencontrer les meilleurs. On ne va nulle part avec les médiocres. Ce n’est pas de la prétention mais de l’ambition et une logique de parcours. J’ai pris l'itinéraire qui m’a permis d’être à ce stade. Je dois foncer davantage.
Avez-vous les qualités requises pour arriver à vos fins?
Je peux affronter n’importe quel lutteur dans l’arène. Je ne vais pas jouer au plus fort. J’attends que les occasions se présentent pour pouvoir montrer ce dont je suis capable.
Techniquement, comptez-vous rectifier certains aspects avant votre prochain probable grand combat?
J’ai la chance d’intégrer une grande école de lutte qui a formé plusieurs champions dans l’arène. Mes entraîneurs sont compétents. Je ne me fais pas de soucis sur ce plan. Je ne fais que travailler parce que je sais que ce qui est devant moi ne sera pas facile la saison prochaine. Je m’y attends. Je suis mentalement, physiquement prêt.
Avez-vous des contacts pour des combats?
C’est un domaine qui concerne mon manager. C’est lui qui est habilité à discuter avec les promoteurs pour des combats.
Les perspectives d’un combat contre Papa Sow ou Baye Mandione étaient agitées avant la fin de la saison. Où en êtes-vous?
Mon ambition est de disputer des combats. Seulement, je ne peux pas entrer dans certains détails surtout que j’ai un manager qui s’occupe de cette tâche. Nous sommes en vacances. Pour l’instant, mon encadrement ne m’a pas encore permis de parler de certains combats.